Delcourt

[Review VF] Stand Still

Un format original pour une lecture sympathique

La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit de Stand Still, écrit par Lee Loughridge, et dessiné par Andrew Robinson. Il sorti le 2 avril pour 25,95 euros.

Si vous aviez le pouvoir de figer le temps, qu'en feriez-vous ? Ce récit imaginé (et mis en couleurs) par Lee LOUGHRIDGE et dessiné par Andrew ROBINSON & Alex RIEGEL est totalement dingue aussi bien par son contenu que par sa forme (format paysage).
Ryker Ruel est un sociopathe très mystérieux, lubrique et totalement cinglé. Il a volé le prototype top secret d'un appareil capable de figer le temps ! Résultat : les cadavres des dirigeants du monde s'empilent, des oeuvres d'art célèbres disparaissent, etc. Seul le créateur de l'appareil, un scientifique ordinaire, a compris exactement ce qu'il se passe et entreprend de l'arrêter...

Stand Still se démarque sur les rayons du coin comics de nos libraires préférés par son format à l’italienne (en paysage). Il est cependant fourni dans un fourreau qui permet de mettre l’album sur le côté, donc en portrait. Si vous n’avez aucune BD dans ce format dans votre bibliothèque, ça ne posera donc aucun problème, plutôt malin de la part de Delcourt.

Le scénario part sur une idée d’un bracelet qui permet de figer le temps, sauf pour le porteur. Elle est très bien mise en pratique au début de l’album, puisqu’on voit le gars qui le porte provoquer des motards. Et il va les massacrer. Au cours de l’histoire, nous suivons principalement deux personnages. Ce personnage, et l’inventeur du bracelet qui va chercher à l’empêcher de nuire. Tout le début de l’album se décompose en deux récits en parallèle. Quand on suit celui qui arrête le temps, c’est de l’action pure. Et quand on suit l’autre, c’est plutôt des explications, du coup plus posé. Le rythme est plutôt bon, et on ne s’ennuie pas. Et petit à petit, le scénario dévoile ses intentions.

Cette espèce de “superpouvoir” de figer le temps aurait pu donner un récit de super-héros. Ce n’est pas du tout le cas. C’est même plutôt l’inverse, car le bracelet semble être tombé entre de mauvaises mains. Le personnage massacre ses victimes, parfois violemment. Il est irrévérencieux, mais un peu comme on l’est adolescent, donc un peu ridicule aussi, même si le récit se veut très premier degré.

Nous arrivons aux défauts de l’album. Avec ce concept franchement cool, les auteurs essaient d’en faire quelque chose de sérieux, et ça ne colle pas. Comme tout récit de science-fiction, il y a des règles qui sont expliquées. Ce n’est pas vraiment du voyage dans le temps, mais c’est le même principe : les auteurs inventent des règles pour rendre ça crédible et offrir des ressorts scénaristiques. Dans Stand Still, cet aspect est raté. Le scientifique qui essaie de recréer un bracelet n’est absolument pas crédible dans ses explications. La première fois qu’il met le bracelet, il risque sa vie, car il doit se faire une espèce d'intraveineuse. Cet élément n’est jamais repris nulle part… En figeant le temps, les personnages peuvent arrêter une balle, mais les couteaux continuent leur mouvement ? Ces petits détails ont pris suffisamment de place dans ma lecture pour la perturber. C’est dommage.

Au niveau des dessins, Robinson se débrouille très bien, et c’est vraiment le point fort de l’album. Le format à l’italienne n’a pas vraiment d’utilité narrative, et n’apporte rien. Enfin si, il permet au dessinateur de se faire plaisir et de nous faire plaisir, avec de belles planches toutes en longueur, donnant un aspect ciné plutôt sympa. Par contre, le parcours de lecture est complètement raté : sur une page, il ne faut pas lire de gauche à droite puis descendre, mais de haut en bas puis à droite. Très déroutant au début, on finit par prendre l’habitude, mais je n’avais jamais vu ça. Le dessinateur me rappelle Sean Murphy. C’est très chouette, mais tous les visages se ressemblent. Heureusement que les deux personnages principaux sont blond et brun. Et tout est très “masculinocentré” où les personnages féminins ne sont qu’un prétexte.

En fait, il faut voir cet album comme un récit d’action, avec de beaux dessins. Le scénario manque de profondeur, le concept de base est sous-exploité, mais c’est fun et dynamique. Et si vous aimez le dessin et que le format original vous intrigue, vous passerez probablement un bon moment, mais nous pouvions en attendre plus.

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En Résumé

Points forts

Bel objet
Chouettes dessins
Très dynamique

Points faibles

Pas très crédible
Concept mal exploité
3/5

Outre l'originalité du format à l'italienne, Stand Still s'embourbe dans son propre concept. L'album est fun et dynamique, mais aurait pu être tellement plus. Dommage !

Adrien L.

Attiré par le monde des comics depuis toujours, gros consommateur et lecteur depuis une vingtaine d'années maintenant. Cherche à transmettre sa passion par tous les moyens !

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