L'espionne fatale est de retour
Grande absente du catalogue Marvel, Black Widow obtient enfin une série à son nom à l'occasion d'All-New Marvel Now. Il faut dire que le personnage a acquis une nouvelle notoriété suite aux succès d'Avengers et Captain America: The Winter Soldier (inteprétée par Scarlett Johanson), et était la seule Avenger à ne pas avoir une série à son nom. Nathan Edmondson et Phil Noto réparent cette injustice en explorant le quotidien de Natasha lorsqu'elle ne bosse pas avec les Avengers. Et sans grande surprise, pas de virée nocturne ou de combat contre Docteur Maleficus : Black Widow fait son travail d'espion et elle le fait bien.
Black Widow est l'un de ces personnages assez maltraités par Marvel. En effet, en 50 ans d'existence, Natasha Romanoff n'a pas connu de développement majeur : espionne du KGB, puis du SHIELD, elle aidait de temps à autre les Avengers(on oubliera les Champions svp) quand elle ne flirtait pas avec Daredevil ou Bucky. Même les séries à son nom n'ont jamais marqué son histoire et le public, c'est dire si le personnage restait mystérieux pour les lecteurs. Edmondson et Noto n'ont donc quasiment rien sur quoi s'appuyer pour débuter leur histoire, ce qui leur permet de pouvoir créer leur univers... et la surprise. Dans un sens, on retrouve un peu l'état d'esprit des premiers Hawkeye de Fraction et Aja : profiter du succès des films pour renouveler un personnage via une écriture fraîche et un style graphique plus original que la normale. Mais si l'un confirme, c'est moins vrai pour le second...
Edmondson ne nous surprend pas en basant sa série sur la vie d'espionne de Black Widow. Chaque chapitre suivra une mission secrète à travers le monde où Natasha nous montrera qu'elle est bien la meilleure dans sa partie. Consciente de ne pas être un super-soldat dans un monde dangereux peuplé de demi-dieux, Black Widow doit toujours être la plus rusée et multiplier les coups bas pour vaincre. A plusieurs reprises, elle sera ainsi confrontée à plus fort qu'elle et ne pourra pas que compter sur ses talents au corps à corps. Si les missions sont souvent très classiques (sans jamais se ressembler), les tours et la vulnérabilité de l'espionne (ainsi que son "manager", pas si clean que ça) apportent un peu de piment aux épisodes. Car du côté de Natasha, c'est pas encore ça : Edmondson en fait une femme mélancolique, incapable de pardonner ses crimes passés et qui expose ses malheurs à son chat ou une araignée (à défaut d'avoir une Veuve Noire) : difficile d'éprouver de l'empathie tant c'est exécuté lourdement. Heureusement au fil du récit l'auteur a pensé à ajouter un peu d'humour à la série et Natasha paraît alors plus humaine, moins clichée (cf. la case ci-dessous).
La vraie surprise de Black Widow, LA raison qui vous pousserait à l'acheter, c'est bien Phil Noto. Avec Marvel Now, la Maison des Idées a mis en avant une multitude de styles graphiques et fait découvrir d'excellents dessinateurs au public, dont ce monsieur. Et là où on aurait pu s'attendre à un dessin très sombre pour illustrer un récit d'espionnage, nous avons tout le contraire ! En effet Noto, qui porte la double casquette d'un dessinateur et d'un coloriste (ce qui joue énormément sur l'ambiance du titre), associe à Natasha des couleurs pastels et chaudes qui vont à merveille à l'espionne. On entre plus facilement dans son univers coloré et au trait fin, doté d'une mise en scène très cinématographique. Mieux encore, Noto joue avec la chevelure rousse de Natasha pour que notre oeil soit attiré directement vers elle où qu'elle soit dans la page (sauf lors des missions de nuit, logique). Rafraichissant, envoutant, il sera dur de décrocher avec de si beaux dessins de ce tour du monde, de cette belle Black Widow jamais sensualisée et de ses ennemis notamment l'impressionnant moine orthodoxe Molot.
