La saga qui a inspiré The Dark Knight Rises
Aujourd’hui, à l’occasion de la sortie en DVD collector de «The Dark Knight Rises», nous allons nous atteler à la review du deuxième tome consacré à la saga «Batman : Knightfall», saga qui rappelons-le a inspiré le dernier opus de la trilogie de Christopher Nolan.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous rappelle que vous pouvez (re)lire la review du premier tome en cliquant ici.
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Synopsis : Bane vient de briser Batman ! Gotham est à sa merci. Son Chevalier Noir est déchu. Mais si Bruce Wayne est hors d'état de combattre, un autre justicier va reprendre l'uniforme et se dresser face aux hordes de Bane.
(Cet album contient Batman #498-500, Detective Comics #664-666, Showcase '93 #7-8, Batman : Shadow of the Bat #16-18 et Justice League Task Force #5-6).
Date de sortie : Paru le 16/11/2012.
Prix : 28€.
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Et le concept marche ! D’abord, l’ambiance tragique qui se dégage du récit (du moins son début) rend vraiment la lecture prenante. Voir notre Batman brisé, détruit, sanguinolent et lutter pour sa vie ne peut-être qu’intense d’autant qu’on voit également la réaction de ses proches notamment Alfred et Robin qui semblent plus dévastés que jamais.
Mais c’est surtout la réaction de l’intéressé qui est très riche en émotion : Bane n’a pas seulement brisé le héros physiquement, il l’a aussi vaincu sur le plan mental. Batman est totalement dévasté par sa défaite et on voit alors que le héros a quasiment tout perdu et qui doit petit à petit réapprendre à vivre, à s’habituer à son nouveau statut et se trouver un nouveau but dans cette nouvelle vie qui s’offre à lui. Malgré cela, il faut à Gotham un protecteur et c’est là que Bruce décide de désigner Jean-Paul Valley alias Azrael.
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Un nouveau Batman donc mais un Batman bien plus noir, bien plus dangereux et bien plus violent. Exit le talent, l’intelligence et la finesse de Bruce Wayne et bonjour le beau ténébreux qui castagne tout le monde ! Car oui, Jean Paul Valley ne fait pas dans la dentelle et Robin tente tant bien que mal de le modérer. Les relations entre les deux personnages fonctionnent bien et il faut admettre que Valley en impose dans son rôle. Certes, il n’est pas aussi charismatique que DC aurait voulu nous le vendre mais ses idées, des objectifs et les moyens qu’il emploie montrent avant tout ce qui fait la force de Batman. Batman ne tue pas et protège avant tout les innocents alors qu’Azrael lui continue de se comporter comme la main vengeresse qu’il est : il est là pour punir et non pour protéger et on le sent plusieurs fois tenter de dépasser la ligne rouge qu’avait fixée Bruce Wayne.
Une vision qui est donc très intéressante et une nouvelle fois, les auteurs se concentrent beaucoup sur l’homme. Bruce Wayne, Jean-Paul et même Tim Drake : leurs personnalités sont très creusées de mêmes que leurs motivations et leurs doutes.
Evidemment, tout le tome est construit sur l’attente de la confrontation entre ce nouveau Batman et Bane. Mais cette confrontation n’arrive pas tout de suite et Jean-Paul Valley se fait d’abord la main sur Scarecrow lors de l’arc «God Of Fear». Un arc qui s’avère plus que correct et qui met bien en avant la folie mais également le passé de Scarecrow. On y voit aussi apparaître un personnage assez méconnu et aux motivations obscures : Anarky !
Malheureusement, ce tome traîne en longueur lors de certains passages. Déjà au début du tome, la rémission de Bruce paraissait longue et l’histoire avec Double-Face le concernant lui et Tim était à mon sens assez inutile en plus d’être inintéressante et conçue sur un concept plus que léger. De même, la seconde partie du tome est basée sur l’attente de la confrontation avec Bane or elle met encore une fois beaucoup de temps à arriver. Si les relations entre Tim et Jean-Paul rendent le tout moins longuet et intéressant, j’avoue que les scénaristes se sont reposés sur quelques facilités scénaristiques pour gagner du temps. Ainsi, l’arc mettant en scène Scarecrow, même s’il est bon, aurait lui aussi pu être raccourci.
