Walking Dead

Saison 4 : La première moitié critiquée

L'année de la maturité
En cette fin d’année 2013, The Walking Dead était de retour sur la chaîne américaine AMC (et OCS Choc en France, une sacrée opération pour le service d’Orange !) pour sa quatrième saison. Maintes fois décriée malgré toujours plus de téléspectateurs présents devant le poste pour profiter de chaque nouvel épisode diffusé, TWD - pour les intimes – a su s’imposer comme l’une des séries phares de son époque.
 
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Après une première saison de six épisodes au rythme effréné, puis une seconde saison qui s’enlisait dans les terres d’Hershel, et enfin une troisième saison à la croisée des chemins, il fallait que la série se renouvelle pour conserver ses plus de dix millions de téléspectateurs américains hebdomadaires – un record pour un programme proposé sur une chaîne câblée. Et force est de constater que le virage opéré par cette quatrième saison a su toucher les fans, ces derniers étant encore un peu plus nombreux que précédemment, un peu comme les zombies qui peuplent l’univers impitoyable de cette série.
 
Cette quatrième saison est en fait plutôt paradoxale. En effet, jamais la série ne s’était autant éloignée de son support d’origine, nous y retrouvons bien quelques clins d’œil au comic book, mais cela ne va pas vraiment plus loin. Mais parallèlement à cela, pour la première fois elle utilise le rythme de narration si cher à ce médium : un découpage en arches narratives, pas nécessairement de taille uniforme. Finies les intrigues au long cours s’étalant sur toute une saison de seize épisodes, nous avons désormais droit à une intrigue générale qui se décompose en sous-intrigues résolues en quelques épisodes.
 
Comme pour les deux saisons précédentes, plusieurs mois se sont écoulés depuis la dernière fois que nous avons aperçu les héros. La série calque donc son rythme plus ou moins sur le temps réel, nous permettant ainsi d’accepter les changements physiques du jeune Carl. Le premier épisode nous permet d’ailleurs d’entrevoir un semblant de civilisation qui s’est reformé au cœur de la prison. Certains cultivent la terre, pendant que d’autres cultivent l’esprit des petites têtes blondes du camp, d’autres s’occupent de subvenir à des besoins plus matériels du groupe. Bref, une organisation a pu s’instaurer mais, comme toujours avec cette série, cela ne va pas durer bien longtemps !
 
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Après un premier épisode plutôt bien géré qui posait les bases solides d’une nouvelle situation et allait puiser son inspiration dans les films gore japonais – un mélange bien curieux en effet – la série prend un virage pour le moins inattendu. Il est vrai qu’après trois saisons, nous avions le sentiment d’avoir fait en quelque sorte le tour du danger que représentent les zombies, mais aussi du concept « L’homme est un loup pour l’homme », il fallait donc quelque chose de nouveau. Et la première menace retenue pour cette saison a donc été d’ordre bactériologique. Nos personnages favoris ont lutté quatre épisodes durant face à une maladie semblable à la fameuse grippe porcine.
Ces épisodes furent vraiment le premier signe que cette série est enfin arrivée à maturité. Après s’être cherchée pendant trois saisons, elle semble enfin s’être trouvée. Il est en même temps difficile de totalement lui reprocher d’avoir besoin eu d’une telle période de temps. En effet, le genre choisi est tellement associé à la narration cinématographique qu’il était peu aisé de transposer cela en série, tout en conservant une intensité digne de ce nom.
 
 
Le point le plus frappant de cette arche narrative reste cependant la multiplicité des points de vue qui nous ont été proposés, et la justesse avec laquelle ils sont traités. Au sein de la prison, nous nous retrouvons dans une ambiance typique d’un film de menace épidémique. Bien entendu, il faut mêler à cela le fait que dans Walking Dead, les morts ne le restent pas, et c’est alors qu’ils deviennent franchement dangereux. Mais parallèlement à cela, une intrigue pseudo-policière se développe car une personne a assassiné deux résidents au tout début de la contamination. Ce huis-clos happe donc le spectateur et aurait presque pu se suffire à lui-même, puisqu'en plus de ces deux intrigues, nous suivons également un groupe de bien-portants qui tentent tant bien que mal de subvenir aux besoins des autres.
 
