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[Review VO] Jupiter's Legacy

Peut mieux faire.
Mark Millar, Frank Quitely. Deux noms de légende dans le comic book qui font vibrer les fans à chacune de leurs nouvelles sorties avec aujourd'hui Jupiter's Legacy, anciennement Jupiter's Children qui débarque enfin.
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Le récit commence comme une histoire d’aventure classique, un homme plongé en plein déclin américain (et mondial) de 1929 est appelé dans ses rêves par une île, une île qui l’obnubile et l'obsède. Rapidement, il lève une expédition avec d’anciens collègues et son frère afin d’aller sur place explorer ce lieu, voir s’il existe et découvrir ce que cache cet appel. Bien évidemment, cette île qui n'est répertoriée nulle part est trouvée, identique à l'image que s'en était faite le rêveur.
Ces débuts qui ressemblent à la série TV Lost avec des accents verniens sont bien vite effacés par une transition brutale qui nous plonge dans notre propre monde et plus encore, dans notre monde où le super-héros est le monopole d’une famille où sa redistribution semble extrêmement parcimonieuse. Vous l’aurez deviné, cette famille, c’est celle de l’homme du début qui se nomme désormais The Utopian et qui est une sorte de Superman bis. On aurait pu avoir une introduction bien plus longue, mettant en place la crise mais Millar veut nous plonger directement dans le temps présent de l'action. Extrêmement succincte, cette mise en place dans le passée est toutefois bien gérée, nous sommes plongés dans cette aventure qui ne durera que quelques pages et fort heureusement, elle ne dure que quelques pages. L'auteur désire entretenir le secret de l’origine des pouvoirs et a raison de le faire, il est fort à parier que divers flash back viendront compléter cette amorce en dévoilant petit à petit ce qu’il y a derrière la naissance de ces super-héros. La transition, elle, passe clairement moins bien. Là où l’idée d’une famille disposant de ces pouvoirs avec deux enfants (les personnages centraux) connaissant des difficultés à appréhender cette célébrité dans notre propre monde avec ses propres problèmes est extrêmement séduisante mais l’exécution ne suit pas la finesse étonnante de l’écriture du scénariste. Le tout est extrêmement nébuleux et en parfaite contradiction avec une surcharge contextuelle permanente. Nous avons l’impression que l’auteur est tellement excité par son sujet qu’il se fait dépasser par ce dernier, il veut y arriver, montrer qu’il est un auteur social et sociétal qui parle de NOTRE monde ainsi n’est-il pas étonnant de le voir succomber à son envie suite à cette scène de combat tout bonnement extraordinaire.
En-effet, nous assistons à la première (et seule) scène de combat de ce premier numéro, une scène de génie, il faut le reconnaître, qui utilise judicieusement le principe de la mise en abîme de par la construction et les différentes étapes du dessin, à l’instar d'ailleurs d’un certain Morrison que ne chérie pas son confrère britannique. La conclusion du combat n’est d’ailleurs pas dans les habitudes d’un Millar amoureux de la violence, c’est par le texte qu’il l’a fait transparaître au travers d’une conversation anodine, saisissante et parfaitement gérée. Cependant, l’effet retombe vite, bien trop vite et Millar embraye extrêmement violemment sur une conversation très plate entre The Utopian et son frère, lui aussi doté de pouvoirs (en l'occurrence des pouvoirs mentaux et une intelligence exceptionnels). Là où cette conversation est totalement légitime, en-effet le sujet sur la responsabilité de tout un chacun et à fortiori de super-héros peut être passionnant malheureusement, là, il nous l’est imposé sans qu’aucune subtilité, pourtant de mise, soit exécutée. Crise financière, incapacité des politiques et respect de cette chère démocratie sont ainsi balayés sans que l'on comprenne trop l'origine et l'amorce de ce haut débat philosophique. C’est venu de nulle part que l’on assiste à une discussions sur le principe de non-interventionnisme au sein de la fratrie, rien que ça, conversation extrêmement pauvre dans ses arguments qui bien évidemment n’est pas anodine et annonce de grandes choses par la suite.
Effectivement, les arrière-plans télévisuels qui émaillent l’acte suivant continuent dans ce ton de crise qui veut effectuer un parallélisme entre la situation de 29 et celle que l’on connaît aujourd’hui : crise morale, crise économique, crise politique. La présence de ce sujet est bien évidemment tout à l’honneur de Mark Millar, on peut cependant s’interroger sur les moyens de l’auteur et sur la manière envisagée dans ce comic book et dans les numéros qui vont suivre qui ne paraissent clairement pas à la hauteur, intellectuellement parlant, d’une telle problématique. Venons-en maintenant aux dessins puisque c’est clairement le point fort de ce récit, Quitely livre un travail de grande qualité. Sans atteindre le niveau d’excellence d’un All Star Superman, l’Ecossais nous livre un dessin extrêmement fin, honnête pour et intelligent avec cette géniale page 14 qui impressionne et montre une véritable communion entre un fond de situation (la conversation à proprement parler) et une forme (les étapes du dessin pour montrer la construction d’un univers mental) qui annonce, on l’espère, de bonnes choses. La gestion des époques elle aussi passe extrêmement bien, l’anachronisme de The Utopian au travers de son costume est une bonne idée, les costumes sobres des autres personnages aussi et la fin des années 20 au travers d’une touche brune-sépia prédominante dans la couleur suit le ton imposé. Quitely est en forme et l'on ose espérer qu'il restera pour de nombreux numéros sur le titre. Plus concrètement, les traits des personnages cachant perpétuellement une certaine part d'ombre chez les personnages, au travers des visages reste clairement un point fort du dessinateur.
Ce premier comic book est prometteur, recelant d’excellentes amorces, il n’est pas exempt de défauts et la pauvreté du contexte socio-économique transparaît étonnamment avec la richesse des idées. Espérons que Millar fasse preuve de plus de subtilité par la suite. [conclusion=3][/conclusion] [onaime]- Le dessin de Quitely. - L'idée de la famille. - Le mystère, très intriguant, de l'île. - La scène de combat[/onaime][onaimepas]- La philosophie de bistrot. - Une certaine précipitation.[/onaimepas]

Doc'

Commentaires

  • Aouch ! Seulement 3 ? J'ai du coup encore plus hâte de lire ca, j'hesite à attendre le TP >_<
  • La philosophie de bistrot ?! WTF !

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