Absolute Martian Manhunter Tome 1

Synopsis

L'agent du FBI John Jones a un gros problème. Son cerveau a été infecté par une conscience extraterrestre qui se fait appeler « le Martien », et dont la perception de la réalité est totalement incompréhensible pour la psyché humaine. Il doit maintenant jongler avec ses enquêtes au Bureau, son quotidien banal de père de famille, et les incroyables délires psychédéliques qui parasitent ses pensées... tout en tentant de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez lui.
Contenu vo : Absolute Martian Manhunter #1-6

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Les avis (6)

  • LA surprise de la lignée Absolute. Un titre qui est passé de six (prévu par DC Comics à l'origine) à douze numéros devant le succès critique et commercial de la série. Personnellement, j'ai du mal avec les dessins qui ne mettront pas tout le monde d'accord. Cela dit... il y a clairement une volonté de proposer quelque chose de différent. On ne peut pas enlever ça aux auteurs. Ne jugez pas ce titre à sa couverture comme on dit. Il a mis beaucoup de monde d'accord et vous risqueriez de passer à côté d'un récit fait pour vous.
    Sauf changement de DC Comics, l'intégralité du récit devrait tenir en deux tomes.
  • C'est bizarre, c'est beau, c'est métaphorique par moments, très littéral par d'autres, parfois un peu des deux. Une narration assez basique mais efficace, transcendée par une narration visuelle extraordinaire, constamment bourrée de créativité et d'inventivité. Le meilleur titre de la gamme Absolute jusqu'à présent. Il ne plaira pas à tout le monde mais difficile pour moi de ne pas le recommander tout de même.
  • Peut-être la revisite la plus radicale de l'univers Absolute. L'album est conplètement psychédélique, et très intéressant. Pour moi, la série aurait gagné à être un peu plus resserrée, parce que j'ai un peu eu l'impression de tourner en rond par moment. Mais c'est une bonne pioche de l'univers Absolute !
  • Absolute Martian Manhunter Tome 1, publié par Urban Comics le 21 novembre 2025, regroupe les épisodes 1 à 6 de la série. Scénarisé par Deniz Camp et dessiné par Javier Rodriguez, cet album de 152 pages propose une réinvention psychédélique du personnage, dissociant l'agent du FBI John Jones de la conscience extraterrestre « le Martien » qui l'infecte. Ce tome constitue le premier acte d'une série initialement prévue en six numéros, mais étendue à douze épisodes grâce à son succès critique. Absolute Martian Manhunter – Tome 1 : Vision martienne Le concept Dans l'univers Absolute de DC Comics (lancé en 2024 avec Absolute Batman, Absolute Superman et Absolute Wonder Woman), Martian Manhunter est réinventé de fond en comble. La grande idée de Deniz Camp : dissocier John Jones (l'agent du FBI) et J'onn J'onzz (le Martien) en deux entités distinctes. Le « Martien » n'est plus un alien déguisé en humain, mais une conscience extraterrestre qui a infecté le cerveau de John après qu'il a miraculeusement survécu à un attentat-suicide à Middleton. L'histoire (épisodes 1 à 6) Épisode 1 : John Jones, agent du FBI à Middleton, survit à une explosion. Il commence à voir une fumée multicolore autour des gens et, lorsqu'il l'inhale, il revit leurs souvenirs. Une voix étrange se fait entendre dans sa tête : c'est « le Martien ». Épisode 2 : Le Martien (vert) prévient John d'une montée du désespoir, de la paranoïa et de la rage dans la population, causée par une autre entité — le « Martien blanc ». Un tueur de masse est stoppé, mais pas sans victimes. Épisode 3 : Les Martiens blancs agissent par le feu — 24 sans-abris sont brûlés vifs par 24 inconnus différents, simultanément. John et le Martien commencent à comprendre la mécanique de l'ennemi. Épisodes 4-6 : John jongle entre ses enquêtes, son couple qui se délite (sa femme Bridget) et son fils Tyler qui