Batman : Le Défi

Synopsis

Non seulement Batman doit affronter le Pingouin, monstre génétique doté d'une intelligence à toute épreuve, qui sème la terreur mais, plus difficile encore, il doit faire face à la séduction de deux super-femmes, la douce Selina Kyle et la féline Catwoman qui va lui donner bien du fil a retordre. Si Bruce Wayne apprécie Selina, Batman n'est pas insensible au charme de Catwoman.


Bande-annonce

Informations

Plus sombre que le précédent, ce film est pour moi un bijou. Mais j'y met une nuance. Tim Burton n'a jamais caché qu'il ne voulait pas faire un film de comics, mais les studios l'ont ancré dans un format pour le premier. Alors que "Batman" est, pour moi, un film inspiré d'un comics, "Batman Returns" est un film de Tim Burton... Et un très bon. Ce film est avant toute une œuvre stylisée. L'ambiance de Noël, le zoo arctique, les rues de Gotham... le film est sombre par son image, son script. Et comme bien souvent, les méchants sont les plus intéressants dans ce film. En premier Danny DeVito, évidemment, juste magistral en Pingouin. Le script en fait un vrai monstre difforme, cruel mais l'on comprend sa haine au fur et à mesure - un personnage très éloigné de l'idée originale. Keaton reste bon, mais en donnant à son personnage une image en retrait (pour lui Batman doit rester dans l'ombre, ne pas parler...) il est bouffé par le pingouin et Catwoman. Selina est un personnage bien écrit, complexe. Est-elle méchante ou gentille finalement ? (ou juste complètement cinglée ? ^^). Le personnage de Max Schreck, absent du comics, est le véritable méchant. Fourbe, sournois, manipulateur, c'est lui qui tire les ficelles durant tout le film et c'est là l'originalité du film. La dualité des personnages, le fait que leur apparence ne traduisent pas leur appartenance au bien ou au mal, apporte beaucoup au rythme de l'histoire bourrée de trahisons, de complots politiques... Un film à voir absolument, qui choquera les puristes trop fans qui refusent les changement par rapport au support original ^^, mais qui a su présenter au grand public un nouveau regard sur des personnages connus uniquement via la série télé pop art des 60's. Nous verrons dans The Dark Knight Rises, si Nolan réussira un doublé (après le Joker) dans sa ré-interprétation d'un personnage de Kane traité par Burton puisque Catwoman reviendra sous les traits d'Anne Hathaway. [b]Le saviez-vous ?:[/b] - le nom du personnage de Walken s'inspire de l'acteur allemand Max Schrek qui a interprété Nosferatu. - La scène d'introduction du berceau est un parallèle à l'histoire de Moïse. - Toujours l'anecdote de traduction. En anglais "penguin" veut manchot. Ce sont bien des manchots que l'on voit à la fin du film et non des pingouins (auks en anglais)... - Durant la scène d'attaque, il y a à la fois de vrais animaux, des animatroniques, et des acteurs. Il a d'ailleurs fallu refroidir les plateaux pour accueillir les manchots. - Amateur de sushis, DeVito mange réellement des poissons crus dans le film. - Annette Bening devait jouer Selina, mais elle est tombée enceinte juste avant le tournage. - Bob Kane était souvent présent sur le plateau (en simple spectateur) [b]



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Les avis (4)

