Marvel attendait ça autant que nous. Prévoir une saga filmique sur dix années et arriver au bout relève d’un vrai génie de la part de Kevin Feige, le PDG de Marvel Studios. Beaucoup ne s’en rendent pas compte, mais l’industrie du cinéma fait face à énormément d’aléas qui peuvent faire couler nombre de projets. On le voit actuellement avec la Warner. Mais Marvel Studios a tenu bon et nous voilà, dans une salle obscure, face à un nouveau pari de la Maison des Idées, le projecteur se lance et une voix off ouvre le film.
D’un Avengers comme d’un Marvel, il ne faut pas s’attendre à une révolution filmique. On connaît la sauce, on a suivi l’actualité et les photos de tournages, on a regardé les théories douteuses de Youtubers, on connaît mieux les comics que les scénaristes et les acteurs. Alors en quoi Avengers Infinity War peut-il nous surprendre ? Parce que la sauce est pimentée. On retrouve l’humour marvelien en plus faible dose, mais toujours pas très bien placé. Les musiques ronflantes de chœur et de BOOM sont toujours là. Le méchant est insipide et les héros sont les meilleurs. Attendez… non pas cette fois, en effet, Thanos est l’incarnation du mal comme on en voit si peu dans les films d’actions modernes. Penchant dans le tragique, le Titan est finalement pas si fou et ses convictions sont « justifiées ». Il est humanisé et l’ont se reconnaît en ses peurs et ses rêves. C’est plus que le méchant du film, Thanos est une vraie réussite d’écriture et d’interprétation. Une modélisation du visage parfaite qui permet à Josh Brolin de vraiment jouer avec les expressions faciales. Les sbires de Thanos sont au nombre de quatre, l’Ordre Noir et, s’ils sont extrêmement charismatiques, ils sont finalement bien obscurs puisqu’on ne sait rien d’eux.
Le roster de super-héros a forcément ses favoris. L’histoire a l’idée judicieuse de les séparer en sous-équipes, ne créant pas une surabondance de personnages et de dialogues à références. Les différentes équipes permettent de faire ressortir les caractères au travers de combats et enjeux de tailles différentes. Iron-Man est évidemment l’un des points centraux de ces intrigues, avec Thor, au sommet de sa grâce. Starlord et Doctor Strange sont les deux personnages qui ont eu le plus de mal à se faire une place dans ce film d’action dramatique. Peter Quill enchaîne les mêmes blagues et Strange est toujours collé à des blagues qui ne lui vont pas. Heureusement, Strange se calme assez vite, Starlord tarde beaucoup plus. La team Captain, constituée de Steve Rogers, Black Widow et Faucon est également un peu mystérieuse. Deux personnages arborent un style différent sans explication et l’on en sait peu sur ce qu’ils ont fait durant tout ce temps.
Les scènes s’enchainent pourtant bien, il n’y a pas de temps morts. Le film commence dès l’ouverture, qui pose les bases puissamment mais qui est mal mise en scène, pour se conclure parfaitement jusque dans le dernier plan. On sent un film bien construit, avec son lot d’incohérences obligatoires pour ce genre de productions. De plus, contrairement aux films super-héroïques, le dernier acte est le meilleur. Habituellement il est le plus prévisible, ici l’humour disparaît, les jeux d’acteurs se révèlent avec parfois des plans de moins d’une seconde. La force du film, c’est ses personnages qui font frissonner alors qu’ils sont prêts à mourir à chaque action. Jamais on avait autant senti le danger pour ces super-héros qui sont souvent des humains sous le masque et que l’on connait depuis si longtemps.
Avengers Infinity War répond au cahier des charges et s'en sort même mieux. Alors qu'on pourrait attendre un bordel sans nom de blagues et de bastons. Le film garde une structure qui peine à se mettre en place au début et qui se conclut brillamment à la fin. Le film surprend et fait vibrer. Il est puissant et nous emporte dans ces deux heures et demi. .
En Résumé
Points forts
- la construction de l'histoire claire
- le jeu des acteurs
- le tragique prend la place de l'humour
- de l'épique, de la surprise et du frissons
Points faibles
- Star Lord en décalage
- L'Ordre Noir trop obscur
10 ans que l'on attendait ça, et on n'a pas été déçu. Un fan de Marvel y trouvera son compte.




