La review du jour est un titre proposé par Hi Comics. Il s'agit du titre A la dérive, écrit et dessiné par Bryan Lee O'Malley. Il sortira le 7 janvier 2026 pour 24.95€.
Raleigh, 18 ans, est persuadée qu’on a volé son âme… et que celle-ci est cachée dans un chat ! En tout cas, c’est ce qu’elle raconte. Enfin, c’est ce qu’elle raconterait si elle s’ouvrait un peu aux autres. Mais alors comment se retrouve-t-elle embarquée dans un road trip vers le Canada avec trois copains de lycée qu’elle connaît à peine ?
Découvrez le tout premier roman graphique de Bryan Lee O’Malley, l’auteur de Scott Pilgrim, qui nous propose un voyage intérieur où se mélangent douceur et amertume.
Scott Pilgrim est, pour beaucoup, un incontournable de l'industrie de la bande dessinée. D'ailleurs, Bryan Lee O'Malley fait parti de ces auteurs surtout connus pour un seul titre. Tout comme on retient James O'Barr pour The Crow (dont la review est disponible ici), on retient Bryan Lee O'Malley pour Pilgrim. Mais bien évidemment, ce dernier n'a pas écrit/dessiné que Scott Pilgrim. Il a fait d'autres choses. Aujourd'hui, nous allons aborder l'une de ces autres choses. Cela sera d'autant plus intéressant dans le sens où il s'agit de son premier graphic noval original. En quoi consiste-t-il ? A-t-il des points communs avec Pilgrim ? Pourquoi A la dérive / Lost at sea n'a pas eu le même rayonnement que le titre suivant ? Nous allons voir tout cela.
On sera bientôt chez nous. On sera à la maison. Et voilà que j'ai encore envie de pleurer.
Au-delà du récit en lui-même qui est un road trip organisé par des adolescents, le titre est surtout une réflexion. Le temps qui passe, l'adolescence (et le passage à l'âge adulte) et tout ce qui peut en découler : l'anxiété, la solitude, l'impossibilité de mettre des mots sur des émotions ou, dans certains cas extrêmes, de mettre des mots tout courts.
Après, il faut bien avoir conscience qu'il s'agit d'une lecture très particulière. A ce titre, elle ne va pas plaire à tout le monde. D'ailleurs, le personnage principal le dit lui-même : pas de cohérence, pas de chronologie. On comprend que le tout se passe en 3-4 jours, rien de plus. Les dialogues, les pensées de Raleigh, la recherche de l'exactitude, le manque d'énergie du personnage... tout cela donne un sacré sentiment de longueur à la première moitié du récit. Tout ceci renforce surtout le côté... ben "à la dérive" du personnage, mais il peut paraître déroutant, peut-être même pesant. Il faut vraiment attendre la deuxième moitié du titre pour retrouver le côté un peu loufoque / déroutant que l'on peut également retrouver dans Scott Pilgrim.
On part à la chasse aux chats pour retrouver l'âme de Raleigh.
Pour ce qui est de la partie graphique, on reconnait clairement les traits de Bryan Lee O'Malley. Autant dire que si les dessins de Scott Pilgrim, ce n'est pas votre truc, cela ne sera pas plus votre truc avec A la dérive. Maintenant, au-delà de cette comparaison facile et évidente, il y a bien d'autres choses à dire ici. Oui, il y a un côté gribouillage / carnet de croquis mais pas uniquement. Malgré leur apparente simplicité, ceux-ci offrent une profondeur assez incroyable. La solitude, la mélancolie, l'errance, toutes ces notions qui ne sont pas forcément faciles à définir trouvent pourtant un certain echo dans les dessins de Bryan Lee O'Malley.
Côté colorisation, elle est minimaliste. Rien de bien surprenant lorsque l'on sait que le titre a été réalisé en noir puis colorisé pour les dix ans de l'oeuvre.
Enfin, si je devais choisir un mot pour qualifier la cover cela serait "parfaite" dans le sens où elle représente parfaitement l'état d'esprit du graphic novel.
Si vous désirez vous procurer ce titre et soutenir MDCU par la même occasion, n'hésitez pas à passer par ce lien.
En Résumé
Points forts
- Les pistes de réflexion
- L'ensemble est bien plus profond qu'il n'y paraît
- La cover
- Des dessins atypiques mais forts
Points faibles
- Les dessins de Bryan Lee O'Malley ne plaieront pas à tout le monde
- Le sujet traité fait que la première partie peut paraître longue
A la dérive de Bryan Lee O'Malley est aussi atypique que marquant.




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