Urban Comics

[Review VF] Shazam

Un peu de magie dans ce monde de brutes
S’il est un héros qui peut rivaliser avec la puissance de Superman, c’est bien Shazam. Pourtant, le personnage reste assez méconnu dans nos contrées, malgré que l’éditeur soit aujourd’hui le même pour les deux héros, et que l’année de sa création soit la même que celle de Batman (1940). On se doute que la publication française est assez erratique, et on se demandait si Urban Comics allait nous proposer quelque chose. Nous avons notre réponse avec ce tome nous contant les origines du héros, avec deux grands noms à la réalisation : Geoff Johns et Gary Frank.
 

 
Le scénariste de l’album, Geoff Johns, architecte de DC depuis quelques temps déjà, s’est spécialisé dans la relance réussie de super-héros. On se souvient du formidable travail qu’il a fait sur Green Lantern avec le retour d’Hal Jordan sous le costume. Plus récemment, il s’est fait remarquer par la remise au gout du jour d’un héros devenu relativement ringard : Aquaman. Et maintenant, il s’attaque à Shazam ! Je dis maintenant, mais la publication de cette mini-série a commencé il y a quelques temps déjà, et est assez particulière. En effet, le personnage n’a pas eu le droit à sa série attitrée, mais son histoire a été publiée dans le fascicule Justice League, et ce dès le #7, soit à partir du tome 2 en France. Urban Comics a eu la bonne idée de la mettre de côté pour la réunir en un seul album. Et on va voir que ce format lui sied parfaitement.
 

 
Le personnage de Shazam est assez peu connu, et la bonne nouvelle, c’est que cet album en raconte les origines. Si vous souhaitez découvrir le personnage, c’est donc le moment. Pour raconter son histoire rapidement, Billy Batson est un jeune garçon, qui va rencontrer un sorcier. Ce dernier va lui donner un pouvoir magique. En prononçant le mot « Shazam ! », le garçon se transforme en adulte avec des pouvoirs proches de ceux de Superman. Le mot Shazam est d’ailleurs formé à partir de ses pouvoirs : La sagesse de Salomon, la force d’Hercule, la vigueur d’Atlas, la puissance de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure. Et depuis 1940, le personnage a vécu beaucoup d’aventures, d’abord chez l’éditeur Fawcett sous le nom de Captain Marvel. Cependant la trop grande ressemblance avec Superman lui valut un procès par DC Comics, et l’éditeur ferma ses portes en 1953. Ce même DC Comics racheta le personnage quelques années plus tard, et en proposera sa renaissance en 1972 sous le nom de Shazam (Captain Marvel étant désormais pris par Marvel). Tout ça, pour finalement arriver à notre période : les New 52.


 
Urban Comics commence son album par une introduction de deux pages sur Shazam, et il n’en fallait pas moins. Ce texte permet de situer efficacement le personnage, et de comprendre les enjeux de cette relance. Ensuite la mini-série commence, et prend son temps pour bien installer l’histoire. Billy Batson, un orphelin de 15 ans, passe de foyer en foyer. Cette fois, il se retrouve dans une famille dont le couple parental a déjà adopté 5 enfants. On découvre un Billy plutôt manipulateur, et assez mauvais. Dès le début de l’histoire, de nombreux personnages nous sont montrés, ce qui peut paraitre confus. Mais pas du tout, le travail d’introduction de Johns est exemplaire. Chaque personnage a son caractère, et on visualise et cerne rapidement tout le monde. On rencontre aussi la famille Bryer, composée de riches arrogants, que l’on déteste de suite, et qui serviront d’antagoniste à la famille d’accueil de Billy. En parallèle de ces histoires, on suit le Dr Sivana qui libère la magie, et surtout Black Adam.


 
Ce qui est formidable dans cette BD, c’est l’ambiance qui est restituée. On est à la période des fêtes de noël, et la neige tombe à gros flocon. Et peut-être que ça ne parlera pas aux plus jeunes d’entre vous, mais on retrouve vraiment l’ambiance des vieux films familiaux des années 80/90, comme par exemple Les Goonies, Gremlins ou même Maman, j’ai raté l’avion par exemple. Ce sentiment est renforcé lorsque la magie commence à apparaitre. On le retrouve aussi dans la caractérisation des personnages. C’est parfois limite cucul, mais globalement ça marche, et on replonge assez facilement en enfance. Pour revenir à l’histoire, Billy va se retrouver face au sorcier qui décide de lui passer les pouvoirs de Shazam. Et bien sûr, la première réaction de l’enfant qui devient adulte, c’est de pouvoir faire ce qui lui plait. Le tout sans grande conséquence, le ton se veut léger.


