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[Review VF] Trilogie Warren Ellis

Edité par HiComics

La review du jour est un titre proposé par HiComics : La trilogie Black Summer – No Hero – Supergod. Le comics est sorti le 25 avril pour 29.90 euros. Nous retrouvons Warren Ellis au scénario et Juan Jose Ryp et Garrie Gastonny au dessin.

Black Summer : Quand on combat pour le Bien, jusqu'où peut-on aller ? Les Sept Armes combattent la corruption dans la rue. Mais la lutte est inégale et le champ de bataille, infini. John Horus sait ce qui est bon pour vous. Et il est déterminé à faire le Bien, que vous le vouliez ou non... quitte à plonger le pays dans le chaos. Le président va l'apprendre à ses dépens... 

No Hero : Il y a quarante ans, un groupe de justiciers est né. A leur tête, un homme, et surtout une drogue, le FX7, capable de leur conférer d'incroyables aptitudes. Mais un tel pouvoir ne va pas sans responsabilités... ni sans dangers. Vous voulez être un super-héros ? Mais à quel point ? 

Supergod : Les hommes ont tout fait pour voir voler les super-héros, allant jusqu'à créer de toutes pièces les dieux qui sauveront la race humaine. Mais personne ne s'est demandé comment ils s'y prendraient, ni même s' ils en auraient l envie. Découvrez le récit de l'apocalypse !

Un petit mot sur l'édition pour commencer. Il s'agit là d'une réédition de ce que Milady Graphics avait édité quelques années plus tôt. Pour ceux qui l'auraient déjà, il n'y a donc pas vraiment d'intérêt. Pour les autres, c'est l'occasion d'avoir trois comics en un seul et à un prix plus que raisonnable. Concernant le choix de rééditer cette trilogie, il n'est pas suprenant. HiComics a rapidement précisé qu'ils allaient reprendre le catalogue de Milady (et donc, rééditer d'ancienne pépites) mais également qu'ils allaient jouer la carte du super-héros tout en contournant les hypothétiques soucis de compréhensions liés à la continuité, aux personnages existants depuis 70 ans etc. Autant dire que la trilogie Black Summer – No Hero – Supergod entre parfaitement dans la lignée de la politique éditoriale de HiComics.

Dès les premières pages, le ton est donné. Après tout, on commence avec des yeux ensanglantés et un unijambiste à poil. Même sans savoir qui est l'auteur, mettre directement une option sur Warren Ellis ne semble pas déconnant. Et, effectivement, le reste confirme cette impression. Vodka et clopes sont au rendez-vous tout comme la violence, le gore, et les mots doux du type « va chier Dominic... enculé de branleur difforme pourri gâté accro au porno... ». Le lecteur est immédiatement scotché par la scène de John Horus à la maison blanche. Une scène qui a un sacré impact et qui, d'emblée, intègre le comics dans notre réalité en glissant de nombreuses références (« les super-héros étaient en dehors des Etats-Unis lors du 11 septembre » ou encore « La guerre en irak est illégale »). Hors propos ? Simple avis de l'auteur ? Concernant le dernier point, c'est effectivement une possibilité. Par contre, ce n'est absolument pas hors propos. On peut même dire qu'on est en plein dedans. La déclaration de John Horus passe comme une lettre à la porte. Il y a pas mal d'informations mais c'est plus que digeste. Une partie sur laquelle il y a 1000 choses à dire et qui s'avère très intéressante (et pourtant, pas 10 pages ont été tournées !).

 

Après cette petite introduction, le comics alterne avec aisance les scènes d'action et violentes (du gore, beaucoup de gore, énormément de gore, le genre de scène qui fait passer les fatalités de Mortal Kombat pour un travail d'amateur) avec des scènes plus posées, à l'ambiance pesante (la scène avec Vince est un régal). Il est évident qu'Ellis a bossé son sujet. Les dialogues sont percutants et l'histoire est très bien ficelée. Enfin, on notera que plusieurs scènes sortent clairement du lot comme la scène avec Tom Noir qui rend furieux Horus. Une scène sublime à tout point de vue.

A noter que les trois œuvres forment effectivement un tout du fait de la continuité dans la thématique. Néanmoins, elles peuvent tout aussi bien être lues séparemment.

LAW IS NOT JUSTICE

Côté dessin, Juan Jose Ryp est en charge des deux premières histoires. Autant dire que son trait percutant et qui offre beaucoup de détails est sans concession. C'est sans doute le meilleur genre de dessinateur pour Ellis qui aime montrer ce qui est difficilement regardable. De manière générale, tout ce qui touche au costume de super-héros ou à la mécanique (avion, camion, moto) est sublime. Mention spéciale au visage d'Horus lors des combats. Pour la dernière histoire, c'est Garrie Gastonny qui s'y colle. La différence avec Ryp est là, c'est évident. Les traits et le style diffèrent mais c'est loin d'être mauvais pour autant. C'est juste différent.

Les double pages dans la galerie de covers méritent qu'on s'y attarde. Le design des personnages oscille entre le « intéressant » et le « très réussi » (celui d'Horus et du groupe Front Line sont bien cool). Excellente colorisation et très bonne utilisation de la couleur rouge notamment (pour le feu et le sang, entre autre).

En Résumé

Points forts

- Les thèmes abordés
- Warren Ellis, très en forme
- Les dessins
- Le tarif proposé par HiComics
- Trois en un

Points faibles

Aucun.
4.5/5

Un récit que l'on vous conseille deux fois. Une première fois pour la qualité de l'oeuvre, une seconde fois pour le format proposé par HiComics.

Jeff

Fondateur de MDCU, ancien présentateur de l'émission Côté Comics, maître de conférence depuis 2010.

Commentaires

  • Je viens juste de l'acheter, j'ai hâte de le commencer.
  • Je n'ai pas du tout accroché... Les histoires sont finalement inintéressantes, en ressort un aspect forcé et très vulgaire de ces personnages somme toute clichés. On a vraiment l'impression d'avoir des personnages complètement crétins. Ellis a su être beaucoup plus juste avec ce type de ton dans son Transmetropolitan.
    Juan José Ryp sert des dessins entre un Ethan Van Sciver et un Franck Quitely sauf que la sauce ne prend pas... On sent toute la bonne volonté qu'il a voulu mettre dans ses planches tant elles sont détaillées, mais ce dernier point rend le tout très peu lisible. Mention spéciale à Garrie Gastony qui sans révolutionner le dessin offre un joli travail.
    Je sais que ces oeuvres reçoivent un accueil majoritairement positif, alors soit je passe malheureusement à côté, soit elles auraient eu le mérite d'être lue a leur époque de sortie.

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