La revue d'une année.
Après l’analyse positive de Seigneurhp, c’est maintenant à mon tour de livrer une critique de Batman, celle-ci sera à la différence de mon collègue relativement négative.
Le début de l’histoire est très intéressant dans l’optique de Snyder : ce dernier désire remettre en avant la symbiose entre Batman et Gotham City, c’est une véritable obsession pour lui puisque la plupart de son (petit) travail sur les titres Batman jusqu’à présent ont apporté une vision de Gotham, de ses habitants et surtout de l’importance de l’Homme Chauve-Souris dans cette univers. La volonté est admirable et est saluée compte tenu de la rareté relative d’une telle entreprise cependant le tout est assez cliché. On nous livre un texte très « série noire » sans pour autant y apporter la profondeur nécessaire. Snyder au lieu de s’intéresser à Gotham, d’en approfondir l’âme fait un choix de facilité en désirant construire SES légendes, SON univers et SON Histoire de la ville ce qui tout en étant d’une certaine manière courageux reste tout de même un danger réel puisqu’il s’abstient de toute une part du background de l’univers. Nous avons donc un tout nouvel ennemi ou en tout cas une toute nouvelle organisation, Snyder se concentrera sur ces premiers chapitres à rendre cohérente l’introduction de celle-ci dans le Batverse mais force est de constater avec le recul que l’on peut avoir aujourd’hui que la chose est des plus superficielles. Nous avons affaire à une greffe qui a vraiment du mal à prendre mais sur laquelle on s’acharne obstinément en raison du culte voué par une part des (nouveaux ?) fans sur l’auteur. La mise en place est maladroite, agressive. L’organisation sort de nulle part et ce retcon fait à plus d’un titre mal au coeur. En se détournant des intentions pour se concentrer sur l’organisation, il faut cependant saluer le travail narratif de Snyder. Le tout est très dynamique, les dialogues très bons et nous suivons avec beaucoup de souffrance le combat que livre Batman contre ses ennemis. Le scénario pour le coup est très bien ficelé avec certes un schéma très classique (on part du point A pour aller au point B le tout entrecoupé de flashbacks) mais reste très efficace. Ainsi nous pouvons saluer le passage du labyrinthe qui est très bien réalisé et nous livre une immersion totale. A ce sujet, on peut saluer le travail de Capullo qui excelle dans ce passage en prenant un malin plaisir à nous perdre. Le dessinateur montre ses formidables capacités lorsqu’il se concentre et apprécie une idée, toutefois on peut déplorer le manque de rigueur sur de très nombreuses planches, notamment les planches mettant en scène des civils où le travail sur les expressions et les visages (les yeux notamment totalement vides) doit absolument être corrigé.
Le cross-over, soyons honnêtes, est une véritable purge. Nous avons affaire dans la majorité des titres à de simples « versus » sans grand intérêt, la chasse à l’homme est très mal gérée même si sur ce petit point le titre Batman s’en sort mieux, le combat dans le Manoir Wayne est ainsi très bien géré, surtout par Capullo qui nous montre ses talents de mise en page (que l’on pouvait déjà connaître à la lecture du titre précédent). Le Manoir devient LE labyrinthe des Hiboux cette fois et la course-poursuite est extrêmement plaisante à suivre, au –delà de cela le reste est très vague et la conclusion des plus moyennes. L’annual est lui médiocre, le personnage de Mr Freeze est totalement massacré, toute l’essence du personnage est vidée, il est fade, stupide. Là où nous avions un vilain qui dénotait avec ce à quoi nous pouvions avoir affaire habituellement, nous avons ici un ennemi lambda avec une origin story pitoyable. Quid de la mélancolie profonde du personnage ? Quid du parallèle avec Bruce Wayne ? Quid de la profonde poésie qu’un tel personnage a apportée tant dans les comics que dans les séries TV ? Plus rien. Alors que ce personnage n’arrivait pas à faire le deuil de sa femme, voilà que nous sommes forcés à faire le deuil de ce dernier …