 
Il le sera moins à l’arrivée de Black Adam. Le personnage est passionnant, car très violent et mauvais. C’est clairement un tueur de sang-froid, mais on découvre ses motivations, et surtout son terrible passé. Dans sa tête, il se veut un défenseur des opprimés, il se considère donc du côté des gentils. C’est en cela que c’est intéressant, c’est qu’au final, nos deux personnages principaux ont une dualité. Pour Shazam, c’est le côté adulte en opposition avec le fait qu’il soit un enfant, et Black Adam, c’est cette volonté de protéger les gens, mais de la pire manière qui soit. Sans oublier les personnages secondaires qui sont loin d’être mis de côté. Autre chose, pour parler du dessin rapidement et simplement : c’est sublime. Gary Frank fait partie de ces dessinateurs dont on peut difficilement dire du mal. Ses dessins sont maitrisés et très propres. Les expressions des visages sont incroyablement bien retranscrites. L’idée d’avoir rajouté une capuche au costume, rend le personnage très classe lorsqu’il la porte, avec un superbe jeu d’ombre.


 
Vous l’avez compris, cet album est parfait pour quelqu’un qui ne connait pas le personnage, mais dans le cas contraire, le fan de Shazam ne devrait pas être déçu non plus. En effet, Geoff Johns a incorporé de nombreux clins d’œil dans son récit. Clairement, l’auteur n’a pas inventé grand-chose dans cette histoire, et les références sont très nombreuses. Mais tout est très bien intégré et ne gêne pas la lecture du néophyte, et l’expert appréciera le travail de concaténation de plusieurs choses, qui permet de ressortir l’essence même du personnage. Nul doute que le film Shazam devrait s’inspirer de cette histoire. Quant à l’album en lui-même, on connait le travail d’Urban. On regrettera l’absence de séparation entre les numéros américains, et certains choix de traduction (« Je vous demande de vous arrêter » ? Vraiment ?), et on saluera la présence d’un carnet de croquis du grand Gary Frank !

 

En Résumé

Points forts

+ Les personnages
+ Les dessins
+ L’ambiance

Points faibles

- Pas révolutionnaire non plus
4/5

Cet album de Shazam est extrêmement séduisant. Son ambiance, que ce soit par les thèmes de Geoff Johns ou par les sublimes dessins de Gary Frank, nous invite à replonger en enfance, et à se laisser guider par l’histoire. Ça ne révolutionne rien, mais qu’est-ce que c’est agréable à lire !

Adrien L.

Attiré par le monde des comics depuis toujours, gros consommateur et lecteur depuis une vingtaine d'années maintenant. Cherche à transmettre sa passion par tous les moyens !

