La review du jour est un titre proposé par Astrolabe. Il s'agit de l'ouvrage Le phare, un projet réalisé par 16 auteurs internationaux. Pour ce qui est des noms qui sont d'ordinaire rattachés à la BD américaine, vous trouverez Brian Azzarello, Dan Watters, James Tynion IV ou encore Ram V. Il est sorti le 16 octobre 2026 pour 22.90€.
Deux voyageurs sont traqués en pleine forêt par un horrible mutant. Un jeune combattant stellaire s’apprête à faire face à une armée de vaisseaux spatiaux. Un gardien de phare se voit isolé du monde par des créatures tapies dans l’ombre. Un mage convoque des énergies telluriques pour tracer sa destinée. Un seul témoin de tous ces événements, intemporel, immuable, éternel : Le Phare.
En 8 récits complets, LE PHARE associe dans une initiative inédite les plus grands auteurs de la scène américaine avec les maîtres de la bande dessinée franco-belge, pour un dialogue entre les styles et les sensibilités d’une rive à l’autre de l’Atlantique. Une véritable lettre d’amour au neuvième art sous la forme d’une exploration des genres, dévoilant tout ce dont la BD, qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs, est capable de transmettre.
Mange ! Mange les morceaux vils d'entre tes os !
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il serait de bon ton de présenter l'ouvrage qui est, il faut bien le dire, un peu particulier et en même temps, très simple à résumer. Le directeur des éditions Astrolabe, François Hercouet, le décrit ainsi dans son introduction : une équipe, huit pages et un thème : le phare. Pourquoi le phare ? Parce que l'idée de cette anthologie et de se faire rencontrer les cultures différentes. Ici, le phare, au-delà du thème, est également le symbole de ces auteurs venus de tous les horizons pour collaborer sur l'ouvrage. Et autant dire que le phare, il va être utilisé à toutes les sauces. Il va être au centre du récit ou secondaire, une simple construction ou un symbole, conserver une dimension humaine et terre-à-terre ou nous permettre de partir sur un registre plus fantastique.
Pour ce qui est du contenu en lui-même, je reste assez partagé. Bien sûr, il s'agit de grands noms de la BD. Mais grands noms ou non, huit planches pour mettre en place quelque chose, ce n'est pas facile. Et à ce petit jeu, certains ont réussi à tirer leur épingle du jeu avec plus d'aisance que d'autres. Mais si certaines histoires sont, malheureusement, assez anecdotiques, d'autres valent clairement le détour. Certains auteurs sont parvenus à mettre un véritable univers en place. D'autres ont proposé une histoire qui repose beaucoup sur son twist final. Ram V est parvenu à réaliser les deux.
En somme, on ne peut nier qu'il y a un peu de tout dans cet ouvrage mais l'objet est suffisamment beau, les noms suffisamment grands et le principe suffisamment attrayant pour que l'on s'y attarde.
Le phare, c'est la lumière au bout du tunnel...
Pour ce qui est de la partie graphique, il est difficile de donner un avis sur l'ensemble de l'ouvrage. On parle tout de même de huit artistes qui ont autant de planches pour pouvoir mettre en place un véritable univers. Et comme vous pouvez le voir avec les images ci-dessous... nous avons des approches très variées ! A titre personnel, j'ai beaucoup apprécié le travail de Frederik Peeters (l'image de droite donc) dont certains des codes me font un peu penser à ceux de Javier Rodriguez. C'est beau, coloré et il y a cette idée de "s'il y a des cases, c'est pour mieux les briser" que j'apprécie beaucoup. Mais globalement, il y a tout de même de très belles choses dans ce projet et ce, quel que soit l'artiste. Après tout, on pourrait tout aussi bien parler des ombres réalisées par Jorge Corona et Lauren Affe que des couleurs de Julien Motteler.
En bonus, vous trouverez un cahier graphique réalisé par Sylvain Repos, des recherches graphiques ainsi que des illustrations.
Si vous désirez vous procurer Le phare et soutenir MDCU par la même occasion, n'hésitez pas à passer par ce lien.
En Résumé
Points forts
- De grands noms
- Un bel objet
- Le récit proposé par Ram V et Frederik Peeters
- La partie graphique
Points faibles
- Certains récits, plus anecdotiques que d'autres
Le phare est une belle initiative et, surtout, une belle invitation au voyage.




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