commence à se comporter de façon inquiétante. Le récit s'approfondit dans un polar SF tendu mêlé de drame familial. Le style graphique C'est le point le plus marquant du tome. Javier Rodriguez (dessin, couleurs et encrage) livre un travail psychédélique d'une richesse visuelle remarquable : des perspectives et des teintes qui explosent à chaque page, une vision kaléidoscopique qui traduit la perception martienne de la réalité. Les critiques comparent l'effet à un projet perdu de Steve Ditko ou à une série Vertigo. Le récit reste pourtant lisible — il emprunte des détours sans devenir labyrinthique.
  • Les couches thématiques L'identité fracturée La grande innovation de Deniz Camp : John Jones n'est pas J'onn J'onzz. Dans le canon DC, le Limier Martien est un alien déguisé en humain. Ici, le « Martien » est une conscience extraterrestre qui a infecté le cerveau de John — un humain ordinaire. La question centrale devient : qu'est-ce qui décide un homme à se faire exploser ? — une question philosophique sans réponse, car le terroriste n'a aucune motivation politique ou religieuse. John ne sait plus qui il est, et son esprit se divise. L'empathie comme arme La « Vision martienne » n'est pas un pouvoir de combat mais un moyen de connaître les causes profondes des conflits pour les endiguer. Le Martien donne accès à un monde qu'John ne pouvait pas atteindre, avec un langage qui redéfinit ce qu'est un « envahisseur ». L'empathie devient valeur centrale — même si cela ne fonctionne pas toujours. L'alégorie politique Le mal du Martien blanc veut effacer des mots, des concepts. La série est écrite et publiée au moment où les États-Unis sont divisés et se questionnent sur leur identité. Le complotisme, la peur de « l'autre », la haine des marginalisés (sans-abris, minorités ethniques) sont traités frontalement. Le Martien blanc exploite la faiblesse des masques que tous les personnages portent — ces masques les empêchent de communiquer, de faire société. L'influence de Philip K. Dick et Aldous Huxley Les critiques rapprochent le récit de l'œuvre de Philip K. Dick (la question du réel, l'identité instable) et de Les Portes de la perception de Aldous Huxley — la grisaille de la guerre froide laisse place à l'explosion psychédélique de la contre-culture. John Jones accède à de nouveaux sens et a une autre vision de la réalité.
  • L'art de Javier Rodriguez : une narration par l'image Javier Rodriguez (connu pour Daredevil, Spider-Woman, She-Hulk) signe à lui seul le dessin, l'encrage et les couleurs — un contrôle absolu sur chaque page. Techniques majeures : Double page recto-verso dès le premier épisode : le lecteur doit superposer les pages à la lumière pour révéler le Martien en transparence sur le visage de John. L'album joue avec le papier comme support. Palette psychédélique : les émotions apparaissent par des couleurs vives et des formes abstraites. Les fumées multicolores deviennent un langage visuel. Cases obliques qui traduisent la rupture progressive de l'esprit de John. Principe de Sergio Leone : « un plan, une idée » — chaque case propose soit un changement de point de vue, soit une trouvaille graphique. Design du Martien façonné en pâte à modeler, couleurs saturées qui traduisent la chaleur, le froid, le blackout. Les critiques comparent la sobriété de sa ligne et sa virtuosité narrative à Steve Ditko et Tim Sale. Le style est cartoony mais sérieux — Rodriguez ne cherche pas à copier le réel (contrairement à Rafa Sandoval sur Absolute Superman). C'est décrit comme « le projet perdu de Ditko » ou « une série Vertigo ». La narration visuelle est au même niveau que le texte : les clins d'œil et les idées sont nombreux (la page où le visage du Martien apparaît en transparence, les motifs qui se répètent, les voix matérialisées). L'album se relit une deuxième fois juste pour savourer la mise en scène.