La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit du récit complet Le Massacre du gang Enfield, écrit par Chris Condon, et dessinée par Jacob Phillips. Il est sorti le 2 juillet pour 18,50 euros.
Chris Condon et Jacob Phillips, le duo de Newburn et de Texas Blood revient avec un tout nouveau récit complet de Western qui se déroule 150 ans dans le passé.
Mélange d'action explosive, de poussière et de sang, ce drame sombre se déroule à la frontière Texane. Montgomery Enfield et sa bande de hors-la-loi se retrouvent pris entre deux feux : un Texas Ranger vieillissant et les dirigeants d'un comté nouvellement créé, avide de justice.
Delcourt vend Le Massacre du gang Enfield comme un mélange de western et de thriller, et je n’irai pas les contredire. L’album commence comme un western classique, avec un hors-la-loi, Enfield, qui braque une banque. Malgré tout, l’ambiance reste assez décontractée, et les échanges avec le banquier se passent bien. Pourtant, un peu plus tard, ce dernier est retrouvé assassiné. Forcément, les autorités pensent que Enfield a fait le coup, et un Texas Ranger est envoyé à ses trousses.
L’histoire s’ancre dans la mythologie des Etats-Unis de deux manières. D’abord, elle est racontée quelques dizaines d’années plus tard, lors d’une foire. Ensuite, entre chaque chapitre se trouvent des articles de presse de 1996 racontant l’histoire du gang Enfield. Bien sûr, bien qu’inspiré d’une époque réelle, le récit est totalement fictionnel, mais ces idées scénaristiques donne un aspect légende de l’ouest assez caractéristique de l'époque. C’est très bien fait, et ça participe à l’ambiance du titre. C'est une histoire qu'on nous raconte, on ne sait jamais vraiment ce qui est vrai.
L’album commence doucement en plaçant le contexte, mais l’histoire débute réellement lorsque la chasse à l’homme est lancée. L’écriture de Condon est bonne, et permet de poser rapidement une ambiance. Il y a une volonté de proposer un récit réaliste, et donc très violent. Les personnages sont rapidement décrits, mais on voit aussi rapidement leur nuance, ou leur absence de nuance. Il y a d'ailleurs une inversion des valeurs, avec des hors-la-loi ambigus, et une justice cruelle, mais le manichéisme est évité.
Les dessins de Jacob Phillips sont très réussis. Digne fils de son père Sean, il a un style proche, mais différent. Son découpage des planches est très bon, avec des scènes d’action prenantes, et plutôt lisibles. L’ambiance est très cinématographique, et fonctionne merveilleusement. Sa colorisation est aussi remarquable.
Avec le recul, l’histoire est simple, mais son traitement et son ambiance ne le sont pas. Elle se distingue par sa brutalité et son absence de compromis, offrant une vision sombre et réaliste du western. La conclusion de l’album s’inscrit totalement dans cette optique. Tout le récit amène à ce dénouement tragique qui laisse place à l’émotion. Ce récit complet est une belle réussite, et une bonne pioche si vous aimez les westerns !
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En Résumé
Points forts
L'histoire tragique
Les dessins
Points faibles
Le Massacre du gang Enfield est un excellent récit complet, dont les amateurs de western se délecteront. L'histoire est prenante, riche en émotions, intelligente, et bien mise en images. A lire !





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