Si vous venez de temps en temps sur MDCU, vous devez savoir qu'un concours autour de la série Lucky Man a été organisée. Le lien avec les comics ou les super-héros ? Il est on ne peut plus simple. En fait, la plupart du temps, la série est référencée sous le nom de Stan Lee's Lucky Man. Tout cela pour dire que le lien direct avec les comics, c'est l'ami Stan Lee.
Bon après, il est vrai que le lien avec le célèbre scénariste est pour le moins léger. Tout est parti d'une déclaration de Stan Lee qui avait expliqué que s'il devait avoir un super-pouvoir, cela serait celui de la chance. De là, il a créé le principe de la série mais cela s'arrête là. Il y a donc bien une intervention de Stan Lee, un caméo (une scène très facile cela dit, ils ne se sont pas pris la tête), il a bien les statuts de "co-créateur" et de co-producteur exécutif mais rien de plus. Pour les fans hardcore de la légende Lee, sachez qu'il n'est en aucun cas en charge du scénario ou quelque chose comme ça.
Pour ce qui est du synopsis de la série, il est plutôt simple à comprendre. Harry Clayton est un joueur compulsif. Une addiction qui va le cribler de dettes mais qui va aussi lui coûter sa femme et son enfant. Inspecteur de police à Londres, sa réputation en prend également un coup lorsque son attirance pour les casinos commence à se savoir. Pourtant, on dirait bien que la chance est sur le point de tourner. En effet, après une nuit torride avec une belle inconnue du nom d'Eve, Harry se retrouve avec un étrange bracelet qu'il ne parvient plus à enlever. Un objet qui n'est pas la seule nouveauté. A présent, c'est également la chance qui ne semble plus vouloir le quitter. Le problème, c'est qu'à chaque fois que l'inspecteur fait appel à la chance, il y a forcément un coup de malchance qui survient dans son entourage...
J'aurais jamais cru te voir avec un bracelet, mais on peut tous craquer pour un bijou.
Si le principe même de la chance/malchance n'est pas nouveau, il est vrai que cela reste une valeur sûre. C'est très intriguant car il y a toujours beaucoup de choses à dire sur le sujet. L'univers du jeu est bien représenté avec une course de chien, les casinos, les jeux à la sauvette... bref, on comprend vite de quoi il s'agit. Après, il est vrai que la pratique ne suit pas toujours la théorie. La malchance n'arrive clairement pas à la cheville de la chance reçue par le personnage. S'il devient riche, cela ne veut pas forcément dire que quelqu'un sera pauvre. Si le bracelet lui sauve la vie, cela ne veut pas nécessairement dire qu'un autre personnage va mourir. Il y a une part d'aléatoire et, dans les faits, il n'y a rien de catastrophique. C'est juste que la chose n'avait pas été réellement présentée de la sorte à l'origine. De même, les coups de chance qui sont censés être impressionnants visuellement parlant sont en réalité ceux qui piquent le plus les yeux. Si ce n'est pas forcément flagrant pour la scène en bâteau, ça l'est déjà beaucoup plus pour la scène durant laquelle Clayton traverse l'autoroute.
Concernant les intrigues, elles sont de trois types différents Le premier type, l'intrigue qui nous intéresse le plus, concerne bien évidemment le bracelet en lui-même. Où ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? Les révélations autour de l'objet tombent au compte goutte. C'est bien dosé et intéressant à suivre. Malheureusement, c'est aussi le seul point qui sort un petit peu du lot. Les deux autres types d'intrigues sont tout simplement la base de toute série policière : un côté enquête, un côté relationnel avec les liens entre les différents personnages qui évoluent. De ce côté là, il n'y a strictement rien de nouveau et il y a même fort à parier que ceux qui sont "anti-série policière" aient du mal avec Lucky Man. Il y a beau avoir la petite originalité liée au bracelet, le reste est assez conventionnel finalement. Par contre, on notera que les intrigues policières s'entremêlent. Un épisode n'est pas égal à une enquête. Il faut donc forcément suivre l'intrigue au sens large et ne pas s'amuser à regarder les épisodes dans le désordre.
Pour ce qui est du personnage principal, on se prend assez vite au jeu et on le suit avec un certain plaisir. Attachant malgré ses nombreux défauts, le téléspectateur est heureux de le voir aller de l'avant. Il faut dire aussi que la carte de l'addiction au jeu a été très bien jouée. Nous voyons le gambling de manière directe mais également les conséquences, les répercussions sur la vie du personnage et son entourage. C'est très intéressant à suivre. Par contre, il est vrai aussi que le personnage se résume souvent à son addiction. Il est rare que cela aille au-delà. Du coup, les scènes où on voit d'autres facettes du personnages sont rares (d'autant plus savoureuses, certes, mais rares). On peut penser à la scène durant laquelle Clayton donne de l'argent à une mère de famille pour soigner son fils. Lorsque la femme rétorque qu'elle ne veut pas la charité, il répond d'accepter, qu'en échange, elle n'aura qu'à lui montrer des photos de son fils, soigné, qui joue au foot (bon dit comme ça, c'est bizarre, mais cela ne l'est pas, le personnage est droit et sincère, bien évidemment). La scène est belle mais, à nouveau, il doit y en avoir que deux ou trois sur l'ensemble de la première saison. C'est dommage.
Good luck.
Du côté du casting, il y a également de très bonnes surprises. Si tous les acteurs sont plutôt convaincants, il est vrai que l'acteur principal, James Nesbitt, est plutôt impressionnant et sort clairement du lot. La scène où il font en larmes vaut le détour (pour ne citer qu'elle). Il s'agit du genre d'acteur dont le visage a beaucoup de choses à dire. L'observer peut déjà signifier de nombreuses choses. Pour le reste, Joseph Gatt (le tueur) est également intéressant à suivre, tout comme Amara Karan qui tient le rôle de la partenaire de Clayton.
Pour le reste, le cadre londonien est chouette, la réalisation n'est pas mauvaise, l'humour est rare mais efficace, les dialogues sont bons et les retournements de situation plutôt nombreux. Le générique est plutôt cool aussi avec une musique entêtante, des images pleines de symboles et un petit clin d'oeil à l'univers de la bande dessinée. C'est léger mais ce n'était en aucun cas une obligation. C'est donc d'autant plus appréciable.
Bref, une bonne petite découverte. Pour les intéressés, sachez également que vous mettre à jour ne sera pas bien difficile car, au moment où j'écris ces lignes, la série se compose de trois saisons pour un total de 28 épisodes de 45 minutes. A ce sujet, notons d'ailleurs que la deuxième saison arrive à grands pas en France.
En Résumé
Points forts
- Le personnage principal
- Le jeu d'acteur
- La réalisation
Points faibles
- Mettre autant en avant le nom de Stan Lee
Une série policière avec sa petite touche d'originalité. Dire que c'est du Stan Lee est un grand mot mais cela n'enlève rien au côté divertissant de la série. A essayer !




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