Ce vendredi 10 avril, les studios Marvel franchissent encore une nouvelle étape dans leurs adaptations de comic books et leur univers partagé avec l'arrivée de la toute nouvelle série Daredevil sur la plateforme de diffusion en ligne, Netflix. Elle sera suivie plus tard cette année d'une série consacrée à Jessica Jones, A.K.A. Jessica Jones, et l'année prochaine débarqueront deux autres, sur Luke Cage et Iron Fist. Entre la grande liberté de production que vont avoir ces séries, la bonne gestion de son univers par Marvel, les budgets qui vont avec et la qualité inhérentes aux séries produites par Netflix, on peut s'attendre à du haut niveau.
C'est donc Matt Murdoch qui donne le coup d'envoi et on ne cachera pas que c'est sûrement celle que l'on attend le plus. Après un film plutôt décevant en 2003 du côté de la Fox, Marvel a enfin réussi à récupérer les droits de son personnage il y a peu et compte bien nous en offrir une version totalement différente. Le choix de passer par une série TV pour cela peut vraiment s'avérer gagnant si la qualité est au rendez-vous. Le rôle principal a été offert à l'acteur Charlie Cox, entouré d'une belle galerie d'acteurs dont Vincent D'Onofrio (Wilson Fisk), Rosario Dawson (Claire Temple), Deborah Ann Woll (Karen Page) et Elden Henson (Foggy Nelson), alors que Drew Goddard a développé le lancement de la série et que Steven S. DeKnight en est le showrunner.
MDCU a eu l'opportunité de voir les premiers épisodes en avant-première et vous offre une première review résumant ce à quoi vous pouvez vous attendre dès ce vendredi, avec Marvel's Daredevil. (Les reviews individuelles de chaque épisode suivront à partir de vendredi).
L'avis de Julien
Les premiers teasers et trailers de la série laissaient présager quelque chose d'assez sombre, réaliste et adulte, avec une superbe ambiance et une réalisation de haute volée. Soyez rassurés, ce n'était pas réservé qu'aux trailers et ce n'était pas non plus prétentieux, c'est exactement ce que nous offre Marvel's Daredevil, qui s'avère être une série de grande qualité. Nous sommes actuellement dans l'âge d'or des séries TV, où la frontière entre la qualité TV et la qualité cinématographique est de plus en plus mince, ce qui nous offre de vrais bijoux chaque année, et Daredevil s'inscrit dans cette droite lignée. C'est vraiment cette qualité cinématographique qui marque le plus lorsque l'on se plonge dans la série, que ce soit au niveau de la réalisation, de l'écriture ou de la direction des acteurs. On n'a pas vraiment l'impression de regarder une série TV mais plutôt un film en plusieurs parties, même si bien sûr les intrigues et le rythme sont adaptées au format TV. L'ambiance créée par des scènes majoritairement nocturnes impriment une vraie personnalité à cette série et met vraiment en valeur le personnage principal, qui est loin d'être un super-héros sous les projecteurs mais bien plus un « vigilante » qui agit dans l'anonymat de la nuit, ainsi que son aspect très réaliste. Dans ce sens, le costume qui est introduit dans la série prend tout son sens et est très efficace, passant très bien à l'écran et participant à l'aspect réaliste de l'ensemble. Les scènes de combat sont très impressionnantes. Ici aussi, que ce soit la réalisation, les chorégraphies ou l'ambiance qui s'en dégage, on n'est pas loin de la perfection. Le réalisateur Phil Abraham nous offre même une scène dantesque dans le deuxième épisode, un combat de plusieurs minutes avec une caméra fixe, dans lequel l'on voit un Matt Murdoch donner tout ce qu'il a et aller au bout de ses limites humaines. A la fois ultra réaliste, original dans sa mise en scène et superbement interprété.
On en vient à Charlie Cox, qui est à mon sens magistral dans le rôle de Matt Murdoch/Daredevil. Dès sa première scène dans un confessionnal, il a l'occasion de nous montrer tout l'étendue de son talent avec un très joli monologue superbement interprété. Et tout au long des premiers épisodes il va vraiment réussir à cultiver la facette mystérieuse et sombre d'un Murdoch qui a subi de nombreux traumatismes, tout en étant aussi très humain, sympathique et drôle, notamment dans sa relation avec Foggy, qui est vraiment un des points forts de la série tant l'alchimie est bonne entre les deux acteurs. Sous le costume de son alter ego, on sent vraiment la transformation et il devient encore plus intense dans son jeu d'acteur, donnant naissance à un personnage dur et menaçant, mais toujours aux faiblesses très humaines. Il y a une vraie dichotomie entre les deux personnalités qu'il incarne mais aussi à l'intérieur de celles-ci, celle du démon face à l'humain. Thème qui est d'ailleurs abordé d'entrée de jeu et de belle manière, notamment avec le père de Matt, Jack Murdoch, pièce essentiellement de l'histoire.
