Le dessinateur de Walking Dead répond à nos questions
Dans le cadre de la semaine spéciale Walking Dead, l'équipe MDCU a interrogé Charlie Adlard rien que pour vous. Nous vous proposons de retrouver cette entrevue dans laquelle le dessinateur revient sur ses 10 ans de collaboration avec Robert Kirkman et nous parle de ses futurs projets.
MDCU : Vous produisez depuis dix ans un épisode par mois de Walking Dead sans aucune interruption. Pendant un semestre, vous passez à 2 épisodes par mois et vous menez des projets en parallèle (The Passenger...). Comment faites-vous pour tenir le rythme ?
MDCU : Essayez-vous parfois d'influencer Robert Kirkman sur le scénario ?
Charlie Adlard : Pas vraiment. Et il me laisse tranquille pour les dessins. Nous respectons chacun les compétences de l'autre et avons conscience que nous sommes chacun meilleurs dans nos tâches respectives.
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MDCU : Sachant que tous les personnages risquent de mourir, vous attachez-vous quand même à eux ?
Charlie Adlard : Bien sûr, mais je me rends compte qu'un des aspects essentiels du succès de Walking Dead est le côté "Personne n'est à l'abri". Ca rend la série moins prévisible et bien plus excitante. J'adore le risque émotionnel qu'implique le fait de s'investir à une série comme celle-ci et je le savoure.
MDCU : Votre style a tendance à s'épurer au fil des années. Est-ce volontaire ou votre dessin évolue-t-il naturellement ?
MDCU : Que ressentez-vous quand vous voyez votre travail adapté à la télévision ? D'ailleurs, êtes-vous fan de cette adaptation ?
Charlie Adlard : Oh, complètement. Je n'arrive pas à croire à quel point ils sont influencés par mon travail parce que, avouons-le, ils n'étaient absolument pas tenus de suivre ma représentation de ce monde. Ils auraient pu partir dans une direction totalement différente, surtout que l'action se déroule dans le monde réel. Ils auraient pu utiliser ce qui les entourait sans se sentir obligés de s'inspirer du comic book. Et je trouve la série extra. C'est différent du comic book, mais c'est ce qu'il fallait. Si elle avait suivi exactement notre histoire, quel aurait été l'intérêt ? La télé est une chose différente, alors je les encourage à emprunter une direction qui soit également différente.
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MDCU : De quoi êtes-vous le plus fier de cette décennie Walking Dead ? Qu'en retenez-vous ?
Charlie Adlard : Eh bien, rester sur une série si longtemps sans interruption est en soi un accomplissement. Particulièrement de nos jours où les artistes et les scénaristes ne semblent pas capables de rester plus de 6 à 12 numéros sur une série sans s'en désintéresser. J'ai toujours voulu faire une série au long cours mais je n'en avais jamais eu l'opportunité. Avec Walking Dead, c'est finalement arrivé et je voulais voir où je pourrais aller et comment mon art se développerait sur une période prolongée.
MDCU : Robert Kirkman souhaite continuer la série aussi longtemps que possible. Est-ce également votre cas ?
Charlie Adlard : Oui. Il n'y a pas de fin en vue, alors je suis heureux de continuer. Je pense que Robert et moi sommes désormais tellement liés à ce livre que si l'un de nous décidait d'arrêter, alors je pense que la série s'arrêterait.
MDCU : Que pouvez-vous nous dire sur l'avenir de la série ?
Charlie Adlard : Ce qu'il se passe après All Out War ? (NDT: l'arc en cours aux Etats-Unis qui raconte la guerre que se livrent les différents clans) Hum... quelque chose de très intéressant. Mais vous ne pensiez tout de même pas que j'allais pouvoir vous en parler ?
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Charlie Adlard : S'il n'y avait plus Walking Dead, je passerais mon temps sur des ouvrages en "creator owned*". Je pense que c'est là que la magie opère : être capable de créer et de contrôler ses personnages. Je ne suis plus intéressé par les travaux sur commande : quel est l'intérêt de travailler sur la création de quelqu'un d'autre quand on peut créer soi-même ?