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Commentaires

  • Curieux d'en savoir plus sur le personnage de Shazam, j'attendais pas mal ce récit. Et je ne suis pas déçu ! Très bon comics, très sympathique. Des personnages attachants, un scénario bien ficelé (même si parfois l'histoire s’accélère un peu trop vite) et des dessins absolument magnifiques rendent cette oeuvre très agréable à lire. Un bon petit coup de cœur qui peut être un bon choix pour noël !
  • Back up Justice League #7 à 11 les débuts du relaunch du Captain Marvel – Shazam par Geoff Johns et Gary Frank. La New 52 touche aussi Billy Batson et son alter égo Shazam ainsi que ses ennemis Black Adam et le Dr Sivana Justice League #0 Un Justice League #00 qui aurait pu être un Shazam #00 tellement l’histoire se centre sur Billy Batson alias Captain Marvel/Shazam. L’histoire débute là où les back-up sur Shazam parus dans les Justice League New 52 se terminent. Une belle histoire de Johns sur les chouettes dessins de Frank. back up JL#14 un excellent 7ème back-up sur Shazam par duo Johns/Frank où Black Adam découvre le monde après des milliers d’années d’emprisonnement, pendant que Billy Batson, le nouveau Shazam reste insouciant. back up JL#15 Billy Batson/Shazam , le super héros surpuissant et magicien découvre ses pouvoirs et son puissant nemesis Black Adam. back up JL#16 et 18 la première bastonnade entre le Cpt MArvel et Black Adam. back up JL#19-20 toujours très bon sur Shazam avec un lien direct sur le pays du Moyen-Orient vu dans l’histoire de la Justice League, le Kandaqh back up JL# 21 Volet de la Justice League centré sur Billy Batson, l’élu choisi sur Terre pour devenir Shazam, et à son combat contre Black Adam et les 7 pêchés capitaux. Conclusion des back up figurant à la fin des numéros de Justice League depuis plusieurs mois. Un très bon volet toujours scénarisé par Geoff Johns et dessiné par le très bon mais trop rare Gary Frank. Quand je lisais à l'époque les volets Justice League en V.O entre 2012 et 2013, je me disais que que les back up centrés sur le New 52 de Billy Batson/Shazam ferait, une fois regroupés, un excellent recueil en VF. Urban Comics a l'époque ne savait pas adapter ce héros dans un recueil en France serait rentable. Mais les fans sont là, et depuis, DC Comics/Warner Bros ont lancé le programme des festivités et des futurs films de l'univers ciné DC dont figure SHAZAM. C'est donc l'opportunité pour tout néophyte du personnage de se lancer avec plaisir dans la lecture de ce livre et de faire connaissance avec un super héros magique, issu de l'utilisation de notre mythologie. Pour la petite histoire, le héros fut créée juste après Superman et Batman en 1940 par C. C. Beck et Bill Parker pour Whiz Comics de Fawcett Publications. A l'époque il s'appelait Captain Marvel et fut accusé par DC d'être un plagiat de Superman, ce qui arrêta le titre en 1953. La Distinguée Concurrence racheta racheta le héros en 1972 pour l'intégrer pleinement à ses publications. Entre tout ce temps, le nom "Captain Marvel" fut racheté par la Maison des Idées (Marvel) pour la création d'un super héros cosmique. Au fil du temps le Cpt MArvel de DC est devenu Shazam! comme le gimmick lancé par Billy pour sa transformation. Quand le jeune orphelin Billy Batson devient le super héros bodybuildé capé et habillé en rouge il acquiert : la sagesse de Salomon, la force d'Hercule, l'endurance d'Atlas, le pouvoir de Zeus, le courage d'Hercule et la vitesse de Mercure dont les abréviations de ces héros mythologiques donnent SHAZAM ! Geoff Johns a relancé avec brio le super héros dans le New 52 en débutant par ses origines avant so intégration pleine et entière dans la Justice League. L'enthousiasme est encore plus garanti quand on voit les planches de Gary Frank qui a déjà œuvré avec Johns sur Batman, Terre Un, sur plusieurs titres Superman et Action Comics ainsi que sur Hulk pour Marvel. Vous l'aurez compris, j'ai grandement apprécié ce recueil que j'attendais depuis un p'tit moment. Geoff Johns nous montre, une fois de plus, tout son amour des personnages DC avec une histoire digne d'un compte de Noël (période à laquelle d'ailleurs se déroule l'histoire), pleine d'humour, d'action, de mythologie et de magie qui peuvent intéresser le plus grand nombre. Vous ajoutez un héros attachant, jeune orphelin puis surpuissant après transformation, un méchant plus que charismatique avec son opposé parfait Black Adam (bientôt joué par Dwayne "The Rock" Johnson au ciné) et vous obtenez LE RECUEIL VF super-héroïque de cet automne qu'il faut avoir. En bonus, les recherches et croquis de Frank sur les personnages. 5/5
  • Superbe bouquin ! Reste à espérer une suite ???
  • Bonjour 
    Nous sommes une jeune chaîne sur YouTube. Nous avons été un peu déçu par le film qui peine à trouver sa tonalité mais nous avions beaucoup aimé la bande annonce 
    Du coup nous avons décidé de la parodier sous forme de sketch 
    Nous espérons qu’elle vous plaira 
    Voici le lien 
    https://youtu.be/y-DRgNlVLDw

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