MDCU

[Review] Petit Bonhomme

MON coup de coeur de cette première moitié de 2026

La review du jour est un titre proposé par Morgen. Il s'agit de Petit Bonhomme, écrit par Alexis Bacci et dessiné par Grégory Panaccione. Il sort aujourd'hui pour 27.90€.

L'apparition de la vie, l'évolution des espèces, les débuts de la société, la guerre, la mort... Tous ces faits et concepts importants, sur sa planète bizarre, Petit bonhomme n'en avait pas vraiment conscience, c'était trop long ou trop loin, trop proche ou trop rapide... Ce que Petit bonhomme va découvrir et qui changera tout pour lui et autour de lui, tient en un seul mot : l'AMOUR ! Grégory Panaccione et Alexis Bacci se délectent à mettre en oeuvre leurs talents immenses pour raconter une fable aussi magnifique que triste : la plus belle histoire d'amour de tous les temps et de tous les univers !

Pour ce qui est du récit, nous allons le dire d'emblée : il n'y a pas une ligne de dialogue. Plonger dans Petit Bonhomme, c'est donc avant tout se focaliser sur les dessins. Par contre, il y a tout de même quelques phylactères lorsque certains personnages communiquent. A l'intérieur ? D'autres dessins. Exemple, une femme montre le ventre d'une autre femme avec, dans le phylactère, un bébé qui pleure, barré. On comprend que la femme n'est pas tombée enceinte. Tout cela pour dire qu'effectivement, il n'y a pas de dialogue mais que les auteurs parviennent largement à se faire comprendre.

Côté scénario/intrigue, on a beau ne pas avoir de mot, on a bien une histoire. Nous suivons Petit bonhomme et ses milles aventures qui vont le faire rencontrer plusieurs personnages et le faire passer par autant d'émotions. Durant son périple, il découvre tour à tour la guerre, l'amour, la maladie, le deuil, la solitude et bien d'autres choses. Cette approche est d'ailleurs l'une des grandes forces du titre. Il y a de l'absurdité et en même temps, on met en avant des choses fortes et bourrées de sens. C'est un titre qui n'a de cesse de surprendre tant il a le chic pour mélanger les approches et prendre le lecteur à contrepied. Prenons un exemple. De mon point de vue, rien à lire + explication de l'apparition de la vie et de l'évolution des espèces + dessins délurés = idéal pour un enfant. Et pourtant, une scène au beau milieu du livre te fait bien comprendre que ce n'est pas pour les enfants (une scène qui va sans doute faire parler d'ailleurs) et, paradoxalement, sans jamais abandonner les dessins mignons tout plein.

 

Vous l'aurez compris, avec une telle approche, il faut forcément que les dessins soient irréprochables. Pas de problème, ils le sont. La mise en scène, le découpage, les dessins, la colorisation... tout est génial. Gregory Panaccione a un trait assez unique qui nous permet de découvrir un univers la fois loufoque, déroutant et en même temps qui regorge de sincérité. De plus, le dessinateur a incorporé pas mal de détails (coucou, Astérix) sur certaines planches. Les amateurs de ce genre de références cachées devraient donc y trouver leur compte. Scènes sombres et tristes ou plus luminueuses et joyeuses, Panaccione sait comment s'y prendre pour notre plus grand plaisir. Résultat, on s'attache fatalement à ce petit bonhomme auprès de qui on est heureux de faire le voyage.

Si vous désirez vous procurer ce titre et soutenir MDCU par la même occasion, n'hésitez pas à passer par ce lien.

En Résumé

Points forts

- Un récit muet
- Quelques références dissimulées
- Les thèmes abordés
- La partie graphique, irréprochable

Points faibles

Absolument aucun.
5/5

C'est un GROS coup de coeur !

Jeff

Fondateur de MDCU, ancien présentateur de l'émission Côté Comics, maître de conférence depuis 2010.