Commentaires
Donc voilà, je trouve que l'histoire est suffisament claire, on ne se perd pas comme on pouvait l'attendre avec ce film. Encore une fois c'est mon avis
Ceux qui ont comparé ce film à " l'empire contre attaque " ont vu juste, méme si tout n'est pas parfait ( mais quel film l'est ? ), on est quand méme sur le haut du panier.
ici c'est parce que mine de rien je me dis, 11 ans qu'on nous tease Thanos c'est con si je vais pas le voir en action
Je n'irai pas dans les détails mais il y a de belles surprises, quelques prises de risque, le tout rendant bien hommage à ce qui a été mis en place depuis 10 ans
Le point qui risque de faire tiquer certains c'est le côté "Partie 1" et donc inachevé, ils se payent un peu le luxe de faire un trailer de 2h30 pour Avengers 4, mais c'est pas non plus une première dans les sagas ciné (et encore moins les comics). Et qu'on se rassure il ya beaucoup de choses dans le film
Sinon il aura fallu 10 mais le MCU a enfin un vrai méchant, qu'on peut même considérer comme le personnage principal du film
Bref un grand spectacle, une belle rétrospective avec un vrai point de rupture, là ou Age Of Ultron ou Civil War étaient des films cools mais ne boulversaient rien. Ce film a une sacrée paire, même si il faut attendre la suite pour avoir un avis "définitif"
Ceux qui ont prévu d'aller le voir je vous conseille de faire vite, les spoil risques de grouiller sur la toile
10ans de Marvel, 18 films dans un même univers cohérent, 7 ans qu'ils nous teasent Thanos (depuis le 1er Avengers), un casting de fou, une brochette de super héros avec à chacun une histoire bien ficellé réunient pour combattre un ennemie commun. What else?
Pas besoin d'avoir l'avis des autres ou d'une énième critique pour savoir si ça vaut le coupr d'aller le voir.
10 ans que j'ai pas été déçu, 10 ans que j'attends ça !!!
C'est sûr que j'irais le voire.
Alors que l'histoire est franchement intéressante, on sent des ellipses scénaristiques importantes afin de laisser la part belle à des bastons à n'en plus finir. Sans exagérer il y a combien de minutes de répis dans ce film, deux ?.
A cela s'ajoutent quelques effets visuels un peu justes, je pense notamment à l'armure d'Iron Man, et des dialogues le plus souvent très limités.
En bref, un bon film popcorn avec tous mes super-héros préférés, mais le qualificatif "merveilleux" me parait un poil exagéré. Moi j'aurai mis un simple : "BASTON !"
Thanos est réussi, en même temps, c’est impossible de le loupé il y a juste à suivre le chemin tracé par les nombreuses sagas culte, donc il fait l’objet. Et encore, contrairement à tout ce que j’ai pu lire à droite, à gauche, pour moi, ses motivations sont pas terrible, dans le sens où c’est du vu et du revu dans beaucoup de films et séries, de plus les élargir à l’échelle de l’univers ne tient plus la route. Moralité, j'aurais mieux fait de rester chez moi, pour relire les classiques sur Thanos plutôt que de regarder ce film.
De l'art de rédiger après la bataille...Puis-je encore dire quelque chose sur Infinity War quand tout a déjà été dit ? Je pense que oui.
Infinity War est la confirmation que Marvel Studios a réussi son pari. Faire une suite digne de ce nom et aux proportions dantesques après Avengers. Adapter Thanos et le délire des Pierres de l'Infini au ciné, et avoir les couilles de le porter jusqu'au bout. Marvel apprend petit à petit de ses erreurs depuis Black Panther (et quelque part, depuis Civil War).
On bosse davantage les antagonistes. Thanos est la grande réussite du film. Si son plan et ses origines manque de développement, il est imposant, charismatique, humain, touchant, presque modeste en quelque sorte. Il évite autant que possible les morts inutiles, car il laisse le destin décider. Ses objectifs sont nobles. Oui la méthode est cruelle, mais le but est là, sauver l'Univers. Éviter aux civilisations la misère de leur autodestruction, leur enseigner à ne pas refaire les mêmes erreurs. J'ai presque envie de le soutenir. C'aurait été génial qu'un des Avengers prenne son parti (l'ambiguité n'est pas ce qui manque chez eux dans les comics). Et que tout ne semble être qu'une théorie de sa part renforce encore le personnage. Visionnaire ou fou ? Si la scène de la mort de Gamora est un peu trop « appuyé » à mon goût, reste que le propos derrière est très fort, et que Vormir participe à l'aspect tragique traversant le film. Cette séquence ne serait-elle pas d'ailleurs un clin d'oeil à Berserk ? L'Eclipse, le sacrifice... Thanos devient un « God Hand » au sens littéral du terme ! Sa meilleure scène reste cependant celle où il rencontre Gamora, et l'enlève en mode « Oui viens, je vais t'aider à retrouver ta maman dans le supermarché ». Touchante, glauque, symbolique.
