Le choc des monstres ?
Depuis que les comics de super-héros existent, de nombreux lecteurs se sont posé des questions afin de savoir quel était le personnage le plus fort des univers de fiction qu’ils aiment tant. Entre un super-héros et un super-méchant, ce n’est pas très difficile, mais que se passerait-il si deux super-gentils se retrouvent confrontés l’un à l’autre ? Bon, ok, là aussi on est à la base du comics : il arrive régulièrement que des héros se frittent. Il suffit de regarder le dernier gros crossover Marvel : Avengers vs X-Men. Bref l’une des questions qui revient régulièrement est de savoir qui, entre Hulk et la Chose, est le plus fort (d’ailleurs le sujet a déjà été traité de nombreuses fois). Forcément, c’est sur cette idée qu’est créée cette mini-série publiée sous le label Marvel Knights en 2004/2005 aux USA et sortie en France en 2005 dans le 100% Marvel Hulk n°5. La réédition se passe d’ailleurs de cette numérotation, et reprend ses caractéristiques de récit complet. Pour le format, ça reste du 100%, une qualité sure chez Panini, et c’est sorti le 9 octobre dernier pour 12€.
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Pour un bon combat entre super-héros, il faut un prétexte. N’importe quoi qui puisse justifier que deux personnages censés être du même bord décident de se mettre dessus. Avec Hulk, ce n’est pas très compliqué. Le problème, c’est que le récit se déroule pendant une période où Hulk est moins bête qu’à l’accoutumé, et son vocabulaire très loin d’être limité à « Hulk smash ». La solution est simple : c’est l’histoire d’un mec, qui entre dans un café… Ce mec, c’est la Chose, et il va y rejoindre Banner. Il le force à devenir Hulk et commence à lui raconter l’histoire de comment il l’a battu lors de leur première rencontre. Cette dernière nous avait été racontée par Stan Lee et Jack Kirby dans le Fantastic Four #12 de 1963, et nous avons ici enfin le véritable dénouement de cette histoire.

L’histoire se découpe en deux parties. La première se passe dans le présent, dans le café au milieu du désert, où les deux héros discutent. L’autre partie, c’est chaque fois que la Chose raconte son histoire, on nous montre ce qui s’est passé. Le scénario est de Bruce Jones, un auteur qui nous a proposé de nombreuses choses depuis les années 70, mais qui a aussi travaillé sur Hulk. Il a repris la série The Incredible Hulk en 2002 au numéro 34 et lui a donné une nouvelle orientation : l’histoire est beaucoup plus basée sur Bruce Banner et on ne voit quasiment pas le géant de jade (d’ailleurs Panini, si tu lis ces lignes, je t’implore de rééditer ce run !). Bref, dans Hulk & la Chose, on se retrouve un peu dans la lignée de ce qu’il a pu faire, hormis que cette fois, c’est Banner qui est absent. Jones se repose beaucoup sur le dessin, et évite le surplus de blabla et autres textes.

En parlant du dessin, nous avons l’immense Jae Lee qui nous propose de magnifiques planches. Juste pour contempler son travail sur les ombres et la finesse de son trait, cet album vaut l’achat. L’artiste a pas mal travaillé avec Marvel, bien que maintenant il semble se rapprocher de DC (d’ailleurs Panini, si tu lis ces lignes, je t’implore de rééditer son travail sur les Inhumains avec Paul Jenkins !). Son style est inimitable et il nous offre ici une très belle performance, bien mise en valeur par les couleurs de June Chiang. Mais on pourrait s’étonner du choix de ce dessinateur pour une rencontre de baston entre deux bourrins. Et c’est là que le récit est intéressant et qui rend ce choix au contraire très judicieux.

En effet, on ne nous ment pas sur la marchandise, on a effectivement les combats entre les deux personnages. On a même l’issu, on sait que Hulk est fort et comment la Chose l’a battu. Mais Bruce Jones rend ça secondaire : finalement, le thème du récit porte plus sur la ressemblance entre les deux héros, ces hommes piégés dans des corps de monstres. Nous avons un récit très humain, mais aussi avec de nombreuses pointes d’humour. Le tout est parfaitement maîtrisé par les deux artistes. On s’attendait à de la bagarre bête et méchante, on se retrouve avec une très belle histoire, parfois marrante, parfois émouvante. Le seul vrai défaut est la présence de quelques longueurs, avec parfois l’impression de tourner en rond surtout vers le milieu de l’album. Il y a 40 ans, cette histoire aurait probablement tenu en une vingtaine de pages. Aujourd’hui, elle en fait quatre fois plus. Mais on ne va pas se plaindre tant le récit est agréable à lire et les dessins magnifiques !
En conclusion, cet album contient une belle histoire qui, certes, ne chamboulera pas l’univers Marvel ni votre vie, mais vous passerez un très bon moment. Bruce Jones vous y propose un récit simple et émouvant bourré d’humour et d’humanité sur deux hommes peu gâtés par le destin. Ajoutez à ça les magnifiques dessins de Jae Lee, et vous aurez un excellent album.
[conclusion=4][/conclusion][onaime]- L’angle choisi pour l’histoire
- L’humour
- Les dessins de Jae Lee[/onaime][onaimepas]- Quelques longueurs[/onaimepas]



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