Le meilleur film de la phase 2?
Mettons tout de suite les choses au point : Captain America - The Winter Soldier n'est pas un film de super-héros. Ne criez pas à la trahison, braves marvelophiles, car jamais un film des studios Marvel n'a été aussi proche du matériau original. Découvrez pourquoi The Winter Soldier est une adaptation réussie d'un des meilleurs comics des années 2000.
Il faut bien avouer que le pire ennemi de Cap a longtemps été son image ringarde. Un boy scout déguisé en drapeau et assénant des leçons de morale à tire-larigot n'est pas forcément voué à conquérir le coeur de la geekosphère, et encore moins celui du grand public. Mais comme dirait mon opticien, ça, c'était avant. Vu le nombre d'équipes artistiques qui se sont cassé les dents et les gonades sur ce personnage, c'était statistiquement inévitable qu'un jour Marvel allait dégoter un scénariste capable de tirer quelque chose de ce fade fantoche fanfaronnant. Et ce génie providentiel a pour nom Ed Brubaker. Le roi du polar décide de plonger le super-patriote dans un récit d'espionnage, remet au goût du jour un casting aussi surané que son héros et mélange le tout avec de la politique, des complots et de l'action. Le succès est immédiat, les critiques applaudissent des deux mains (c'est plus pratiques qu'avec une seule) et les fans poussent des petits cris de pucelles énamourées. Et c'est exactement la même recette que les studios Marvel ont décidé d'appliquer, avec un poil d'humour en plus. Résultat : un film réussi qui tient toutes ses promesses.
Que vous ayez aimé ou pas le premier film Captain America n'a aucune importance. Les deux films n'ont rien à voir entre eux. Il y a bien des références à quelques personnages du premier volet mais tout est expliqué pour que le néophyte ne soit pas perdu. Sachez juste que Steve Rogers est sorti de son frigo après quelques décennies et Nick Fury essaie de l'affranchir sur ce qu'est le vrai monde. Et alors qu'il découvre que les choses sont bien plus complexes qu'à son époque, il va se retrouver mêlé à un gigantesque complot. Mais comment s'en sortir dans un monde qu'on connaît mal et où l'on ne peut visiblement faire confiance à personne ? Tel est le point de départ de ce film qui ne reprend ni le ton, ni le thème, ni l'époque, ni la distribution du précédent opus.
Vous croyiez que les Etats-Unis avaient atteint le sommet en matière d'espionnage avec la NSA ? Oubliez les révélations de Snowden : le SHIELD pousse le raisonnement paranoïaque de l'Oncle Sam trois crans plus loin. C'est donc à une conspiration parfaitement dans l'air du temps que nous convie ce film. Il n'est guère question de superslips mais de politique, de complots, de trahison et Dieu que cela fait du bien. Même si le propos n'est hélas pas poussé (on reste dans une production Marvel, les gars), le fait d'intégrer un chouia de réflexion politique donne au film une consistance qui évoquera aux fans les sagas Ultimates et Civil War. D'ailleurs, on pourrait presque plus facilement classer The Winter Soldier dans le genre action-espionnage que dans celui de super-héros puisque l'intrigue tourne principalement autour du Shield. Même notre pauvre Captain en oublie d'enfiler son costume pendant les trois quarts du film. Ne blémissez pas, mesdemoiselles, il n'est pas tout nu mais porte sa tenue de Super-Soldier qui a l'avantage d'être moins ridicule que son uniforme habituel.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Studios Marvel ont scrupuleusement repris les ingrédients de la formule Brubaker. Outre le mélange d'espionnage et d'action, ce sont des pans entier de son run qui sont utilisés ici, et pas seulement l'intrigue tournant autour du Soldat de l'hiver. Certes, le scénario n'est pas une adaptation littérale du comic book, loin s'en faut, mais il est totalement fidèle à son esprit. Et comme un bonheur ne viens jamais seul, les facétieux scénaristes sont allés chercher leur inspiration ailleurs (ultimate, vous avez dit ultimate ?) pour multiplier les clins d'oeil à l'attention des fans. Quoiqu'en dise certains sites de rencontres, la fidélité, ça a du bon.