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Une fois passées ces diverses histoires, nous arrivons enfin à ce qui nous intéresse, à savoir l’action, le sang et la violence (oui, dit comme cela, ça peut faire peur…). Ainsi, les deux protagonistes de l’histoire se rencontreront d’abord une première fois et disputeront un premier combat assez violent. Cette rivalité finit par déboucher sur un affrontement final (point culminant de l’album) lors du 500eme numéro de la série «Batman». Ce 500eme numéro est très bien écrit et dégage beaucoup de tension. Les personnages sont bien écrits et cette rencontre finale est vendue de manière correcte et alléchante et notons aussi que c’est le dernier épisode qui soit dessiné par Jim Aparo, l’un des artistes ayant le plus longtemps officié sur le personnage, comme-ci cela donnait encore plus à cette histoire les impressions de «fin d’une ère et début d’une nouvelle».
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En effet, ce deuxième tome (notamment le 500eme épisode de la série «Batman») donne vraiment l’impression de la fin d’une ère, celle de Bruce Wayne, et le début d’une nouvelle : celle de Jean-Paul Valley. Les divers éléments rappelant le défunt Silver Age (le Bat-chien Ace qui par exemple fait une ultime apparition dans cette histoire) disparaissent définitivement et l’heure n’est plus aux histoires moralisatrices, fantaisistes et bariolées de couleurs mais à la noirceur, la violence. Une nouvelle ambiance incarnée par un nouveau type de personnage : l’anti-héros. En effet, le Batman de Valley (vêtu désormais d’un nouveau costume, plus moderne et plus orienté du côté des années 90) se place à la frontière du bien et du mal.
Question défauts, cet album en possède également. Outre les longueurs et facilités scénaristiques, c’est aussi le style de l’histoire qui peut sembler avoir vieilli. Nous retrouvons ce petit côté orienté «blockbuster des années 90» ainsi que les diverses répétitions de situation qui au final n’avancent pas vraiment (la relation entre Tim et Jean-Paul est un bon exemple). Malgré cela, ce tome est clairement moins orienté vers l’action que le précédent et c’est la psychologie des personnages qui est mise en avant. Bien-sûr, beaucoup y verront là la patte d’Alan Moore ou de Frank Miller même si certains diront que ce type de récit n’en est qu’une pâle imitation mais je trouve que c’est un bon point moi que de chercher à suivre leur exemple et à creuser les personnages. Après, je ne nie pas que certains monologues peuvent parfois paraître interminables.
Pour en terminer avec l’histoire, outre l’intrigue avec Jean-Paul Valley, notons également qu’une intrigue secondaire est développée autour de Bruce Wayne. Je ne dis rien là-dessus mais notre héros n’est pas oublié et j’ai aussi trouvé cette intrigue intéressante puisque nous découvrons un autre aspect de l’ami Bruce qui doit apprendre à continuer la lutte sans être Batman.
Enfin, pour en terminer avec cette critique, évoquons les dessins. Dessins qui sont d’une autre époque et qui possèdent un style rétro, très old-school et qui pourront de ce fait en repousser plus d’un. Or, globalement, le niveau reste correct. Evidemment, mention spécial à un Jim Aparo qui continue de livrer de superbes planches et notons que Graham Nolan est, lui aussi, pas en reste et s’est révélé être surprenant.
Malgré cela, les autres dessinateurs sont tout de même un cran en-dessous et j’avoue que certains passages (l’histoire avec Two-Face ou même celle avec Scarecrow) sont difficiles à suivre.
En conclusion, ce second tome n’est clairement pas un chef d’œuvre mais sa qualité reste très correcte. La saga a certes vieilli tant par son traitement (très orientée années 90) que par ses dessins mais n’oublions jamais qu’elle fut très novatrice en son temps. L’aspect dramatique est toujours là et avouons que cette histoire mise beaucoup sur la tension et les émotions qu’elle dégage.
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Si vous voulez en savoir plus sur Bane, vous pouvez également lire l’album d’Urban Comics (lui aussi sorti en Juillet 2012) consacré à ses origines : «La Revanche de Bane».
[conclusion=3,5][/conclusion]
[onaime]- La prestigieuse édition d’Urban Comics.
- L’aspect mythique et novateur de l’histoire.
- Un fond de tragédie avec la défaite de Bruce Wayne.
- Des personnages plus humains.
- Jean Paul Valley en Batman noir et violent.
- Le combat entre Valley et Bane.[/onaime][onaimepas]- Toujours quelques facilités scénaristiques.
- Certains chapitres inutiles et trop longs !
- Le style rétro des dessins qui pourra en rebuter plus d’un.[/onaimepas]
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