Autour de Cox, les autres acteurs s'en sortent aussi avec brio, Elden Henson est excellent dans son rôle de Foggy, rendant parfaitement la réplique à Charlie Cox et se chargeant d'amener la très bonne touche d'humour de la série. Rosario Dawson crève l'écran et nous offre de très bonnes scènes avec Charlie Cox. Le seul petit bémol pour le moment serait sur Deborah Ann Woll, dont j'avais déjà des doutes lors de son casting suite à son rôle dans la série True Blood et qui ne rassure pas vraiment avec une interprétation de Karen Page un peu trop légère à mon goût. Mais son rôle ne lui offre peut-être pas la possibilité d'en faire beaucoup plus pour le moment, son évolution sera à suivre.
Drew Goddard et Steven S. DeKnight nous offrent un vrai Daredevil, sur les bases de ce qui s'est fait de mieux dans les comics depuis l'ère moderne et de ce qui s'est fait de mieux à la télévision ces dernières années. Avec talent, audace et intelligence, ils réussissent le tour de force de créer une série qui comprend son sujet et qui atteint des sommets dans l'esthétisme et la réalisation, à tel point qu'elle peut tenir tête sans trembler aux films du MCU. Si la suite de la saison monte encore d'un cran comme elle le devrait logiquement, on va se retrouver devant une oeuvre incontournable.
L'avis d'Alex
Autant être clair : Je n’attendais pas Daredevil et je ne donnais pas cher de sa peau. Des photos de tournage qui ne me faisaient guère rêver, un personnage dont je ne suis pas plus fan que ça, bref, tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe mon chemin sur cette série.
Netflix nous ayant donné la possibilité de voir les 5 premiers épisodes, pourquoi pas, y a que les cons qui ne changent pas d’avis comme on dit … et j’ai bien fait !
Daredevil est à des années lumières de ce à quoi je m’attendais. Scénario plutôt bien ficelé, ambiance dark et pesante, un casting top, le tout mis en scène d’une main de maître avec une réalisation excellente. Je ne suis pas un « sériesvore » mais le point qui m’a le plus marqué dans ces épisodes, c’est leur qualité. Plusieurs fois pendant le visionnage je me suis retourné vers mon compère Julien pour lui dire « Hey Juju, on est bien d’acc', là ça fait pas série TV, mais clairement film coupé en plusieurs épisodes hein ? ».
Les plans posés, une réalisation très propre, avec une mention spéciale aux chorégraphies des combats (vous penserez à moi lors de la scène du couloir fin épisode 2), un montage intelligent avec des Flashbacks bien placés, percutants, qui servent parfaitement l’intrigue de ce nouveau héros dans le paysage audiovisuel, tous les ingrédients sont là.
Les 2 premiers épisodes sont vraiment d’un très haut niveau, origine du héros, pourquoi, comment, ses motivations, son passé, tout y est.
Parlons aussi du costume, bien que ce costume soit dans les comics, qu’il appartient bien à la mythologie du personnage, j’étais le premier à penser que son passage télévisuel serait loupé … et là aussi je me trompais. Ce costume renforce vraiment la naissance du personnage. Son aspect « cagoule et legging » nous aide à être plus proche de ce nouveau héros, bien plus humain finalement que ceux auxquels nous sommes confrontés depuis ces dernières années derrière nos écrans avec tous leurs pouvoir spéciaux. Les « pouvoirs » d’ailleurs, parlons-en. Daredevil, dans la série, n’est pas vraiment un super-héros (pour le moment ?). Là ou dans le film de 2003 avec Ben Affleck, à coup de scènes en 3D, on nous sur-vendait un sens amélioré niveau super-ouïe, ici on reste dans quelque chose de plus terre à terre, ni trop, ni pas assez. Pas d’effets visuels de fou, un plan fixe, on se focalise sur le son, comme le héros dans la série. On est plus dans "l'Homme avec des sens sur-entrainés" que dans le cadre d'un super-pouvoir, ce qui renforce là aussi le lien avec le téléspectateur.
Si on souhaite jouer au petit jeu des comparaisons avec les séries « Super-héros / héros » du marché actuel avec Arrow, Flash, AoS et j’en passe … Daredevil ici, et c’est logique au vue du héros abordé, se l’a joue malin, très malin. En effet, on est dans une direction totalement opposé à ce que l’on nous a habitué à voir. Ici, l’ambiance sombre et le héros borderline vise clairement un autre public que celui des séries citées plus haut … et c’est tant mieux. Plus mature, plus adulte, Daredevil s’impose donc comme une alternative à ces séries super-héroiques qui vont voguer sur la valse du spin-off à gogo et parfois au détriment de la qualité de la série mère (oui Arrow, c’est de toi dont je parle).
Je terminerais mon avis par un kiff, celui du générique. Très bon, très classe visuellement, bien pensé. J’en dirais pas plus pour vous laisser la surprise, mais simplement sachez que Daredevil sera une série sur laquelle il faudra compter, à n’en pas douter. Comme quoi, y a que les cons qui ne changent pas d’avis.




Commentaires
Trop hâte de voir ça !! J'pense que j'vais rentabiliser l'offre 1 mois gratuit de Netflix !!!