MDCU : Image vient d'annoncer votre autre projet avec Robert Kirkman : The Passenger. Que pouvez-vous nous en dire ? Allez-vous utiliser un style graphique différent ?
Charlie Adlard : Eh bien, c'est lié à ce que j'évoquais juste avant. Ca va être une copublication entre Image et Delcourt et publié dans le style cartonné traditionnel des albums français. Le format sera donc différent, c'est sûr, particulièrement si on le compare aux comics américain. Le dessin sera légèrement différent. Les pages seront plus grandes, avec plus de cases par page et une narration plus dense. Avec plus de détails. Et j'utilise plus de pinceaux. En me servant d'un équipement légèrement différent, le style sera différent, mais pas volontairement car je dessinerai comme d'habitude.
MDCU : Avons-nous une chance de vous voir prochainement en France ?
Charlie Adlard : Eh bien, je m'absenterai très brièvement le mois prochain pour aller faire des dédicaces à Bruxelles. J'adore venir à Paris et Delcourt s'occupe tellement bien de moi que c'est toujours un plaisir. J'ai bon espoir de venir davantage l'an prochain.. et il y a toujours Angoulême 2015...
Toute l'équipe de MDCU remercie Charlie Adlard pour sa disponibilité et sa gentillesse, ainsi que Delcourt pour son aide précieuse.
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MDCU : Vous produisez depuis dix ans un épisode par mois de Walking Dead sans aucune interruption. Pendant un semestre, vous passez à 2 épisodes par mois et vous menez des projets en parallèle (The Passenger...). Comment faites-vous pour tenir le rythme ?
Charlie Adlard : Eh bien, j'ai dû mettre The Passenger de côté pour le moment. Mais j'y reviendrai au début de cette année. Evidemment nous avons le brillant Stefano Gaudiano à l'encrage, ce qui me libère du temps pour faire plus de pages maintenant que je ne fais "que" dessiner.
En fait, ma charge actuelle de travail n'est pas plus importante que quand je faisais les crayonnés et l'encrage car je dessinais beaucoup pendant l'étape de l'encrage. Avec ça en moins, il me reste beaucoup de temps libre, assez pour dessiner un autre épisode.
MDCU : Essayez-vous parfois d'influencer Robert Kirkman sur le scénario ?
Charlie Adlard : Pas vraiment. Et il me laisse tranquille pour les dessins. Nous respectons chacun les compétences de l'autre et avons conscience que nous sommes chacun meilleurs dans nos tâches respectives.
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MDCU : Sachant que tous les personnages risquent de mourir, vous attachez-vous quand même à eux ?
Charlie Adlard : Bien sûr, mais je me rends compte qu'un des aspects essentiels du succès de Walking Dead est le côté "Personne n'est à l'abri". Ca rend la série moins prévisible et bien plus excitante. J'adore le risque émotionnel qu'implique le fait de s'investir à une série comme celle-ci et je le savoure.
MDCU : Votre style a tendance à s'épurer au fil des années. Est-ce volontaire ou votre dessin évolue-t-il naturellement ?
Charlie Adlard : C'est une évolution naturelle. Je crois que plus on s'améliore, moins on utilise de traits. Je veux arriver à un point où une ligne a la même signification que vingt - CA, c'est le talent. Cela dit, je ne veux pas réduire le nombre de traits à tout prix, le résultat ne paraîtrait pas naturel. Je préfère laisser les choses se faire toutes seules.
Je suis fortement influencé par des artistes comme Toth et Pratt. Je pense qu'ils ont accompli ce dont je parle et, si jamais j'arrivais à une fraction de leur niveau, je serais un homme heureux.
MDCU : Que ressentez-vous quand vous voyez votre travail adapté à la télévision ? D'ailleurs, êtes-vous fan de cette adaptation ?