On ne peut malheureusement pas en dire autant de ses sbires. Le Black Order passe bien esthétiquement (mis à part Nain Noir, anecdotique), mais j'aurais vu plus de blanc sur Proxima, et surtout, ils servent trop d'adversaires random. Mis à part la mort de Nain Noir, imaginative (pour une fois que c'est Banner et non Hulk qui vainc la grosse brute), les autres meurent comme des cacas. En particulier Ebony Maw, qui était pourtant ultrastylé. Sa petite voix mélangé à son attitude de prêcheur le rendent charismatique et marqué. La scène où il fait exécuter en arrière plan la moitié des Zéobéeriens pendant que Thanos empêche Gamora de regarder, est rempli de solennité morbide (j'ai intérieurement poussé un rire machiavélique à ce moment là j'avoue). Et la façon qu'il a d'utiliser ses pouvoirs télékinétiques est juste parfaite. Un mage d'un tout autre niveau que Strange en terme de puissance brute. Strange bride son pouvoir avec les sceaux, pentagrammes et autres katas, outils qui l'aide à utiliser la magie. Maw ne s'embarasse pas de telles limitations. J'aime aussi énormément le fait de clairement montrer qu'un alien non « divin » peut utiliser la magie. Anecdotique, mais ça participe vraiment au mélange réussi entre SF et fantasy selon moi (de même que la Nidavellir traditionelle mais technologique, et ses nains géants joués par Peter Dinklage, idée énorme).
Le manque de développement se ressent également sur les héros (Captain a une présence de fou, mais il ne fait rien du film), mais c'est plus que compensé au final. Car ici, ce sont les interactions entre les personnages qui les forge. Le film joue énormément sur ça et, chose pas si courante dans le MCU, sur l'émotion. Et c'est exactement ce qu'il fallait faire. Rappelez vous de la scène entre Rocket et Thor. Une des plus réussis pour moi. Derrière les blagues habituelles, on sent, on voit, que le fils d'Odin est complètement brisé psychologiquement par la semaine de merde qu'il vient de vivre. Certes, on peut se plaindre que, malgré ça, il arrive tout de même à enchaîner les blagues, mais je m'en contenterais. Car pour moi cette scène est l'incarnation du mélange entre humour et émotion. Enfin, depuis Black Panther, l'humour ne perturbe presque plus la dramaturgie du MCU. Mieux encore, il la sert. Le troll de Thanos avec les bulles de savon en est la parfaite incarnation. Comment mélanger comique de situation et désespoir dans la même seconde (pour vous dire, la première fois j'ai ri machiavéliquement, la seconde j'étais en mode « Ooooh merde, Dieu pourquoi ?... »
De même le Drax invisible (meilleur gag du film) arrive après une scène de couple touchante entre Star Lord, qui accepte un choix douloureux (mais se révèlera au final incapable de le comprendre jusqu'au bout) et une Gamora structurée par sa relation avec son père. Je pesterais bien sur le manque de développement du couple Wanda-Vision dans les opus précédents, ce qui nous fait un peu manquer d'empathie pour eux, mais leurs scènes sont réussies et, plus important encore, ce « screamer » de la lance en plein cœur à Edimbourg, c'était du génie.
En parlant d'Edimbourg, le combat miroir des couples est malheureusement symptomatique du problème de shaky cam (on sent qu'il y a de l'idée, mais c'est filmé de manière confuse), problème heureusement évité sur Titan. Mais il est aussi un symbole de la gestion à la ramasse de la puissance des personnages. Scarlet Witch est nerfé, pourtant elle a suffisamment de puissance pour détruire une Gemme ? Bon ok...Plus tard, Proxima ne sera pas foutue de se débarasser d'une blondasse et d'une chauve avec une lance ? Ca arrange vraiment le script pour donner un combat aux femmes fortes sans pouvoirs dis donc...En soi pourquoi pas, mais ça fait artificiel.
Mais les plus grosses victimes de leurs puissances aléatoires sont Strange et Thor. Le premier oscille entre Sorcier Suprême et karatéka du pauvre avec un fouet. Le second est VRAIMENT le Dieu du Tonnerre. Son arrivée sur le champ de bataille, Racoon sur l'épaule, à l'image de celle de Cap à Edimbourg, m'a fait pousser intérieurement un « WOOOOOOOOOOOH !!!!!!!!!!!! » purement fanboyesque et orgasmique. Un moneyshot d'anthologie, à l'image de ses petits frères, eparpillés en bonne quantité dans le film (j'en profite pour caser ici le plan en trompe-l'oeil de Nebula, qui pivote pour laisser soir les pièces désassemblées, du génie!). Et le mec résiste quand même à une étoile à neutron, badass ! Et puis je me suis rappelé qu'il avait été mis en PLS par un taser dans Thor 3...Un putain de TASER...Qui aurait donc la puissance d'une étoile à neutron, mais bien sûr...
