Avec la mise en place de sa nouvelle collection Intitulée VHS Comics, l’éditeur indépendant Eibon Press a eu le nez creux en adaptant en comics Maniac, le sulfureux film de 1980 de William Lustig avec Joe Spinell, dans la mesure où toute une horde de fans s’est jetée sur le bouquin !
Pour sa deuxième fournée sous l’étiquette VHS Comics, Eibon s’est attaquée cette fois-ci à Laserblast (sorti en France sous le nom futuriste de Rayon Laser…), un nanar de série B mis en boîte en 1978 par le réalisateur Michael Rae.
Avec ce premier numéro haut en couleur et complètement décérébré, Eibon Press a décidé de prendre le contrepied de la noirceur de Maniac pour nous concocter un comics à la hauteur de ce film cité en référence comme l’un des plus mauvais longs métrages de l’histoire… Accrochez vos bretelles, c’est partiiiiiiiiii !
Autodestruction dans 4,3 ,2 ,1…
S'attaquer à l'adaptation d'un nanar, c'est un peu comme se tirer une balle dans le pied. En effet, s'il est toujours drôle de regarder un film mal fagoté entre potes avec des bières et des pizzas, l'état d'esprit n'est pas du tout le même lorsqu'on lit un comics… tout seul.
C'est pourquoi, visiblement conscient de la pauvreté du scénario de base écrit à quatre mains par Frank Ray Perilli et Franne Schacht en 1978, Stephen Romano a décidé de sortir du sillon du script d'origine pour développer une histoire plus travaillée afin de créer ce qu'il a toujours manqué à Laserblast : de l'ambition.
Du coup, Romano va chercher à mettre l'accent sur des scènes spatiales de façon à présenter les aliens (les Zenthars) et mettre en place une histoire d'arme surpuissante - le Kulah-Zen Laserblaster - capable de détruire l'univers malgré la protection des Guardians of Kulah. Une manière comme une autre de donner du corps à l'ensemble quitte à dénaturer le film d'origine…
Mais là où le bât blesse, c'est que le scénariste ne se défait pas totalement du script initial potache de Perilli et Schacht, ce qui donne à l'ensemble un côté plutôt bancal, voire même en demi-teinte, dans la mesure où il est impossible de faire le grand écart entre un script qui se veut ambitieux tout en respectant le design has been du film d'origine (les aliens sont des tortues sans carapace…). Qui plus est, ce premier numéro de Laserblast ne met pas assez l'accent sur les personnages principaux auquel on ne s'attache pas vraiment ! Comme quoi, on ne peut pas changer le plomb en or !
Quand ça veut pas, ça veut pas !
Malheureusement, les dessins de l'ami Pat Carbajal ne sont pas aussi percutants sur Laserblast que ses réalisations passées chez Eibon Press (Zombie, Maniac…) si bien que les illustrations ne relèvement pas vraiment le scénario. Malgré quelques planches bien fichues pour les scènes spatiales, le reste manque de corps. On sent que Carbajal et le coloriste Fatboy ont voulu coller à l'esprit des comics chaleureux des années 80, mais l'ensemble marque cruellement de relief et de nervosité…
En effet, loin de la méticulosité de l'artiste sur Maniac, les planches de ce Laserblast #1 restent plutôt basiques et ne laissent pas entrevoir un travail très recherché… Est-ce une volonté pour coller au côté fauché du film ? Un manque de temps… ?
Quoiqu'il en soit, force est de constater que les dessins ne sauvent pas trop le scénario décousu de Stephen Romano… quand ça veut pas, ça veut pas !
En définitive, malgré tous les efforts de Stephen Romano et de Pat Carbajal dans ce Laserblast, il est assez difficile de rentrer dans l’histoire tellement le scénario du film est lui-même très mal ficelé. On se retrouve donc avec une histoire d’arme galactique surpuissante et d’aliens mais portée par des personnages sans épaisseur et des dessins eux-mêmes trop plats pour rehausser l'ensemble.
Espérons que l’équipe d’Eibon Press rectifie le tir dès le prochain Laserblast #2 !
En Résumé
Points forts
La violence graphique
Points faibles
Les dessins manquent parfois de relief
Les personnages ne sont pas développés
On ne peut pas changer le plomb en or... Laserblast est là pour nous le prouver !




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