Charlie Adlard : Oh, complètement. Je n'arrive pas à croire à quel point ils sont influencés par mon travail parce que, avouons-le, ils n'étaient absolument pas tenus de suivre ma représentation de ce monde. Ils auraient pu partir dans une direction totalement différente, surtout que l'action se déroule dans le monde réel. Ils auraient pu utiliser ce qui les entourait sans se sentir obligés de s'inspirer du comic book. Et je trouve la série extra. C'est différent du comic book, mais c'est ce qu'il fallait. Si elle avait suivi exactement notre histoire, quel aurait été l'intérêt ? La télé est une chose différente, alors je les encourage à emprunter une direction qui soit également différente.
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MDCU : De quoi êtes-vous le plus fier de cette décennie Walking Dead ? Qu'en retenez-vous ?
Charlie Adlard : Eh bien, rester sur une série si longtemps sans interruption est en soi un accomplissement. Particulièrement de nos jours où les artistes et les scénaristes ne semblent pas capables de rester plus de 6 à 12 numéros sur une série sans s'en désintéresser. J'ai toujours voulu faire une série au long cours mais je n'en avais jamais eu l'opportunité. Avec Walking Dead, c'est finalement arrivé et je voulais voir où je pourrais aller et comment mon art se développerait sur une période prolongée.
MDCU : Robert Kirkman souhaite continuer la série aussi longtemps que possible. Est-ce également votre cas ?
Charlie Adlard : Oui. Il n'y a pas de fin en vue, alors je suis heureux de continuer. Je pense que Robert et moi sommes désormais tellement liés à ce livre que si l'un de nous décidait d'arrêter, alors je pense que la série s'arrêterait.
MDCU : Que pouvez-vous nous dire sur l'avenir de la série ?
Charlie Adlard : Ce qu'il se passe après All Out War ? (NDT: l'arc en cours aux Etats-Unis qui raconte la guerre que se livrent les différents clans) Hum... quelque chose de très intéressant. Mais vous ne pensiez tout de même pas que j'allais pouvoir vous en parler ?
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MDCU : S'il n'y avait pas Walking Dead, que rêveriez-vous de dessiner ?
Charlie Adlard : S'il n'y avait plus Walking Dead, je passerais mon temps sur des ouvrages en "creator owned*". Je pense que c'est là que la magie opère : être capable de créer et de contrôler ses personnages. Je ne suis plus intéressé par les travaux sur commande : quel est l'intérêt de travailler sur la création de quelqu'un d'autre quand on peut créer soi-même ?
J'ai également un amour des bandes dessinées (NDT : en français dans le texte), alors j'en ferais aussi certainement d'autres. J'aimerais continuer à travailler avec l'édition française.
*oeuvre créée par l'auteur et dont il possède les droits
MDCU : Image vient d'annoncer votre autre projet avec Robert Kirkman : The Passenger. Que pouvez-vous nous en dire ? Allez-vous utiliser un style graphique différent ?
Charlie Adlard : Eh bien, c'est lié à ce que j'évoquais juste avant. Ca va être une copublication entre Image et Delcourt et publié dans le style cartonné traditionnel des albums français. Le format sera donc différent, c'est sûr, particulièrement si on le compare aux comics américain. Le dessin sera légèrement différent. Les pages seront plus grandes, avec plus de cases par page et une narration plus dense. Avec plus de détails. Et j'utilise plus de pinceaux. En me servant d'un équipement légèrement différent, le style sera différent, mais pas volontairement car je dessinerai comme d'habitude.
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MDCU : Avons-nous une chance de vous voir prochainement en France ?
Charlie Adlard : Eh bien, je m'absenterai très brièvement le mois prochain pour aller faire des dédicaces à Bruxelles. J'adore venir à Paris et Delcourt s'occupe tellement bien de moi que c'est toujours un plaisir. J'ai bon espoir de venir davantage l'an prochain.. et il y a toujours Angoulême 2015...
Toute l'équipe de MDCU remercie Charlie Adlard pour sa disponibilité et sa gentillesse, ainsi que Delcourt pour son aide précieuse.

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