Finalement, c'est la moindre des choses que ce film soit réussi car, avec un casting pareil, il fallait s'appeler Michael Bay pour faire un navet. Chris Evans, qui n'a plus rien à prouver dans ce rôle, passe le plus clair de son temps sans son masque pour le plus grand bonheur de la gent féminine. Il prend même la peine d'exhiber ses beaux biscoteaux, histoire d'amortir ses longues heures de muscu. Quant au public masculin, il n'aura évidemment d'yeux que pour Scarlett Johansson même si, il faut bien l'avouer, cette coupe de cheveux ne lui va absolument pas. Sa prestation est tout à fait honnête, tout comme celle de Samuel L. Jackson, mais à force de les voir endosser les mêmes personnages, on en oublie leur jeu d'acteur. Heureusement, Robert Redford vient épicer cette distribution déjà rôdée. Voir un monstre sacré d'Hollwood dans une production Marvel est un réel bonheur. C'est également consécration pour la Maison des idées même si l'interprétation assez classique de Redford ne lui rapportera pas d'Oscar. Finalement, la surprise vient d'où on ne l'attendait pas : Anthony Mackie incarne parfaitement un Falcon à la sauce Ultimate et on en vient rapidement à souhaiter qu'il sera de retour pour le troisième volet. A noter, si vous choisissez la v.o. sous-titrée, un choix surprenant pour certains acteurs francophones. Batroc, qui est étrangement présenté comme Algérien et non plus comme Français, n'a pas fini de vous faire rire.
Ce n'est pas tout d'avoir le top d'Hollywood mais nous sommes dans un film de super-héros, Les gens sont venus voir du spectacle en trois dimensions, des effets spéciaux renversants, des combats savamment chorégraphiés et de l'action à gogo. Marvel a décidé de leur en donner pour leur argent. Les affrontements sont de grande qualité (le premier, sur le bateau, est un modèle du genre), chaque apparition du Faucon suscite une vague d'enthousiasme et le final dans les airs est à couper le souffle. Bref, les sousous du spectateur venu s'en mettre plein les mirettes auront été bien investis. On regrettera cependant que Joe et Anthony Russo aient cédé à cette insupportable mode qui consiste à faire trembler la caméra pour accentuer l'action. Enfin, parce que les longs-métrages Marvel suivent désormais tous la même recette, vous aurez droit à votre dose d'humour (pour une fois pas trop envahissant) et à deux scènes post-générique. La première émoustillera les fans en annonçant un futur film et de nouveaux personnages mais la formule finit par devenir répétitive. Il serait tant de dire aux producteurs qu'une surprise annoncée n'en est plus une. La deuxième scène ne mérite pas vraiment qu'on attende la fin du générique même si vous serez malgré tout nombreux à vouloir la voir.
Pour tous ceux d'entre vous que les arguments précédents n'auraient pas su convaincre, Marvel a sorti son va-tout, l'arme ultime contre le geek, le fameux et indémodable "rien ne sera plus comme avant". En effet, sans faire de révélations fracassantes, on peut affirmer que plusieurs éléments viennent bouleverser la donne. La série Agents of Shield risque d'être affectée par les différents rebondissements qui impliquent l'organisation de contre-espionnage. Pas sûr non plus que le casting de Avengers 2 ressemble en tout point au premier étant donné la tournure des événements. Enfin, de nouveaux personnages sont amenés à jouer un rôle par la suite. Captain America 2 s'impose donc un épisode charnière dans la construction de l'univers Marvel au cinéma.
Ca y est, Marvel a son film idéal. De quoi ravir le puriste tout en séduisant le grand public. Cela ne veut pas dire que tout est parfait : les auteurs auraient pu aller plus loin dans la paranoïa, approfondir la réflexion, concevoir une oeuvre véritablement intelligente. Mais ce n'était pas le but. Captain America - The Winter Soldier est un film de super-héros destiné à divertir, à faire rêver, à nous en mettre plein la vue sans nous prendre pour des imbéciles. Et il y parvient parfaitement. Aucun doute possible, Captain America est, à ce jour, le meilleur film de la phase 2 alors que personne ne misait sur lui. Fans de comics, fans de l'univers cinématographique et télévisuel de Marvel, amateurs de films de super-héros, ne ratez pas le coche. On vous aura prévenus.
[conclusion=4,5][/conclusion][onaime]- La fidélité au comic book
- Les scènes d'action spectaculaires
- Le casting 5 étoiles
- L'impact du film sur le Marvelverse audiovisuel[/onaime][onaimepas]- La caméra qui tremble lors des scènes d'action[/onaimepas]
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Cap est-il has been ou hype ?
