La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit du récit complet Les Évadés d'Alcatraz, écrit par Christopher Cantwell, et dessiné par Tyler Crook. Il sorti le 12 mars pour 18,50 euros. Il contient les titres US Out of Alcatraz #1 à 5 édités par Oni Press.
Ce récit complet est une épopée sanglante, orchestrée par Christopher Cantwell - créateur de la série TV Halt & Catch Fire et co-showrunner de The Terror sur AMC - et Tyler Crook - le dessinateur de Harrow County, BPRD et Bad Blood.
Née de l'un des plus grands mystères non résolus du XXe siècle, cette odyssée nous entraîne sur les traces des fugitifs les plus célèbres de l'Histoire américaine, alors qu'ils courent désespérément vers la liberté à travers la campagne californienne laissant dans leur sillage une traînée de corps et de douloureuses révélations. Ce récit complet est celui de tueurs qui se savent condamnés quoi qu'ils fassent.
Les Evadés d’Alcatraz part d’une histoire vraie, celle de l’évasion de trois détenus de la prison d’Alcatraz, en Californie, et en imagine une suite. En effet, les premières pages de l’album se situe dans l’eau, alors que les protagonistes essaient de rejoindre la terre. C’est le moment précis où, dans la réalité, on ignore ce qu’il s’est passé. Se sont-ils noyés ? Ont-ils survécu ? Nous ne le savons pas, et ne le serons probablement jamais. Cet album donne une version totalement imaginaire, mais plutôt intéressante, de la suite.
La narration est maitrisée dès le début, avec une belle mise en page qui donne une ambiance cinématographique. La première partie de l'album rappelle fortement la série TV Le Fugitif, où l’on voit nos rescapés vivre des sous-intrigues. Nous assistons alors au portrait d’une Amérique désabusée, genre de prison à ciel ouvert. Ils vont rencontrer plusieurs personnages qui méritent autant qu’eux d’être derrière les barreaux : le riche qui se croit tout puissant et qui rabaisse les autres, le violeur, celui qui abuse de sa femme et souhaite la tuer…
Malgré le sujet de l’évasion, le thème de l’album est sans ambiguïté la prison. Même si on la voit peu, surtout dans des flashbacks, on découvre petit à petit, comme les personnages, que l’on n’est jamais vraiment libre. En tant que fugitifs, ils sont des cibles puisqu’il est facile d’avoir le pouvoir sur eux, en les menaçant de les dénoncer. Dans leur quête de liberté, ils se font aider par une femme de couleur, qui même si elle a la peau très claire, subit le racisme, une autre forme de prison.
Outre nos fugitifs, nous suivons aussi deux "flics" qui tentent de les rattraper. Il s’agit d’un couple d’hommes qui ne peuvent vivre leur amour comme ils le souhaitent (encore une prison). Tout l’album tourne autour de ces questions de liberté, et s'interroge sur sa limite avec la captivité. Nos fugitifs ne semblent pas se sentir plus libres hors d’Alcatraz que dedans.
Sur cette thématique, le récit ne donne évidemment pas de réponse, et ne se focalise pas non plus uniquement dessus. Le scénario travaille ses personnages et ses situations pour proposer une réflexion sur la condition humaine, mais il ne le fait jamais au détriment de l’action. L’histoire est un thriller assez intense, avec de bons rebondissements, et un final marquant.
Les dessins sont peints et magnifiques. C’est vraiment l’une des grandes forces de l’album. Il participe beaucoup à l’ambiance cinématographique, et d’ailleurs, le récit se savoure comme un très bon film. Les personnages sont bien travaillés, et sont très expressifs.
Au final, on aurait peut-être aimé que l'histoire dure plus longtemps, notamment pour travailler un peu plus le personnage féminin, mais c’est chipoter. Les Evadés d’Alcatraz est un excellent récit complet, malin, bien écrit et très bien mis en image. Des bonus en fin d’album nous propose des croquis et des illustrations de couvertures, pour conclure tout ça comme il faut !
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En Résumé
Points forts
L'ambiance
L'écriture
Les dessins
Points faibles
Cet album propose un récit complet intelligent, ambitieux et visuellement sublime, qui transcende le simple récit d’évasion pour interroger la condition humaine et les illusions de la liberté.





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