  • Je viens de lire "La Splendeur du Pingouin" et la fin du comics me fait beaucoup penser au final du film.
  • Suite excellente toujours dirigée par Tim Buton avec toujours dans le rôle duchevalier noir, le Julien Lepers US, j'ai nmmé Mickael Keaton afrontant Le Pingouin ( Danny de vito), Catwoman (Michelle Pfeifer) et Max Schreck ( Christopher Walken).... Ilfaudra attendre 2005 et 2008 avec les oeuvres de Christopher Nolan pour revoir des exellents Batman sur Grand écran car ceux de Schumacher ( Batman Forever et Batman et Robin) sont de grands Navets hollywoodiens.
  • Un excellent film de super-héros qui, de part sa noirceur et son esthétique gothique, en fait l\'un des meilleurs Batman. Le Pingouin de Danny DeVito est juste hallucinant de laideur et son personnage nous livre une belle réflexion sur notre société. Petit bémol pour le personnage de Batman qui manque un peu de développement.
  • Tim Burton revient, en vainqueur et en auteur cette fois, celui de "Edward aux mains d'argent". Dont il va reprendre et imposer l'ambiance, la mélancolie encore plus ouverte, les obsessions Frankensteinennes. Encore un choc au cinéma, bien plus grand que le premier : décidément les super héros ne sont pas spécialement destinés à être sympathiques et positifs. Tellement Burtonien avec sa fête de Noël qui semble ne pas finir (on dirait vraiment un conte), "…Le Défi" est encore culte pour beaucoup, au delà de son époque. Bien sûr, ces films là ressemblent toujours à des opéras au décors grandiloquents et même légèrement « toc », mais c’est aussi pour ça qu’on les aime. D'autant que le cinéaste aura le luxe de libérer complètement sa mise en scène, atteignant un équilibre qui annihile toutes incohérences et raccourcis scénaristiques (Batman, tueur ou pas ?)... et cette fois, pendant Tout le film. De telle sorte qu'on aura là non seulement un chef-d'œuvre... mais aussi peut-être le dernier grand film incontestable de Burton (tous les suivants ne susciteront pas autant d'unanimité immédiates ou postérieures). Mais pourquoi donc ? Peut-être parce que c'est un film reposant encore moins sur le décorum (très très réduit) que sur ses personnages, fascinants. Car comme antagonistes, d'un Batman maintenant bien installé et sans surprises, on lui oppose des vilains correspondants à la facette "Bruce Wayne" du personnage. C'est à dire l'archétype des hommes d'affaires véreux (et fils de la bourgeoisie), en opposition à la douce philanthropie des Wayne. Manière pour Burton de critiquer les manipulateurs mais aussi les foules impressionnables. Ce qui correspond bien au Pingouin des comics... mais qui se retrouve ici scindé en deux personnages distincts. L'un se chargeant de la partie "rond de cuir délicieusement faux cul" (le lugubre Christopher Walken, nommé comme l'acteur de "Nosferatu")... L'autre étant un monstre total, comme sorti du "Freaks" de Tod Browning. C'est à dire qu'il n'y a rien de misérabiliste dans son statut social (très bas) et dans la représentation de son handicap. Danny DeVito (au maquillage stupéfiant) arrivant même à créer une forme d'empathie pour cet éternel enfant, rejeté par des snobs de parents, mais qui reste pourtant un menteur dégoûtant. Jusqu'à finir par inverser la célèbre réplique de "Elephant Man", et assumer le meurtre revanchard de jeunes gens - une particularité qu'on retrouvera de temps en temps dans d'autres adaptations, preuve que cette noirceur biblique (on pense à l'histoire de Moïse) associée au Pingouin a marqué les esprits. Ironiquement, ces idées morbides ont l'air moins "pires" que la perspective de le voir devenir un Maire corrompu et libidineux... (il y a encore plus de sexe déviant dans ce film). Humains-animaux, chair, et Catwoman en électron libre : cette fois c'est elle qui joue le double de Batman, aux yeux tout aussi intenses. La vraie héroïne du film on pourrait penser, même si en fait anti-héroïne, passant d'un camp à l'autre mais finalement toujours coincée au milieu. Moulée dans du cuir noir, folle furieuse et s'étirant dans tous les sens telle Julie Newmar, Michelle Pfeiffer est aussi fidèle à une ancienne version comics de la Femme-Chat - celle qui était hôtesse de l'air, a chuté et a subi un traumatisme crânien - pour mieux dénoncer le mal fait aux femmes au travail, la solitude dans les grandes villes etc... Peu importe que le personnage y apparaisse presque comme surnaturel (les 9 vies), seule compte la violence qu'elle charrie, couplée parfaitement à une émotion à fleur de peau. La scène de saccage/réorganisation de son appartement rose bonbon se permettant d'être à la fois jouissive, et d'une beauté tragique à pleurer (surtout avec le thème musical d'un Danny Elfman en état de grâce). Idem avec ses chassé-croisés avec Batman, l'originalité étant d'alterner les combats BDSM en costumes de cuir - et tant pis pour les produits dérivés, ça sera moins un film pour enfants - avec la romance en civil de Bruce et Selina, tellement touchants, tellement en besoin d'amou. Et tellement voués à rester séparés à jamais (sauf quand ils sont hors-champ, comme dans les comics). Via les performances de Danny DeVito et Michelle Pfeiffer, Burton s’offre le luxe de nous donner la version Ultime du Pingouin et de Catwoman, Batman n'existant alors que dans leur ombre, ce qui lui correspond particulièrement bien. Même les comics n’ont que rarement été aussi loin dans leurs incarnations. Et encore une fois Chris Nolan reprendra plein de scènes (la vraie-fausse lutte des classes, Batman poursuivi par la police, son véhicule qui bifurque en mode passe-partout, les manœuvres politiques, Selina en élément imprévisible, Gotham sous la neige), dans ses propres volets. Même la VF sera grandement marquée, Jacques Ciron, Philippe Peythieu, Jean-Claude Sachot ou Emmanuèle Bondeville reprenant souvent leurs personnages respectifs pour diverses adaptations animées ultérieures - dont celle de Paul Dini et Bruce Timm, qui déboulera quelques mois plus tard et qui doit énormément aux films de Burton. On aurait aussi pu avoir d'autres films Burtoniens se passant à chaque fois pendant des fêtes, donnant une unité thématique à cette saga : Bicentenaire de Gotham pour le premier, Noël pour le second, et Halloween et la St Valentin seront peu ou prou cités dans les versions de Schumacher... Et si l'inspiration des comics du Long Halloween était aussi là ? - et donc re Nolan, qui a aussi beaucoup emprunté à cette mini-série. Bref, de grands films, et pas vraiment des épisodes.