Snikt au pays du soleil levant
Mes chers amis, aujourd’hui je vous propose une excursion dans des contrées qui nous sont encore inconnues. Nous allons faire un petit tour dans le Marvel Universe des années 80, ce voyage nous emmènera d’abord au Canada puis au Japon. Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps, j’imagine que de voir Marvel, Canada et Japon dans la même phrase vous a mis la puce à l’oreille… oui, nous allons aujourd’hui parler du mutant à l’ossature métallique : Wolverine.
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Le ton est donné, on a bien affaire au personnage que l’on connait bien, ou tout du moins comme on le connait à l’époque. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, mais comme vous le savez, Wolverine est le plus vieux des X-men de seconde génération et il y a un vrai écart entre lui et les autres niveau âge. C’est le plus bestial d’entre eux et il n’a jamais été montré comme quelqu’un réfléchissant avant de foncer dans le tas. En clair, c’était la «powerhouse» de l’équipe, certainement la plus grosse force de frappe de cette jeune formation.
D’ailleurs petite précision d’entrée, cette mini-série en 4 épisode est la première entièrement vouée au personnage mais ne propose en aucun cas une origin-story, elle s’inscrit clairement dans les évènements de son époque et l’on peut trouver une sorte de suite directe à cette dernière dans Uncanny X-men 172 et 173.
Notre périple nous mène d’abord au Canada natal de notre ami. Nous le suivons d’ailleurs lors d’une confrontation avec un Grizzly. Cette confrontation et un passage dans un bar servent à poser le personnage. Pour nous lecteurs «des temps modernes» cela nous permet de nous replonger immédiatement dans le statut du personnage de l’époque, c’est bien écrit et toujours intéressant à lire. Je ne répéterai d’ailleurs pas cette phrase tout au long de cet article, mais sachez que c’est valable pour les quatre chapitres constituant cette série limitée. Nous avons affaire à du grand Chris Claremont, tous les dialogues sonnent très justes, ils font tous avancé le dialogue et décrivent très précisément les rapports entre les personnages et leur évolution au cours de ces quatre numéros.
Du côté graphique, il y a vraiment un très gros travail de Frank Miller également. C’est très coloré et vraiment dans le style de l’époque, on sent vraiment que c’est sorti au début des années 80 et c’est un gros point fort pour le titre, car je pense que si on avait eu un McFarlane sur le titre, ça n’aurait vraiment pas rendu aussi bien.
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J’ai décidé de ne pas trop aborder l’histoire au cours de cet article car l’histoire est vraiment un gros coup de cœur pour ma part, et je suis certain que c’est une série limitée qui devrait plaire au plus grand nombre. On y suit Wolverine retournant au Japon, il va tenter de retrouver sa bien-aimée Mariko Yashida mais sera vraiment surprit lorsqu’il apprendra qu’elle est maintenant mariée et que ses obligations familiales l’emprisonnent.
Je ne vous raconterai rien de plus, sachez juste qu’il y a des ninjas, des samurais, une tueuse professionnelle, de l’amour, des trahisons, des responsabilités, et bien plus encore.
Comme vous l’aurez comprit, ce récit est un condensé de sentiments. Miller et Claremont nous les font passer avec brio. Les dialogues sonnent toujours très juste, il y en a très peu qui sont inutiles et le lien entre nous lecteurs et ces personnages s‘établit très facilement. En plus de cela, Frank Miller a fait du très bon travail, les personnages sont très expressifs, et il excelle à la fois dans les scènes calmes et les scènes d’action. Les angles choisis sont toujours judicieux et certaines perspectives semblent vraiment sublimer l’action se déroulant sous nos yeux.
