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[Fear Itself] Interview de Fraction partie 2

Dur d\'être scénariste quand on est un fan !
Deuxième partie de l\'interview de Matt Fraction et de l\'éditeur Tom Brevoort au sujet de Fear Itself. La première partie est ici. Newsarama: Matt, en tant que scénariste principal d\'un crossover, à quel point devez-vous vous préoccupez de l\'interaction avec les tie-ins des autres auteurs ? Ou est-ce le travail des éditeurs ? Matt Fraction: C\'est à Tom de subir cette pression là. Dès que je rajoute un personnage à mon histoire, c\'est à Tom [Brevoort] de gérer le truc. Tom Brevoort: C\'est une division du travail. Si une personne présente un tie-in qui a un impact sur l\'histoire, je consulte Matt. Je lui demande de regarder le truc et de me dire si cela a sa place avec tout le reste. J\'essaye de le faire le moins possible parce que cela le détourne à chaque fois de son propre travail. Mais j\'ai souvent besoin de son avis pour pouvoir prendre une décision avec les autres éditeurs et auteurs. Pour donner un exemple : si Thor est ) Asgard, il ne peut être en Caroline du Nord avec Ghost Rider (attention exemple, pas le scénario de FEAR ITSELF). Peu importe si cette histoire avec Ghost Rider est bonne, Thor est à Asgard et il est occupé. Alors on cherche pendant 2 jours une solution pour ce tie-in qui semble excellent : « Comment amener Thor en Caroline du Nord et le ramener à temps à Asgard ? ». Inévitablement, il y a des scénaristes qui sont frustrés et doivent trouver une autre solution. Fraction: Soudain Volstagg arrive en Caroline du Nord ! Brevoort: Il y a beaucoup d\'interactions et de compromis. C\'est plus facile d\'écrire une série dans son coin, mais si je décide de participer au crossover, alors je dois abandonner une part de liberté et ma place de maître à bord sur la série. C\'est votre histoire, celle de Ghost Rider, mais dans un contexte plus large qu\'on ne contrôle pas. Tu ne peux plus dire « je veux tel vilain en face » comme quand tu écrivais la série dans ton coin. Nrama: Même si Fear Itself aura beaucoup de tie-ins, il semble que l\'histoire, avec Cap et Thor, sera centrée sur 8 personnages ? L\'histoire principal sera donc plus une sorte de zoom ? Brevoort: Civil War était un truc énorme mais, au final, c\'était une histoire sur 3 personnages : Cap vs Iron Man avec Spider-Man au milieu. A chaque épisode de Civil War, on avait un truc sur ces personnages qui se développait, avec bien sur des douzaines d\'autres qui gravitaient autour. Quand tu fais une grosse histoire avec une centaine de personnage, ils ne peuvent tous en être la star. C\'est pour ça qu\'on a les tie-ins. Mais dans la série principale, les autres personnages sont des lieutenants, des acteurs, voir font un caméo. On ne peut pas tout mettre dans la série principale Fraction: A un moment, je notais au fur et à mesure pour chaque personnage principale ce qui lui arrivait à chaque épisode : son gain, sa perte. Chaque épisode a un plus ou un moins pour ces gars-là, ça m\'aide a garder une certaine cohérence. Vous êtes un fan, donc vous avez envie de vous lâchez parce que vous avez pleins d\'idée géniale « oh ça ce serait trop cool » et d\'un coup vous vous retrouvez avec le meilleur tie-ins possible sur Volstagg/Ghost Rider et Captain America n\'est pas là pendant 50 pages. Nrama: Pour votre première fois en tant que scénariste d\'un tel événement, quels sont les crossovers qui vous ont inspiré ? Fraction: Le Secret Wars originel. C\'était tout les personnages que j\'aimais. Les meilleurs héros contre les pires vilains. C\'était, à un certain niveau, si pur, mais ça marchait. Je pourrais vous dessiner chaque case du combat Dr. Doom/Beyond... Brevoort: C\'est la promesse des crossovers, ce qui attire les fans, une grosse histoire avec votre suer-héros préféré combattant les pires vilains dans la plus grosse/folle/dramatique histoire qui n\'ai jamais eu lieu. C\'est tout ce que vous adorez dans un comic normal mais multiplié par un million. Fraction: La version IMAX des conneries qu\'on fait chaque mois. Dans cette époque où à chaque épisode ont nous promet la fin de tout, on sait que c\'est jamais la fin. L\'hyperbole est devenu notre mode de communication par défaut. Ce qui est épique le fait d\'avoir tout ce que nous aimons qui arrive d\'un coup dans un épisode sans qu\'on puisse imaginer cela possible. C\'est ce que j\'adore dans la série Avengers de Bendis, avec cette histoire sur Kang. Chaque mois je me dis « comment ta pensé à ça ? ». Les personnages de Marvel ont toujours été ces cols bleus (ndrl : les ouvriers, le peuple), c\'est le monde réel qui se reflète dans ces comics. Personne ne veut voir Spider-Man affronter la récession, mais le voir se préoccuper de chose qui m\'inquiète a beaucoup de sens à mes yeux. C\'est ce que DC ne peut faire, rester relier au monde réel, ce que j\'essaye de faire. Ce qui est dangereux, en tant que fan, c\'est d\'écrire comme un fan en invitant tout ses personnages préférés à se taper sur la gueule. C\'est très facile de dire « j\'ai envie de savoir ce que cela donnerait » et de perdre ainsi de vue son vrai travail. Brevoort: tout le monde ici a un profond amour pour ces personnages et c\'est très facile de s\'y perdre. Souvent on se dit « j\'ai 22 pages et 54 scènes », t\'essaye de charger la barque mais ça ne marche pas. C\'est tellement enivrant. Fraction: Je t\'ai passé un appel te demandant « Est-ce que je pourrais avoir 44 pages à chaque épisode ? » Brevoort: ça m\'arrive tout le temps. « Je pourrais en avoir plus ? » Je pense qu\'on veut tous que Stuart [Immonen, le dessinateur] survive, donc on va se modérer. Suite et fin demain !

Leto

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