Commentaires

  • Ok mais quel rapport avec MDCU ?
  • On l'a expliqué il y a quelques temps, je te le remets ici : "Pourquoi en parler sur MDCU ? A l'origine (il y a quelques mois), l'idée était surtout de soutenir ce nouvel éditeur malgré le fait que les titres proposés ne soient pas des comics. Aujourd'hui, je pense surtout qu'il serait peut-être temps de "sauter le pas". Ainsi, 2026 sera l'année de l'ouverture. Bien sûr, il n'y aura jamais 33% franco-belge, 33% manga et 33% comics. MDCU restera centré sur les comics mais avec cette petite porte ouverte qui nous permettra, au besoin, de parler de choses qui nous tiennent à coeur et/ou que nous jugeons importantes. Dans les faits, nous l'avons déjà fait en de très rares occasions comme lorsque nous avons abordé Laurel et Hardy ou encore Astérix en Lusitanie. Ici, nous allons donc plus parler d'officialisation".
  • ahahah on va peut être finir un jour par aborder la vingtaine de romans "tarzan" et le fait que les gens pensent à tort que toute la mythologie autour du héros vient des comics!
  • Super, vous parlerez un peu de Komics initiative, alors ? :D (c'est une vanne, hein ! Je trouve que l'ouverture d'esprit permet de mieux apprécier les comics en retour)
  • Il faut parler des omnibus Mickey aussi et dans son univers impitoyable dans le comics.
  • Là pour le coup, il faut m'oublier. Je n'ai jamais eu un seul Mickey entre les mains. J'y connais que dalle ^^. Mais si un membre de l'équipe est chaud pour en faire un article, je n'ai rien contre :).
  • ? On n'a jamais été fermé à Komics Initiative. J'avais juste dit à l'époque qu'il était impossible pour nous de relayer chaque nouvelle campagne. Tout comme nous ne parlons pas de chaque festival BD mis en place chaque année aux quatre coins de la France (sauf ceux dans lesquels nous intervenons, forcément). Cela serait trop chronophage. Contacte-moi par e-mail que l'on en discute un peu :) : [email protected]
  • Complètement d'accord avec toi sur l'aspect graphique de l'album (couleur, mise en page, chara design) mais passer sous silence la scène de viol au milieu de l'ouvrage me semble manquer d'honnêteté intellectuelle au milieu de toutes ces louanges. Nous avons là une tribu de femmes qui endorment littéralement les hommes pour les faire bander et leur imposer un rapport sexuel ET une paternité. Que cette scène existe, pourquoi pas, mais qu'elle ne soit pas adressée par la suite comme un rituel archaïque par exemple, pose soucis. Tout est oublié car ... l'amour ! ? Ne pas en parler revient à banaliser cette scène et son impact.
  • ? Elle n’est pas passée sous silence. Je n’utilise pas le mot viol mais je dis bien qu’il y a une scène qui tombe sans crier gare et qui retire le titre de la catégorie enfant. Après, tu sembles dire que ce que les auteurs ont fait là est horrible et que cela doit être dénoncé. Oui… ´fin en même temps le titre retrace un peu l’historique de notre planète avec la création, l’évolution. Et sur notre planète, il y a des guerres. Et dans les guerres, des viols. Je pense qu’il faut voir au-delà de la simple scène de sexe. Par exemple, j’ai trouvé très interessant que les personnages ne communiquent vraiment qu’après ces scènes là. Comme si la guerre et le viol renvoyaient aux animaux ou à une époque antérieure au langage et à la civilisation. J’ai trouvé le message plutôt beau. Cru dans le sens où on te le balance à la figure, mais beau.
  • Quant au fait que cela soit très vite oublié, c’est vrai que cela m’a interpellé aussi. Mais en même temps, ce n’est pas ça une amnistie ? Mettre fin à TOUTES les rancœurs du jour au lendemain comme si rien ne c’était passé ? Bien sûr, je le vois comme ça car pour moi, ce passage retrace avant tout les guerres de notre planète. Si tu vois le viol comme un viol et rien d’autre, je pense que le fait de tout oublier en deux secondes passe moins bien.
  • Oula, armistice. Pas amnistie.
  • Merci Jeff!

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