On regrettera le choix de Panini de publier Black Widow dans la gamme Hors Collection (l'équivalent de 100% en cartonné) plutôt que Marvel Now, preuve que le personnage n'a pas encore la confiance des éditeurs (ça n'aurait pas été un mal d'avoir un titre féminin de plus). L'ouvrage est cependant de tout aussi bonne qualité, voir meilleure, et contient quelques bonus. Il ne reste plus qu'à attendre le tome 2 avec, on l'espère, des intrigues plus travaillées mais une même qualité graphique.
Black Widow est l'un de ces personnages assez maltraités par Marvel. En effet, en 50 ans d'existence, Natasha Romanoff n'a pas connu de développement majeur : espionne du KGB, puis du SHIELD, elle aidait de temps à autre les Avengers
Edmondson ne nous surprend pas en basant sa série sur la vie d'espionne de Black Widow. Chaque chapitre suivra une mission secrète à travers le monde où Natasha nous montrera qu'elle est bien la meilleure dans sa partie. Consciente de ne pas être un super-soldat dans un monde dangereux peuplé de demi-dieux, Black Widow doit toujours être la plus rusée et multiplier les coups bas pour vaincre. A plusieurs reprises, elle sera ainsi confrontée à plus fort qu'elle et ne pourra pas que compter sur ses talents au corps à corps. Si les missions sont souvent très classiques (sans jamais se ressembler), les tours et la vulnérabilité de l'espionne (ainsi que son "manager", pas si clean que ça) apportent un peu de piment aux épisodes. Car du côté de Natasha, c'est pas encore ça : Edmondson en fait une femme mélancolique, incapable de pardonner ses crimes passés et qui expose ses malheurs à son chat ou une araignée (à défaut d'avoir une Veuve Noire) : difficile d'éprouver de l'empathie tant c'est exécuté lourdement. Heureusement au fil du récit l'auteur a pensé à ajouter un peu d'humour à la série et Natasha paraît alors plus humaine, moins clichée (cf. la case ci-dessous).
La vraie surprise de Black Widow, LA raison qui vous pousserait à l'acheter, c'est bien Phil Noto. Avec Marvel Now, la Maison des Idées a mis en avant une multitude de styles graphiques et fait découvrir d'excellents dessinateurs au public, dont ce monsieur. Et là où on aurait pu s'attendre à un dessin très sombre pour illustrer un récit d'espionnage, nous avons tout le contraire ! En effet Noto, qui porte la double casquette d'un dessinateur et d'un coloriste (ce qui joue énormément sur l'ambiance du titre), associe à Natasha des couleurs pastels et chaudes qui vont à merveille à l'espionne. On entre plus facilement dans son univers coloré et au trait fin, doté d'une mise en scène très cinématographique. Mieux encore, Noto joue avec la chevelure rousse de Natasha pour que notre oeil soit attiré directement vers elle où qu'elle soit dans la page (sauf lors des missions de nuit, logique). Rafraichissant, envoutant, il sera dur de décrocher avec de si beaux dessins de ce tour du monde, de cette belle Black Widow jamais sensualisée et de ses ennemis notamment l'impressionnant moine orthodoxe Molot.
On regrettera le choix de Panini de publier Black Widow dans la gamme Hors Collection (l'équivalent de 100% en cartonné) plutôt que Marvel Now, preuve que le personnage n'a pas encore la confiance des éditeurs (ça n'aurait pas été un mal d'avoir un titre féminin de plus). L'ouvrage est cependant de tout aussi bonne qualité, voir meilleure, et contient quelques bonus. Il ne reste plus qu'à attendre le tome 2 avec, on l'espère, des intrigues plus travaillées mais une même qualité graphique.
En Résumé
Points forts
- C'est beau
- Mais vraiment, vraiment beau !
- Black Widow, redoutable
- Mais vraiment, vraiment beau !
- Black Widow, redoutable
Points faibles
- Black Widow, peu charismatique
- Parfois trop classique
- Parfois trop classique
3.5/5
Ce nouveau départ n'est pas parfait mais à tout pour séduire. Vous aimez les films d'espionnage, vous recherchez un style graphique rafraichissant ? Alors ruez-vous sur Raison d'être !





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