La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit de Goldfish, écrit et dessiné par Brian Michael Bendis. Il est sorti le 13 mai, pour 27,95 euros.
Après TORSO et JINX, voici le 3e opus des romans graphiques signés BRIAN MICHAEL BENDIS, dans un récit axé sur le personnage de Goldfish, apparu justement dans JINX, et qui est probablement son œuvre la plus sombre.
Après des années d'absence, l'escroc David Gold - surnommé " Goldfish " - revient dans sa ville natale. Mais il est revenu pour une seule et unique raison : son fils. Cet énigmatique arnaqueur retrouve ses anciens repaires et découvre que son ex règne désormais sur les bas-fonds de la ville, tandis que son plus vieil ami (et ancien complice) est devenu inspecteur de police. Face à un destin aussi implacable, comment Goldfish pourra-t-il reconquérir le seul être qui compte encore pour lui ?
Après Torso et Jinx, voici Goldfish, un troisième roman graphique de Brian M. Bendis. Pour donner un peu de contexte à cet album, il fait partie des travaux de son début de carrière. Des trois albums publiés par Delcourt, c’est le premier à sortir, en 1994. Pourtant, dans le monde de Jinx, il se situe après Jinx. Oui, parce que le personnage de Goldfish est déjà présent dans Jinx. En gros, Delcourt suit l’inverse des dates de publication américaine, mais ce n’est pas grave, puisque Torso est indépendant, et Jinx et Goldfish sont dans l’ordre chronologique de l’univers. Et l’éditeur continuera dans sa lancée en publiant prochainement Fire, publié aux Etats-Unis en 1993.
Voilà pour les éléments de contexte. Dans Goldfish, Bendis est encore une fois 100% à la barre, au scénario comme au dessin. A l’instar de Jinx, il s’agit d’une histoire de truands, assez sombre. L’auteur s’amuse encore avec ses constructions de planches, notamment avec un début travaillé, avec l’introduction de Goldfish qui se fait en parallèle d’une chanteuse qui se produit sur scène. L’effet est très cinématique et fonctionne très bien.
Pourtant, Bendis est bien plus timide dans sa narration que dans les deux autres albums. Son antériorité se ressent, les montages des planches sont moins osés, plus sobres. Ce n’est cependant pas un défaut, cet aspect donne juste une ambiance légèrement différente des autres albums. On sent le récit plus réaliste, et du coup, peut-être plus violent. Les dialogues sont tout aussi bien travaillés, et si j’ose une comparaison à Tarantino, là on est plus dans Reservoir Dogs que dans Kill Bill : moins d'action, moins de folie, plus terre-à-terre. La narration repose d'ailleurs encore beaucoup sur les dialogues, mais là où Jinx en faisait peut-être un peu trop, Goldfish est plus réservé, et plus efficace.
L’histoire est bonne, mais la narration est exigeante. Bendis ne tient pas le lecteur par la main, et c’est aussi ce qui fait son charme. L’ambiance de polar noir et urbain est franchement réussi. Le dessin de Bendis suit le même principe de noir et blanc, et de retouche photo des autres albums. Même si ça ne plaira pas à tout le monde, ça fonctionne plutôt correctement, et participe de beaucoup à l’ambiance réaliste sombre.
Au final, je pense que cet album est le plus accessible des trois, même s’il reste un peu austère par son dessin difficile à lire et dont les scènes d’action sont en fait les dialogues. Bendis expérimente moins, reste raisonnable dans la longueur de ses dialogues, ce qui rend le récit plus classique, et plus agréable à lire. C’est aussi l’album le plus sombre et pessimiste des trois, avec des passages assez durs. Il s’agit d'une des premières oeuvres de Bendis qui peut plaire même aux allergiques de l’auteur. En tout, l’album offre un récit complet qui plaira aux amateurs de ce genre d’histoires de gangsters.
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En Résumé
Points forts
- Sobre et efficace
- Bien écrit
Points faibles
Bendis expérimente moins dans Goldfish que dans Jinx, ce qui rend l’album plus accessible, même si l’histoire reste exigente, avec des dialogues percutants, des personnages travaillés et un univers riche. A découvrir !


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