Un numéro intéressant. Nous avons face à nous un nouveau personage (encore ?) mais son introduction est des plus amusantes, on sent que Snyder joue avec nous et essaye de tâter le terrain pour, pourquoi pas, nous livrer encore une sensation dans son titre, au moins a-t-il le mérite ici de le faire avec une qualité certaine mais il ne faut absolument pas qu’il s’arrête là. [conclusion=3][/conclusion] [onaime]- Des dialogues globalement bien gérés. - Un combat dans le labyrinthe somptueux. - Le Batman de Capullo génial. - Un titre qui reste un cran au-dessus de ce qui se fait aujourd'hui majoritairement chez DC. - un très bon climax ... [/onaime][onaimepas]- ...mais des conclusions ratées et trop de choix malheureux. - Un dessin inégal. - Une volonté sensationnaliste.[/onaimepas]
L’équipe créative
Scott Snyder est un scénariste américain s’étant illustré sur plusieurs titres tels qu’American Vampire, Detective Comics, ou Swamp Thing. Chacun de ces titres n’étant pas sans qualités. L’un de ces travails les plus récents, Black Mirror, sur le personnage de Batman, a été grandement salué par la critique. Depuis le reboot de DC, Scott Snyder travaille sur le titre Batman, avec la collaboration de Greg Capullo, au dessin. Ce dernier fut notamment connu pour son travail sur Quasar (1991–1992), X-Force (1992–1993), Angela (1994) et Spawn (1993–1999, 2003–2004), ou encore pour la création de The Creech publié par Image Comics…The Court of Owl ( partie 1)
(Batman #1- #7)
Le début de l’histoire est très intéressant dans l’optique de Snyder : ce dernier désire remettre en avant la symbiose entre Batman et Gotham City, c’est une véritable obsession pour lui puisque la plupart de son (petit) travail sur les titres Batman jusqu’à présent ont apporté une vision de Gotham, de ses habitants et surtout de l’importance de l’Homme Chauve-Souris dans cette univers. La volonté est admirable et est saluée compte tenu de la rareté relative d’une telle entreprise cependant le tout est assez cliché. On nous livre un texte très « série noire » sans pour autant y apporter la profondeur nécessaire. Snyder au lieu de s’intéresser à Gotham, d’en approfondir l’âme fait un choix de facilité en désirant construire SES légendes, SON univers et SON Histoire de la ville ce qui tout en étant d’une certaine manière courageux reste tout de même un danger réel puisqu’il s’abstient de toute une part du background de l’univers. Nous avons donc un tout nouvel ennemi ou en tout cas une toute nouvelle organisation, Snyder se concentrera sur ces premiers chapitres à rendre cohérente l’introduction de celle-ci dans le Batverse mais force est de constater avec le recul que l’on peut avoir aujourd’hui que la chose est des plus superficielles. Nous avons affaire à une greffe qui a vraiment du mal à prendre mais sur laquelle on s’acharne obstinément en raison du culte voué par une part des (nouveaux ?) fans sur l’auteur. La mise en place est maladroite, agressive. L’organisation sort de nulle part et ce retcon fait à plus d’un titre mal au coeur. En se détournant des intentions pour se concentrer sur l’organisation, il faut cependant saluer le travail narratif de Snyder. Le tout est très dynamique, les dialogues très bons et nous suivons avec beaucoup de souffrance le combat que livre Batman contre ses ennemis. Le scénario pour le coup est très bien ficelé avec certes un schéma très classique (on part du point A pour aller au point B le tout entrecoupé de flashbacks) mais reste très efficace. Ainsi nous pouvons saluer le passage du labyrinthe qui est très bien réalisé et nous livre une immersion totale. A ce sujet, on peut saluer le travail de Capullo qui excelle dans ce passage en prenant un malin plaisir à nous perdre. Le dessinateur montre ses formidables capacités lorsqu’il se concentre et apprécie une idée, toutefois on peut déplorer le manque de rigueur sur de très nombreuses planches, notamment les planches mettant en scène des civils où le travail sur les expressions et les visages (les yeux notamment totalement vides) doit absolument être corrigé.

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