Il faut bien avouer que le pire ennemi de Cap a longtemps été son image ringarde. Un boy scout déguisé en drapeau et assénant des leçons de morale à tire-larigot n'est pas forcément voué à conquérir le coeur de la geekosphère, et encore moins celui du grand public. Mais comme dirait mon opticien, ça, c'était avant. Vu le nombre d'équipes artistiques qui se sont cassé les dents et les gonades sur ce personnage, c'était statistiquement inévitable qu'un jour Marvel allait dégoter un scénariste capable de tirer quelque chose de ce fade fantoche fanfaronnant. Et ce génie providentiel a pour nom Ed Brubaker. Le roi du polar décide de plonger le super-patriote dans un récit d'espionnage, remet au goût du jour un casting aussi surané que son héros et mélange le tout avec de la politique, des complots et de l'action. Le succès est immédiat, les critiques applaudissent des deux mains (c'est plus pratiques qu'avec une seule) et les fans poussent des petits cris de pucelles énamourées. Et c'est exactement la même recette que les studios Marvel ont décidé d'appliquer, avec un poil d'humour en plus. Résultat : un film réussi qui tient toutes ses promesses.
Ni suite, ni relaunch, ni reload
Que vous ayez aimé ou pas le premier film Captain America n'a aucune importance. Les deux films n'ont rien à voir entre eux. Il y a bien des références à quelques personnages du premier volet mais tout est expliqué pour que le néophyte ne soit pas perdu. Sachez juste que Steve Rogers est sorti de son frigo après quelques décennies et Nick Fury essaie de l'affranchir sur ce qu'est le vrai monde. Et alors qu'il découvre que les choses sont bien plus complexes qu'à son époque, il va se retrouver mêlé à un gigantesque complot. Mais comment s'en sortir dans un monde qu'on connaît mal et où l'on ne peut visiblement faire confiance à personne ? Tel est le point de départ de ce film qui ne reprend ni le ton, ni le thème, ni l'époque, ni la distribution du précédent opus.
[galerie2]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1395101076_558.jpg[/galerie2]
Le SHIELD plus fort que la NSA
Vous croyiez que les Etats-Unis avaient atteint le sommet en matière d'espionnage avec la NSA ? Oubliez les révélations de Snowden : le SHIELD pousse le raisonnement paranoïaque de l'Oncle Sam trois crans plus loin. C'est donc à une conspiration parfaitement dans l'air du temps que nous convie ce film. Il n'est guère question de superslips mais de politique, de complots, de trahison et Dieu que cela fait du bien. Même si le propos n'est hélas pas poussé (on reste dans une production Marvel, les gars), le fait d'intégrer un chouia de réflexion politique donne au film une consistance qui évoquera aux fans les sagas Ultimates et Civil War. D'ailleurs, on pourrait presque plus facilement classer The Winter Soldier dans le genre action-espionnage que dans celui de super-héros puisque l'intrigue tourne principalement autour du Shield. Même notre pauvre Captain en oublie d'enfiler son costume pendant les trois quarts du film. Ne blémissez pas, mesdemoiselles, il n'est pas tout nu mais porte sa tenue de Super-Soldier qui a l'avantage d'être moins ridicule que son uniforme habituel.
Merci qui ? Merci Brubaker
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Studios Marvel ont scrupuleusement repris les ingrédients de la formule Brubaker. Outre le mélange d'espionnage et d'action, ce sont des pans entier de son run qui sont utilisés ici, et pas seulement l'intrigue tournant autour du Soldat de l'hiver. Certes, le scénario n'est pas une adaptation littérale du comic book, loin s'en faut, mais il est totalement fidèle à son esprit. Et comme un bonheur ne viens jamais seul, les facétieux scénaristes sont allés chercher leur inspiration ailleurs (ultimate, vous avez dit ultimate ?) pour multiplier les clins d'oeil à l'attention des fans. Quoiqu'en dise certains sites de rencontres, la fidélité, ça a du bon.
