Urban Comics

[VF] Daytripper

Un titre poétique et humaniste
Vertigo est plutôt connu pour son ton adulte, mature et souvent violent. Mais parfois, des oeuvres sublimes se détachent de ce style pour raconter de belles histoires, de très belles histoires. Et c'est ça que propose Daytripper. Une plongée dans un univers poétique et mélancolique à ne surtout pas manquer ce mois d'avril.
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Fabio Moon et Gabriel Bà sont en fait… frères. Oui, ç'est un peu étrange vu qu'ils n'ont pas le même nom mais ces deux hommes de 36 ans sont même jumeaux.
[img]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1335477141.jpg[/img] Forcément, en auto-portrait, c'est pas plus évident.
Originaires du Brésil. Ils représentent à eux deux un courant assez inédit venu d'Amérique du sud avec des couleurs chaudes mais des pages qui peuvent être à la fois violentes et sanglantes mais aussi poétiques et simplement belles. Ils travaillent la plupart du temps ensemble (sauf quand Gabriel s'occupe d'Umbrella Academy) et on les a déjà vu sur BPRD, Casanova (le meilleur titre de Matt Fraction) et surtout sur ce Daytripper, véritable chef d'oeuvre de leurs carrières. Le titre a été publié en février 2010 en 10 parties pour se conclure 10 mois plus tard chez Vertigo. Pour le moment, seule une édition en TPB existe outre-Atlantique et l'édition d'Urban Comics est donc la version la plus classieuse de l'oeuvre pour le moment. Les mille et une vies d’un aspirant écrivain… et ses mille et une morts. Brás de Oliva Domingos, fils du célèbre écrivain brésilien, passe ses journées à chroniquer les morts de ses contemporains pour le grand quotidien de Sao Paulo… et ses nuits à rêver que sa vie commence enfin. Mais remarque-t-on seulement le jour où notre vie commence vraiment ? Cela commence-t-il à 21 ans, lorsque l’on rencontre la fille de ses rêves ?  Ou au crépuscule de sa vie… En fait, je suis assez mitigé sur ce titre. D'un côté, j'ai envie de l'encenser car il m'a fait vivre des émotions vraiment fortes. Mais de l'autre, j'ai vu quelles cordes il tirait et cela parait parfois un peu trop facile pour être honnête. Explications: Je connaissais Daytripper depuis sa sortie. Le titre avait fait parlé de lui parce qu'il proposait une narration assez différente de ce que publie habituellement Vertigo. En fait, c'est presque plus une BD indépendante à la Asterios Polyp comme le font tous tous ces auteurs New-Yorkais cyniques comme Clowes. Sauf qu'ici, au lieu d'un pessimisme et d'un misanthropisme exacerbé, on a une oeuvre parfois dure mais qui laisse un sentiment de bonheur, de pureté qui reste quelques jours une fois le livre reposé.
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Mais bref, j'avais hésité à le prendre en VO et le choix d'Urban de le publier si tôt dans leur catalogue m'a agréablement surpris et j'y ai vu une occasion de m'y plonger. Et c'est ça justement qui est fort dans Daytripper, on s'y plonge, on s'immerge et on en ressort lessivé, épuisé d'avoir tant vécu avec le personnage principal. Chaque chapitre est en fait une tranche de vie de Bràs, qui est un peu l'alter égo des deux auteurs, et la narration fait que chaque partie est indépendante pourrait se suffire. Et à chaque fois, on se laisse retomber dans ce récit mélancolique ou chaque histoire est un nouveau voyage, une nouvelle expérience.
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Alors, c'est très bien sur la forme parce qu'on ne s'ennuie jamais et qu'on tourne les pages fébrilement mais dès lors qu'on fait attention à la méthode des auteurs, on perd un peu de magie. Voilà peut-être le seul défaut de l'oeuvre. Ce qui m'a le plus dérangé car pour tout le reste, c'est sublime dès les premières pages. Les dessins sont juste fabuleux. Les couleurs sont incroyables et tellement recherchées. Que ce soit des décors naturels, des pièces de vies, des gros plans sur les visages si expressifs, aucune page n'est à jeter et rien que cela vaut l'achat du bouquin. Les thèmes abordés sont aussi très bien traités. Après, c'est une critique personnel et dès qu'une histoire s'articule autour d'une famille dysfonctionnelle, j'ai tendance à accrocher directement. Encore plus si le personnage principal est auteur et représente donc la part autobiographique de l'auteur (des auteurs ici) dans le récit. La relation au père. L'amitié profonde. La vie de couple et l'amour. Oui, c'est cliché mais le traitement est tellement bon et l'empathie qu'on éprouve est tellement forte qu'on accepte toutes cette débauche de bons sentiments dissimulés derrière cette poétique ballade. Je vais m'arrêter là parce que si vous êtes parvenu jusque' aussi bas dans la critique, je ne vais pas vous embêter encore plus.

FitzBDnetNation

Commentaires

  • Un titre absolument magnifique, plein de beauté et de poésie et de profondeur sur la condition humaine. C'est frais et très différent de ce qu'on a l'habitude de lire, mon gros coup du mois, ne le ratez pas ça vaut vraiment le détour.

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