Avant de passer au traitement du personnage, il me faut insister sur un point qui m’est assez cher. En tant que grand passionné des cultures américaine et asiatique (japonaise et chinoise en particulier), j’ai réellement adoré cette série limitée car les deux bonshommes maîtrisent vraiment leur sujet. On a bien un certain choc des cultures, d’abord par le fait que Wolverine soit un «gaijin» pour les japonais (un étranger), mais c’est également une bête parmi les hommes, ce qui nous fait donc une sorte de double choc culturel. Ce choc des cultures dans ce comic book est parfaitement mis en lumière par le boulot des deux artistes qui se sont vraiment documenté pour réaliser cet ouvrage. On retrouve énormément de références à la culture japonaise, que ce soit le théâtre traditionnel ou dans les propos qu’ils tiennent. L’histoire qui semble au départ n’être qu’une nouvelle histoire avec Wolverine se transforme en véritable film de samurai. Dans la mise en scène de l’action, il apparaît évident que ces deux là on dû se bouffer quelques films du maître Akira Kurosawa avant de s’atteler à la tâche, et bien leur en a prit car ils ont parfaitement saisi l’essence de ses œuvres qui pourrait leur servir dans la mise en place d’un comic book centré sur ce personnage. Les références à la culture japonaise sont en tout cas nombreuses et les initiés verront forcément ce dont je viens de vous parler tellement ça saute aux yeux. Pour les gens qui ne connaissent pas grand-chose à cette culture, ils ne seront pas perdus car il se dégage de cette histoire une forte impression d’exotisme au final très rafraîchissante car la majeure partie de la production actuelle de Marvel se passe soit sur le continent américain, soit dans l’espace ! Beaucoup de scènes utilisent aussi très habilement les jeux de lumières et notamment les contrastes clair-obscur, concept très important dans la culture bouddhiste asiatique.
Je n’irai pas plus loin dans les détails concernant la culture en elle-même, mais on a presque l’impression que Frank Miller a fait un voyage au Japon pour l’occasion tellement visuellement c’est convainquant ! Les bâtiments sont très bien représentés, vous me direz que des photos, ça se trouve facilement, mais là où il fait fort, c’est dans le réalisme des intérieurs. Dans toutes les scènes en intérieur, on se retrouve vraiment au sein de maisons japonaises typiques. Dans la culture nippone, le vide a son importance et c’est un des principes de base de la composition des intérieurs qui sont sensés être très épurés, constitués de beaucoup de lignes de séparation droites. Il y a de manière générale très peu de courbes dans les intérieurs japonais classiques et ce grand principe est totalement respecté par Miller. Il suffit même de jeter un œil aux ornements qu’il place au sein des maisons pour se rendre compte que ce gars là à tout comprit tant cela semble réaliste.
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Bien entendu, je suis vraiment rentré dans les détails avec ce paragraphe précédent, et les personnes ne sachant pas tout ça ne le remarqueront certainement pas, mais c’est un point vraiment intéressant car au final, le cadre est vraiment respecté. Pour ma part, je suis vraiment sensible à ce genre de détail, surtout lorsque ça concerne un pays ou une culture qui me passionne car je trouve que de manière générale, les pays et lieux hors continent américain exploités dans les comic book sont à tort réduits à leur plus simple expression. Il suffit de voir comment la France est perçue, la plupart du temps elle est réduite à la Tour Eiffel, Montmartre et les grands boulevards du baron Haussman du XIXè. Ah non, j’allais oublier l’exception Batman Incorporated qui nous propose un Clichy-sous-Bois…. à mille lieues de ce qu’est cette ville en réalité (Grant Morrisson avait dû l’utiliser juste parce qu’il lui est arrivé de tomber sur BBC News en 2005 et pour pas dire «Paris» quoi…). Enfin bref, ne nous égarons pas.
Il me faut maintenant aborder maintenant le character development du principal intéressé ! La situation initiale est simple : Wolverine est un animal dans le corps d’un homme, c’est le plus vieux et le plus brutal des X-men, mais c’est également très rapidement devenu un « fan’s favorite » pour cette bestialité qui, il faut bien l’avouer, fait parfois vraiment plaisir à voir. Là, où Claremont et Miller font fort, c’est justement qu’ils vont totalement briser cette image en environ 80 pages et réorienter le personnage dans une nouvelle direction.

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