[galerie2]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1395101066_27.jpg[/galerie2]
Distribution 5 étoiles
Finalement, c'est la moindre des choses que ce film soit réussi car, avec un casting pareil, il fallait s'appeler Michael Bay pour faire un navet. Chris Evans, qui n'a plus rien à prouver dans ce rôle, passe le plus clair de son temps sans son masque pour le plus grand bonheur de la gent féminine. Il prend même la peine d'exhiber ses beaux biscoteaux, histoire d'amortir ses longues heures de muscu. Quant au public masculin, il n'aura évidemment d'yeux que pour Scarlett Johansson même si, il faut bien l'avouer, cette coupe de cheveux ne lui va absolument pas. Sa prestation est tout à fait honnête, tout comme celle de Samuel L. Jackson, mais à force de les voir endosser les mêmes personnages, on en oublie leur jeu d'acteur. Heureusement, Robert Redford vient épicer cette distribution déjà rôdée. Voir un monstre sacré d'Hollwood dans une production Marvel est un réel bonheur. C'est également consécration pour la Maison des idées même si l'interprétation assez classique de Redford ne lui rapportera pas d'Oscar. Finalement, la surprise vient d'où on ne l'attendait pas : Anthony Mackie incarne parfaitement un Falcon à la sauce Ultimate et on en vient rapidement à souhaiter qu'il sera de retour pour le troisième volet. A noter, si vous choisissez la v.o. sous-titrée, un choix surprenant pour certains acteurs francophones. Batroc, qui est étrangement présenté comme Algérien et non plus comme Français, n'a pas fini de vous faire rire.
Plein les yeux
Ce n'est pas tout d'avoir le top d'Hollywood mais nous sommes dans un film de super-héros, Les gens sont venus voir du spectacle en trois dimensions, des effets spéciaux renversants, des combats savamment chorégraphiés et de l'action à gogo. Marvel a décidé de leur en donner pour leur argent. Les affrontements sont de grande qualité (le premier, sur le bateau, est un modèle du genre), chaque apparition du Faucon suscite une vague d'enthousiasme et le final dans les airs est à couper le souffle. Bref, les sousous du spectateur venu s'en mettre plein les mirettes auront été bien investis. On regrettera cependant que Joe et Anthony Russo aient cédé à cette insupportable mode qui consiste à faire trembler la caméra pour accentuer l'action. Enfin, parce que les longs-métrages Marvel suivent désormais tous la même recette, vous aurez droit à votre dose d'humour (pour une fois pas trop envahissant) et à deux scènes post-générique. La première émoustillera les fans en annonçant un futur film et de nouveaux personnages mais la formule finit par devenir répétitive. Il serait tant de dire aux producteurs qu'une surprise annoncée n'en est plus une. La deuxième scène ne mérite pas vraiment qu'on attende la fin du générique même si vous serez malgré tout nombreux à vouloir la voir.
[galerie2]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1395101114_922.jpg[/galerie2]
Une pièce essentielle de la saga Marvel
Pour tous ceux d'entre vous que les arguments précédents n'auraient pas su convaincre, Marvel a sorti son va-tout, l'arme ultime contre le geek, le fameux et indémodable "rien ne sera plus comme avant". En effet, sans faire de révélations fracassantes, on peut affirmer que plusieurs éléments viennent bouleverser la donne. La série Agents of Shield risque d'être affectée par les différents rebondissements qui impliquent l'organisation de contre-espionnage. Pas sûr non plus que le casting de Avengers 2 ressemble en tout point au premier étant donné la tournure des événements. Enfin, de nouveaux personnages sont amenés à jouer un rôle par la suite. Captain America 2 s'impose donc un épisode charnière dans la construction de l'univers Marvel au cinéma.
Ca y est, Marvel a son film idéal. De quoi ravir le puriste tout en séduisant le grand public. Cela ne veut pas dire que tout est parfait : les auteurs auraient pu aller plus loin dans la paranoïa, approfondir la réflexion, concevoir une oeuvre véritablement intelligente. Mais ce n'était pas le but. Captain America - The Winter Soldier est un film de super-héros destiné à divertir, à faire rêver, à nous en mettre plein la vue sans nous prendre pour des imbéciles. Et il y parvient parfaitement. Aucun doute possible, Captain America est, à ce jour, le meilleur film de la phase 2 alors que personne ne misait sur lui. Fans de comics, fans de l'univers cinématographique et télévisuel de Marvel, amateurs de films de super-héros, ne ratez pas le coche. On vous aura prévenus.
[conclusion=4,5][/conclusion][onaime]- La fidélité au comic book
- Les scènes d'action spectaculaires
- Le casting 5 étoiles
- L'impact du film sur le Marvelverse audiovisuel[/onaime][onaimepas]- La caméra qui tremble lors des scènes d'action[/onaimepas]

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