\"Le comics est devenu un marché qui progresse\"
On le sait depuis quelque temps, Panini Comics a perdu les droits pour DC à partir de janvier 2012 et c\'est les éditions Dargaud qui prendront le relais.
Toujours pas d\'annonces concrètes de leur part hormis un communiqué de presse qui confirme que l\'éditeur continuera les publications en kiosques. On prend donc ce qu\'on peut prendre et on vous propose aujourd\'hui une interview du directeur général de Dargaud, Claude Saint Vincent, réalisée par BFM Business. Celui-ci appuie le fait que les comics sont en expansion en France grâce aux films qui marchent bien, mais qu\'ils ont encore du mal à se faire une place sur le marché de la bande dessinée.
[img]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1311862460.jpg[/img]
Grégoire Favet : La folie comics est une réalité. On le voit au cinéma mais, également en version papier. Le film Captain America a mis littéralement KO Harry Potter au box-office américain. (…) Le week-end dernier à San Diego, c’était la grande convention de tous les fans de comics, et même au-delà : on parle de \"culture geek\". Il s’agissait, je crois, de la 42e édition. Aux États-Unis, cette folie comics est une réalité : n’a-t-elle jamais faibli ?
Claude de Saint Vincent : Non. Le comics est une culture américaine très ancienne. Elle a été ressuscitée et multipliée grâce à l’accès à l’audiovisuel. L’imaginaire des auteurs de comics est sans limites. La technique aujourd’hui permet de la reproduire fidèlement au cinéma ; cela a donc donné une nouvelle vitalité à ce secteur.
Il y a eu la transcription au cinéma des héros les plus populaires, mais aujourd’hui on va même aller chercher des héros qui ne sont pas les plus connus du grand public - j’entends du grand public français...
Effectivement. Aujourd’hui, le cinéma français est à la remorque du cinéma anglo-saxon : à ce titre-là, les héros américains deviennent peu à peu des héros européens grâce au cinéma.
Pour l’éditeur que vous êtes, on a là un gisement. Vous avez signé un partenariat avec DC Comics, l’une des deux ou trois plus grandes firmes de comics américaines.
On peut dire l’une des deux, puisque DC Comics et Marvel, les deux grands concurrents historiques et amis sur le marché américain, étaient tous deux distribués par Panini jusqu’à présent. Évidemment, cela ne convenait pas forcément aux deux éditeurs américains. DC Comics s’est donc associé à Dargaud pour publier à partir de l’année prochaine leurs héros - aussi peu connus que Batman, Superman ou Wonder Woman….
Vous avez donc exploité ce filon des comics. En France il y a une petite percée des comics dans les années 70-80, puis l’étincelle s’est un peu éteinte. Repart-elle aujourd’hui ?
Voilà. Il s’agissait de lecteurs anciens fidèles, mais peu nombreux. Puis peu à peu, avec l’arrivée de ses héros au cinéma, le comics est devenu un marché qui progresse. Aujourd’hui, il doit représenter 4 ou 5 % du marché de la bande dessinée. Comparé aux 30 % du manga, c’est encore une culture minoritaire, mais on voit que ce genre est en progression alors que le manga aujourd’hui plafonne.
Avez-vous l’ambition d’amener le comics au niveau du manga ou reste-t-on sur une niche encore différente, peut-être moins abordable pour la culture européenne ?
Il était difficile de prévoir que le manga serait abordable pour la culture européenne. Il a fallu quinze, presque vingt ans pour arriver à faire un tiers du marché pour le manga. Il faudra du temps pour que le comics arrive à cette altitude-là. Néanmoins, on voit bien qu’il est porté par un fort courant populaire : il y a un nouveau Batman qui va sortir l’année prochaine, un nouveau Superman l’année suivante…
C’est aussi un genre littéraire qui se décline en presse, puisque 2012 coïncide avec la décision de DC Comics de relancer tous ses héros à partir d’un numéro un en les reformatant, peut-être en changeant un peu leur univers. On aura donc 50 nouveaux numéro 1 de presse qui vont sortir l’année prochaine.
(...)
Commentaires