Mais les créateurs ne se sont pas arrêtés là et ont fait le pari de former un groupe rassemblant tous les personnages un peu badass de la série, et d’y adjoindre un petit nouveau mystérieux. Nous retrouvons donc là une trame semblable à ce que nous connaissons et avons l’habitude de voir. Cela dit, une fois de plus le téléspectateur est surpris car cette intrigue est rondement menée. Aucun véritable temps mort ne pointe le bout de son nez et la haute teneur en action de cette intrigue permettait de bien contrebalancer les moments un peu plus calmes du côté de la prison.
Résultat : quatre épisodes extrêmement réguliers, avec un bon dosage entre action et moments calme, et proposant quelque chose de jamais vu dans la série. On ne peut que saluer également la justesse de la plupart des traitements des différents concepts. Bien sûr, le tout n’est pas exempt de défauts, mais cela forme un ensemble de presque trois heures qui se suit sans déplaisir.
 
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Bien entendu, la première moitié de saison ne pouvait pas se conclure après seulement cinq épisodes, et donc avant la fin de l’histoire de la grippe porcine, le terrible ennemi de la saison 3, le Gouverneur, signait son retour dès les dernières secondes du quatrième épisode. La seconde arche narrative lui est exclusivement consacrée, la série décide de l’élever à un rang plus haut encore que « simple » antagoniste principal. Le temps de deux épisodes, ce dernier est le héros dont nous suivons le quotidien, et alors que l’on pensait avoir fait le tour du personnage en une saison, les créateurs nous prouvent en deux petits épisodes que ça n’était absolument pas le cas !
Ils suivent pour cela un schéma archi-conventionnel de construction / déconstruction mis en scène de manière passionnante. Dans la première moitié, ils nous font suivre un homme brisé, pour qui l’on éprouverait presque un peu de peine,et même une certaine empathie. Le premier des deux épisodes consacrés au personnage a un rythme lent, avec néanmoins quelques moments de suspens. En effet, l’ombre du Gouverneur plane systématiquement au-dessus de la tête de Philip pour le téléspectateur et les créateurs en jouent. Bref, on y découvre une intimité propre aux films d’auteur, encore une fois un aspect rarement mis en avant précédemment dans la série.
Le second épisode a donc une mission claire : anéantir ce nouveau personnage et illustrer parfaitement le célèbre dicton « Chassez le naturel, et il revient au galop ». Cette seconde moitié est particulièrement bien gérée car il y a une vraie monté en intensité en ce qui concerne ce dernier du début à la fin de l’épisode. Le personnage est reconduit vers son état initial graduellement, et on nous laisse le temps d’en profiter.

 
Bien sûr, nous ne pouvons pas vous révéler le grand final de cette première moitié de saison. Reste à vous confirmer qu’il tient absolument toutes ses promesses, en effet, la tension y atteint son paroxysme et les enjeux n’ont certainement jamais été aussi importants pour les divers protagonistes. C’est aussi à l’occasion de cette conclusion que la série se permet un rapprochement plus évident avec le matériel original. Tout comme dans le comic book, les événements provoquent une nette cassure et impliquent une nouvelle situation pour l’univers tout entier de la série. Les cartes sont totalement redistribuées et la suite s’annonce plus passionnante que jamais.
 
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Susano-wo

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Commentaires

  • J'suis rendu à l'épisode 6 marquant avec le 7 le retour de cet enf...é de Gouveneur !!! Hâte de voir ça et sa p..ain de fin !!!! Merci pour cette critique de mi-saison !!!
  • Quand le dernier épisode de la mi saison est sortie nous étions tous impatient et croyez moi, c'est à mon gout le meilleur épisode de la série.

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