Une exception cependant à cette gestion calamiteuse. Encore une fois, Thanos. Surpuissant (même sans les Pierres), mais loin d'être invincible pour autant. L'idée qu'il doive effectuer un geste avec sa main pour utiliser les Pierres, et qu'il ne peut en utiliser qu'une à la fois, c'est simple, mais c'est diablement bien vu. Parce que le spectateur SAIT qu'il peut être vaincu, avec suffisament de ruse. Belle utilisation de la stratégie dans les combats d'ailleurs.
Symptomatique du problème du film peut-être. Qui ose (Iron Man et Spider-Man dans l'espace, montré comme un événement quasiment banal ça claque), mais peut-être pas assez par moments. Vous dites que Thanos balance une lune, et on se retrouve avec des cailloux... Impressionant mais anecdotique. Prenez tout le satellite, et faites le s'écraser sur Titan ! Allez y franchement !
Reste que la fin risque de marquer. Je suis très heureux qu'ils aient eu les couilles de le faire. Le SNAP ! Une fin sombre, apocalyptique, ou le méchant gagne (mais ne sauve t-il pas l'Univers au final?). Maintenant, bien que ce soit improbable, ce qui serait génial serait de ne pas (ou peu) défaire ce qui a été fait. Mais au vu des annonces de suites, ils ressusciteront. Le pire ennemi d'Avengers 3 est Avengers 4. Et pitié, pas d'histoire de Soul Dimension, ce principe à l'air débile. « Ils ne sont pas morts, mais emprisonnés dans cette dimension ». Qui abrite donc les âmes de ceux privés d'enveloppes charnelles ? Donc c'est basiquement un bout de l'au-delà ? Donc ils sont morts. CQFD.
Reste que sur le coup, je vivais leur disparition, sans doute pas comme un spectacle déchirant, mais au moins comme un moment particulièrement sombre, rattrapant le fait que le film manque un peu de désespoir dans sa globalité. Tout comme j'ai naïvement cru, comme beaucoup, que la Pierre de l'Esprit pouvait rester détruite. Avant que Thanos ne rappelle a tous qu'il a la Pierre du Temps, et que les voyages dans le temps c'est cheaté (bien joué Marvel Studios). À propos de fin, celle de Spider-Man m'a beaucoup touché, alors que de base je n'aime pas ce Spidey. Un pauvre ado plein d'espoir, qui panique face à la mort, alors que son mentor n'arrive pas à trouver les mots pour le rassurer. Bien joué aux acteurs et aux dialoguistes. Cependant, l'Effacement manque un peu d'ampleur je trouve. Il ne semble pas universel. Des planètes soudain recouverte de poussières s'envolant dans le vide de l'espace aurait été fort.
Bien joué Star-Lord espèce de con. Mais bon, vu la situation, que tu pètes un câble était stupide, mais compréhensible. Errare humanum. Errare asgardum. Thor aurait du viser la tête. Mais vu la vitesse de sa course dans les cieux, et vu qu'il devait compter sur l'effet de surprise pour réussir, on lui pardonnera de l'avoir loupé. En parlant d'errare asgardum, Loki a fait un enchaînement assez imprudent dans sa rhétorique, bien que le « Odinson » face plaisir à entendre. Tu m'étonnes que Thanos l'ait grillé. Cependant, très bon coup de cynisme de tuer le fan favorite d'entrée de jeu. Ca annonce la couleur. Et ultime coup de cynisme, le « Thanos reviendra » (remettre la phrase classique aurait été stupide). Je valide également l'annonce, tout en modestie de Captain Marvel, c'était exactement comme ça qu'il fallait le faire.
Rien à voir, mais ça m'a fait plaisir de voir Crâne Rouge. Ca ne servait à rien, mais c'était sympa. Et puis un (ex) nazi qui fait de la magie, c'est toujours sympa. Petite note sur les planètes au passage. On les voit peu, mais elles ont, en 10 secondes, plus d'identités que quasiment toutes les planètes de la postlogie Star Wars. Comme quoi.
En bref, Infinity War remplit son contrat avec brio. Après Black Panther, il continue à me réconcilier avec Marvel Studios. Il aurait pu être encore mieux, il aurait pu être un chef d'oeuvre. Mais ne soyons pas trop négatif, ça reste un très bon film, qui risque de marquer l'histoire du cinéma, et c'est sans conteste l'un des meilleurs Marvel Studios (3e pour ma part). J'aurais aimé le découvrir étant enfant. Parce que si les adultes vont davantage s'apercevoir des défauts, ce film risque d'être une grosse claque pour des enfants ayant suivis les aventures des Avengers.