La critique par MDCU Sans spoilers
THOR
Réalisé par KENNETH BRANAGH
Avec
CHRIS HEMSWORTH dans le rôle de Thor
NATALIE PORTMAN dans le rôle de Jane Foster
ANTONY HOPKINS dans le rôle de Odin
Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…
Sortie prévue le 27 avril 2011.
[img]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1303072314.jpg[/img]
Dernier héros en date à être adapté sur les écrans de cinémas, Thor débute sur Terre dans une intro où l’on nous pose les premiers personnages : Jane Foster et ses acolytes. D’entrée de jeu, Kenneth Branagh nous prévient ici qu’il n’est pas là pour seulement en mettre plein la vue mais bel et bien pour développer ses personnages et leurs relations.
Une mise en bouche pour la suite des évènements, car cette scène d’intro se conclut par l’arrivée de notre héros sur Terre. Ensuite, rapidement nous revenons en arrière et nous revoilà à Asgard pour reprendre l’histoire à son commencement : La guerre entre les Géants de glace et les Asgardiens.
Dans Thor, Kenneth Branagh n’est pas là pour faire un film de divertissement teenage « pop-corn ». Alors certes, vous me direz que c’est le but premier de Marvel, mais je vous répondrai que cette fois, il semblerait que Marvel ait laissé les pleins pouvoirs à son réalisateur et ça s’en ressent dans le récit.
En effet, Thor n’est pas une succession de plans tous plus fous les uns que les autres (le cliché type du blockbuster américain). Non, l’intérêt est tout autre. Thor est une leçon sur l’humilité, l’humilité que va apprendre son héros et qui va lui donner ce statut. Une leçon sur les relations père-fils, sur les liens du sang.
[img]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1303072515.jpg[/img]
Jeune homme arrogant et effronté, Thor, banni pour avoir tenu tête à son père va se découvrir une humilité insoupçonnée, et une grandeur dans son cœur qui vont l’amener à un nouveau statut : celui de héros.
Dès le départ, la promo a voulu mettre l’accent sur les effets spéciaux, sur le coté blockbuster du film, à tel point qu’elle à finit par se mettre une partie du public à dos, un public qui n’y voyait là qu’un énième film de super-héros à la sauce Marvel.
J’avais de nombreux aprioris sur ce film suite à la campagne promotionnelle, je partais dès lors convaincu, et ne m’attendais pas à grand chose, à part un film superbe sur le plan esthétique, mais navet dans sa construction … mais j’avais Thor euh tort … (promis je n\'en fais plus) .
Comme dit plus haut, le film se concentre sur les relations, et c’est ce qui fait sa force. Le scénario prend le temps de développer les personnages, même ceux que nous pourrions juger de « secondaire ». Tout tourne bien sûr autour de Thor, ses relations, son histoire, son passé, et nous prenons plaisir à le voir s’épanouir sur Terre, et nous apprenons avec lui.
Kenneth Branagh réussit le pari fou de développer en profondeur le premier super-héros Marvel. Après de nombreux films pop-corn et grâce au talent du britannique, Marvel tient surement là son plus grand film.
Avec un casting des plus intéressants, Thor a su également mettre les moyens pour réussir, Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins … un beau panel pour cette affiche.

L’interprétation de leur personnage respectif est juste parfaite. Chris Hemsworth détesté au début de l’histoire, arrive à reverser l’opinion sur son personnage au point d’en devenir attachant.
Portman dans le rôle d’une scientifique un peu folle, prête à tout pour ses recherches, un rôle sur-mesure, dans une interprétation des plus justes. Et je finirai cette parenthèse sur Hopkins dans le rôle d’un Odin vieillissant, qui nous livre ici une prestation shakespearienne très poignante d’un père tiraillé entre la volonté d\'accomplir ses devoirs de roi et ses devoirs de père.
La Bande Originale de Patrick Doyle apporte également beaucoup au récit. Doyle nous livre ici une partition assez éloignée de ce qu’il a l’habitude de faire, mais il arrive à retranscrire toute la grandeur d’Asgard dans des thèmes forts et puissants.
Il arrive très bien à jouer sur les deux registres, d’une part nous montrer la puissance d’Odin, de sa cité, des ses fils, tout en nous prenant aux tripes en nous décrivant dans des thèmes lents, la fragilité et les tensions des relations père-fils / fraternelles.
Coté scénario et mise en scène, le talent de Kenneth Branagh n’est plus à démontrer, il sait poser sa caméra et mettre en avant ses personnages. D’une cité immense ou en quelques plans nous ressentont vraiment cette grandeur, il arrive en tout aussi peu de plans à nous ramener à la « réalité » et nous faire partager les sentiments de Thor sur Terre en filmant des choses bien plus banale. Cette alternance sur cette façon de réaliser entre la cité d’Asgard et la Terre accentue le sentiment d’humilité qui doit être inculqué à notre héros. D\'une cité propre, prospère, luxuriante, on se retrouve en plein désert du nouveau Mexique où le sable s’étale à perte de vue. Un parallèle des plus intéressant pour bien faire comprendre au spectateur le ressenti de Thor.
Bref, des plans utilisés pour mettre en valeur notre héros et ses sentiments et non pas pour en mettre plein la vue au spectateur lambda.
[img]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1303072755.jpg[/img]
D’ailleurs la structure du film est très significative de cette volonté de développement de l’histoire et des relations. Le premier tiers du film met l’accent sur le coté action / épique, tandis que le reste met plus en avant le changement de notre héros et donc un voyage initiatique.
Petit aparté, grande mode actuelle, j’ai pu voir le film en 3D et en VO (je ne jugerais donc pas le doublage ici) ; certes le film n’a pas la profondeur d’Avatar, mais il reste néanmoins très agréable à l’œil, et on ne ressort pas avec cette impression de mal de tête persistante. La 3D apporte réellement un plus, notamment sur les long travelling dans l’immensité d’Asgard ainsi que lors des combats titanesques.
Pour finir Thor semble donc être bien parti pour relever la filmographie Marvelien, on regrettera peut-être qu’il ait fallu attendre tant de temps pour qu’un héros puisse bénéficier d’une adaptation de ce nom. Néanmoins, un doute persiste de mon côté quant à sa rencontre avec le succès (qu’il mérite). Thor n’étant pas un personnage qui fasse vendre autant qu’un Spider-Man ou un Iron Man, le public risque peut-être de le bouder, chose qui serait regrettable au vue de la qualité de ce film et qui amènerait Marvel à se concentrer sur des films moins développés mais plus tout public à l’image de Spider-Man 3.
Je conclurai donc sur une phrase simple : je pensais être déçu avant même d’avoir vu ce film, m’étais fait mon avis, et pensais m’y tenir, mais j’avais réellement Thor. Marvel tient enfin son film de super-héros ! Thor est sans conteste la plus grosse réussite de Marvel.
PS : Un petit conseil, restez après le générique, la force de Marvel réside dans sa volonté de rattacher ses films les uns aux autres, et la scène post-générique fait partit de cette démarche. Donc ne loupez pas ça :)


Commentaires